SEMBLABLES A CEUX DE LA PREMIÈRE « BIBLE» DE MAY
empêché par son emploi à la cour. Parmi ses élèves se trouvaient deux de ses parents, les frères Henri et Nicolas Bechtermùncze, qui avaient, de même que beaucoup d'autres praticiens de Mayence, des biens à Elfeld. Gutenberg leur confia son imprimerie ; mais tant qu'il vécut, il est probable qu'il continua à la diriger.
« Cette imprimerie produisit, du vivant de l'inventeur, l'ouvrage suivant :
« Vocabularium latino-teutonicum (ex quo), AltaviUa per Henricum Bechtermùncze et fratrem ejusdem Nicolaum, etc., die Leonardis confessoris, quarta die mensis novembris, 1467, pet. in-4°, de 165 feuillets.
« Ce dictionnaire est un extrait du grand ouvrage, le Catholicon de Jean de Balbis de Janua, imprimé par Gutenberg, à Mayence, en 1460. On l'a nommé Vocabularium ex quo, parce qu'il commence par ces deux mots. Henri Bechtermùncze étant mort pendant l'impression, celle-ci fut achevée par Nicolas son frère et par Wigand Spiess. L'unique et magnifique exemplaire de ce livre intéressant est conservé à la Bibliothèque nationale de Paris. Il a été acquis, en 1788, par M. Van Praet, avec douze autres incunables, du baron de Hûbsch, amateur à Cologne, pour la somme modique de 720 livres. Wigand Spiess d'Ortenberg, autre praticien à Mayence, est nommé dans la souscription comme ayant coopéré à l'impression. Celui-ci avait pour femme Anne de Bruxelles. Nicolas Bechtermùncze, après la mort de Gutenberg, réimprima ce même livre en 1469, 1472 et 1477. L'édition de 1469 est exécutée avec le même caractère, et dans le même format que celle de 1467, les deux autres ont un caractère très semblable
pour la forme, mais beaucoup plus fort. En 1468, après le décès de Gutenberg, Conrad Homery se fit restituer par l'électeur Adolphe le matériel de son imprimerie, en s'engageant à le vendre à un bourgeois de Mayence, de préférence à tout autre, à prix égal. Il le céda sans doute à Nicolas Bechtermuncze qui en était déjà détenteur. M. Bernard nie tout cela. Son principal argument est « que Bechtermuncze était établi à Elfeld, et que dans l'acte déjà invoqué on voit qu'il avait été prescrit à Homery de vendre cet atelier à un bourgeois de Mayence ». Il omet d'ajouter : à prix égal. Nicolas peut avoir offert plus qu'un bourgeois de Mayence ; mais il n'est pas même nécessaire de faire cette supposition, puisqu'il est prouvé que Nicolas Bechtermuncze était citoyen de Mayence et propriétaire en cette ville. »
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Fig. 153. — Caractères d'un Donat conservé à la Bibliothèque nationale et attribue à Gutenberg.
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Fig. 136. — Souscription du Calholicon, imprimé par Gutenberg(?) en 1460.