‹ Connaissances nécessaires à un bibliophile (volume 2)Chapitre 16 sur 53 · X'IO · texte numérisé non relu

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à gauche de l'ouvrier et, dans presque toutes, la dernière à côté de la première.

In-quarto Le n° 3 représente le côté de première d'une feuille. N° 4, le côté de seconde.

N° 5, une forme en retiration* sur ellemême. N° 6, une circulaire dont les deux premières pages doivent être imprimées et les deux autres rester blanches.

In-octavo N° 7, une forme en retiration sur ellemême. N° 8, deux cartons in-8°.

In-octavo N° 9, le côté de première d'une feuille.

N° 10, celui de seconde.

In-douze

N° 1 1, le côté de première d'une feuille.

N° 12, celui de seconde. N° 13, une

forme in- 12 en retiration sur elle-même,

et le châssis à la Lyonnaise. N° 14,

* La retiration est l'impression du second côté de la feuille de papier. Le mot retiration peut venir du verbe retirer, tirer de' nouveau, ou du substantif réitération, corrompu par le langage technique. (H. Fournier.)

une forme in- 12 dont le carton est en dehors.

In-dix-huit.

N° 15, le côté de première de la feuille, imposée en trois cartons. N° 16, le côté de seconde.

Cette oianière d'imposer par trois cartons est celle que Ton devrait toujours adopter. Elle est plus facile pour le compositeur, le relieur et le lecteur.

N° 17, représente une forme in- 18 en retiration sur elle-même, sans transposer de pages.

In-trente-deux

N° 18. Cette imposition représente deux feuilles in-8°.

In-soixante-quatre

N° 19, représente une forme en retiration sur elle-même, contenant 4 feuilles in-8°.

"DE Le* <HELIU<HE <DES LIVRES

(Ous croyons devoir recommander aux amateurs une lecture attentive de ce chapitre : nous y avons réuni un grand nombre de conseils qui peuvent leur être d'une grande utilité.

La reliure est à la typographie ce que celle-ci est aux autres arts ; l'une transmet à la postérité les ouvrages des savants, l'autre doit lui conserver les productions typographiques.

La reliure a pour but la conservation des livres et l'ornement des bibliothèques.

Jusqu'au xvm e siècle *, on n'a guère connu que deux sortes de reliures, la reliure couverte en peau (veau, maroquin, etc.), avec nerfs apparents, et la reliure en vélin,

* Merlin. Rapport, i856.

telle qu'on l'exécutait si bien en Hollande.

Celle-ci était une sorte d'emboîtage à dos brisé, mais dans lequel la solidité s'unissait à la souplesse et à la légèreté*. La reliure dite en vélin cordé, dans laquelle excellaient aussi les Hollandais, était également une reliure en vélin, mais cousue sur doubles nerfs, à dos non brisé, les nerfs apparents ; elle était ornée d'estampages sans or. A la fois gracieuse et Solide, elle fait encore aujourd'hui l'ornement des rayons in-folio et in-quarto, car elle ne s'appliquait en général qu'à ces deux

formats; il faut convenir cependant que la rigidité excessive du dos en rendait l'usage quelquefois incommode.

L'art des reliures hollandaises en vélin

* Ces volumes étaient cousus sur nerfs de parchemin; un carton très mince supportait le vélin qui formait la couverture, et les pointes de nerfs, passées dans les charnières et collées sur le carton par-dessous une bande de papier fort ou de parchemin que recouvraient les gardes, suffisaient pour maintenir le tout; des attaches de parchemin fixées sur le dos, et dont les bouts se collaient aussi sous les gardes, ajoutaient encore à la solidité.

semble perdu aujourd'hui; nous ne connaissons plus que la reliure en peau, à nerfs, antérieure à l'origine de l'imprimerie, la reliure en peau dite à la grecque, introduite pendant le xvra e siècle*, la reliure dite à dos brisé, déjà en usage au milieu du siècle dernier**, et la demi-

* On sait que la grecque est une entaille faite dans le dos du cahier au moyen d'une scie; dans cette entaille se loge la ficelle des nerfs, et le dos du volume reste uni à l'extérieur; ou bien, par suite d'une supercherie, le dos peut prendre la forme du volume cousu sur nerfs, c'est-à-dire que les soi-disant nerfs forment saillie sur le dos. Dans tous les cas, le volume relié à la grecque s'ouvre très mal. Les règlements anciens, qui interdisaient sagement aux relieurs la couture à la grecque, n'avaient déjà plus d'action en 1762 puisque Dudin, dans son A rt du Relieur, qui, selon le bibliophile Jacob, n'est que la copie du Traité de la Reliure de GaufFecourt, livre imprimé à douze exemplaires (?), la décrit en détail.

** Dans la reliure improprement appelée à dos brisé, la peau qui recouvre le dos ne tient pas aux cahiers, elle est collée sur une bande de carte introduite entre cette peau et le dos du livre, auquel le carton n'adhère pas. Par ce moyen, le volume peut s'ouvrir complètement sans revenir sur lui-même et sans que le dos de la reliure puisse se rompre, comme il arriverait aux reliures à dos fixe. Ce mode de reliure est surtout

reliure *, invention allemande plus moderne. Le cartonnage à la Bradel **, qui eut tant de vogue au commencement du siècle , puis disparut des bibliothèques et fut remplacé par la demi-reliure toile, qui, lorsqu'elle est faite avec soin, est l'ornement de bien des bibliothèques particulières qui brillent plus par le fond que par l'apparence, est redevenu subitement en faveur. Octave Uzanne, dans ses Caprices d'un Bibliophile, appelle ce cartonnage la robe de chambre du livre.

« Les cartonnages à la Bradel, dit-il, sont redevenus fort appréciés ; ils forment une enveloppe gracieuse et modeste et,

convenable pour les gros volumes et pour ceux qui doivent être feuilletés beaucoup ou rester ouverts sur un pupitre.

* Dans la demi-reliure, le dos et quelquefois les coins sont seuls couverts en peau; les plats le sont en papier. Le corps du livre est, comme dans la reliure pleine, soit à dos fixe, soit à dos brisé.

** C'est une vraie reliure à dos brisé, où la tranche du livre n'était pas rognée, et dont le dos et les cartons n'étaient couverts que de papier. On remploie principalement comme moyen de conservation provisoire pour les livres auxquels on projette de faire mettre plus tard un riche habillement.

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sans rien enlever à l'ampleur des marges, ils conservent la virginité de la brochure. Ces cartonnages sont d'excellents vêtements préservatifs; ils ont la commodité, la flexibilité, la grâce, mais il leur manque la gentillesse, l'esprit fantaisiste, l'aspect d'art que nous voudrions voir adopter plus généralement. Ils sont classiques en diable; c'est là leur grand défaut. »

Pour les demi-reliures toile, qui tôt ou tard remplaceront entièrement le cartonnage à la Bradel, on emploie, soit du papier peigne, soit du papier marbré, maroquiné ou à escargots, soit du papier de couleur mate, soit encore de la toile anglaise, gaufrée, teintée, unie ou à ramages, chagrinée ou glacée.

Voici ce qu'en dit Octave Uzanne, dans les Caprices cités plus haut.

« Les Bibliophiles ne doivent pas négliger le petit art de ces demi-reliures ; c'est à eux de chercher, de vivifier leur goût, de le spécialiser, de trouver l'original et de l'imposer à l'imagination rétive de leurs

fournisseurs ordinaires, qui demeurent trop longtemps sur le chemin du convenu et du poncif.

« Un Livre doit être relié, selon son esprit, selon l'époque où il a vu le jour, selon la valeur qu'on y attache et l'usage que l'on compte en faire; il doit s'annoncer par son extérieur, par le ton gai, éclatant, vif, terne, sombre ou bigarré de son accoutrement \ »

Revenons aux reliures d'amateurs, et, sans nous occuper de l'art du relieur, nous tiendrons seulement à faire comprendre à nos lecteurs en quoi consiste une bonne reliure et à leur faire connaître quelles sont les différentes transformations qu'un livre doit subir de sa remise en les mains du relieur jusqu'à sa rentrée dans leur bibliothèque; en un mot, comme il ne saurait s'agir ici de la satisfaction des yeux, nous allons leur indiquer en quoi

* Pour le choix des nuances, des papiers, etc., nécessaires aux demi-reliures de fantaisie nous renvoyons nos lecteurs aux Caprices d'un Bibliophile.

DE LA RELIURE DES LIVRES 6l

peut consister une reliure parfaite et quelles en sont les conditions indispensables.

Avant tout, le choix d'un relieur est une chose importante pour tout bibliophile jaloux d'avoir des exemplaires bien conservés et dont les marges aient été ménagées; mais, plus on est exigeant sur la perfection du travail, moins on a le droit d'être parcimonieux sur le prix que demande l'ouvrier pour s'indemniser du temps qu'il a été obligé de sacrifier en plus que pour un travail ordinaire.

La reliure * est un art dont tout le monde sent le prix. C'est un plaisir qui n'a rien de ridicule, quoi qu'on en dise, que de voir revêtus d'un parure magnifique et honorés d'une sorte de culte les ouvrages d'un auteur qu'on aime.

Il ne faut cependant pas trop exagérer l'importance de cet accessoire, et celle qu'il a prise dans ces derniers temps passe un peu la mesure. Des livres fort médio-

* Nodier.

cm* montent dans les ventes à des prix énormes presque sans autre recommandation qu'une magnifique reliure de Boyet, de Derome, de Thouvenin, de Bozérian, de Padeloup, de Simier, de Courteval, de Anguerand, de Lemonnier, de Ducastin et autres relieurs. Le nom d'un de ces hommes, qui ont excellé dans leur art, attaché au revers des gardes d'un volume, en double ou en triple la valeur.

Il en sera autant un jour (et on peut même dire sans crainte d'erreur qu'il en est autant) des beaux travaux de nos artistes relieurs vivants, que nous ne nommerons pas ici de peur d'en oublier quelques-uns.

Les connaisseurs, il est vrai, a dit M. R.

Minzloff avec justesse, ne manquent pas d'y regarder.de fort près; ils n'achèteront pas un mauvais livre pour la beauté de la reliure, à moins que cette reliure ne soit elle-même une curiosité historique; mais

* Il semble à trois gredins, dans leur petit cerveau, Que, pour être imprimés et reliés en veau, Les voilà dans l'eut d'importantes personnes.

Molière.

ils attacheront une grande importance à ce que leurs livres préférés prennent entre les mains d'un artiste de premier ordre l'apparence et la qualité d'une œuvre d'art.

Quelle que puisse être la fortune d'un amateur, le soin de sa réputation de bibliophile exige qu'il sache graduer la dépense des reliures d'après l'importance des ouvrages*.

La reliure d'amateur** doit être riche sans ostentation, solide sans lourdeur, toujours en harmonie avec l'ouvrage qu'elle recouvre, d'un grand fini de travail, d'une exacte exécution dans les plus

* 11 est certain que plus d'un livre médiocre, surpris de se trouver sur les tablettes d'un somptueux bibliophile, peut, grâce à l'art et à l'habileté de nos relieurs, s'écrier avec Sedaine : c Ah! mon habit, que je vous remercie ! % Ce serait peutêtre le cas de citer ici ce que Sénèque disait de quelques amateurs de son temps, qui sur les rayons de leur bibliothèque rangeaient systématiquement des volumes recouverts d'élégantes et luxueuses reliures, s'occupant plus ou moins du contenu, attendu qu'ils ne les ouvraient jamais ; Plerisque... libri non studiorum instrumenta sed œdium ornamenta sunt... (De Tranquillitate animi, chap. IX.)

** Wolowski. Rapport, 1869.

menus détails, à lignes nettes, à dessin fortement conçu.

Pour en arriver à ce résultat, il faudrait que tout relieur habile pratiquât ce qui était en usage au xvm e siècle, époque où chaque relieur en renom avait un genre à lui et eût dédaigné d'imiter ses confrères les plus habiles.

« C'étaient, dit le bibliophile Jacob, les amateurs qui classaient et spécialisaient les talents de chacun, en ne demandant à l'un ou à l'autre que les ouvrages qu'il exécutait le mieux : celui-ci faisait les maroquins ; celui-là, les veaux fauves ; un autre, les vélins blancs et de couleur; un autre, les encartonnages ou demi-reliures.

C'était à qui ferait graver des fers* du meilleur style, et pas un relieur n'eût été assez indélicat pour copier les fers de son rival. »

* Les relieurs appellent ainsi des outils de cuivre fondu qui servent à imprimer sur l'or différents agréments, comme broderies, dentelles, fleurs, filets et armes, et ce sont ces ornements qui sont, proprement dit, ce que l'on appelle la Dorure des livres. (Voir les planches V et VI.)

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