DES SIG&CES <D1ST1&CCTIFS <DES 04&CCIE&C&CES ÉVITIONS
foMME les premiers livres imprimés sont d'un grand prix aux yeux des amateurs, un bibliophile doit s'attachera connaître les anciennes éditions, de manière à ne pas les confondre avec celles d'une date moins reculée. Les signes auxquels on reconnaît ordinairement ces éditions, lorsqu'elles sont sans date, se trouvent dans un ouvrage de Sébastien-Jacques Jungendre , intitulé : Disquisitio in notas characteristicas librorum a typograhia incunàblo ad an. M. D. impressiorum , etc., 1740, in-4 . Voici ces signes :
1° L'absence des titres sur une feuille séparée.
Ce signe d'ancienneté n'est point équivoque, car ce n'est que vers 1476 ou 1480
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qu'on a commencé à imprimer les titres des livres sur un feuillet séparé ; et les titres des chapitres se voyaient déjà dans les Épitres de Ciciron, de 1470.
2® L'absence des lettres capitales au commencement
des divisions.
Dans les premiers temps de l'imprimerie, les imprimeurs laissaient la place en blanc, et les acheteurs faisaient ensuite remplir ce vuide par des calligraphes qui y plaçaient la lettre initiale, accompagnée de quelque miniature ou d'ornements en or et en couleur.
3° La rareté de ces mêmes divisions.
4« Le non emploi des virgules et des points virgules.
Ce signe paraît équivoque ; car la virgule est très ancienne et a été imitée des manuscrits. On la distingue dans les premières éditions, souvent figurée par une ligne oblique. Jungendre a voulu probablement parler de la forme de la virgule qui a varié et qui ne se place pas de même chez les différentes nations. Les Allemands, les Suisses et les Anglais la mettent sans
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espace, immédiatement après le mot. Les Espagnols et les Italiens la fixent entre deux espaces inégaux, et dont le premier est moins étendu que l'autre.
5» L'inégalité et la grossièreté des types.
Cette inégalité et cette grossièreté ne subsistèrent pas longtemps : peu à peu les caractères se perfectionnèrent, et nous voyons sur la fin du xv e siècle des éditions bien préférables aux éditions de plusieurs imprimeries modernes.
6<> Le manque de chiffres au haut des feuillets ou des pages, et celui des signatures et des réclames au bas.
L'usage des chiffres, signatures et réclames, bien qu'étant d'une date antérieure à la découverte de l'imprimerie, n'a été employé dans l'imprimerie qu'en 1470.
7« La solidité et Vépaisseur du papier.
8° Le défaut du nom d'imprimeur, du nom de la
ville et de la date de Vannée.
90 Enfin la grande quantité d'abréviations.
On pourrait encore ajouter à ces signes, dit Peignot, quelques autres marques qui
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n'appartiennent qu'aux éditions du xv* siècle, telles que des points carrés, des traits obliques en place de points sur les i, des signes particuliers d'abréviation, comme ç pour et; neq3 et quib3 pour neque et quibus; des q avec une croix placée au bas de la branche perpendiculaire de cette lettre pour exprimer quam ou quod* 9 etc., etc.; mais en général tous ces signes sont quelquefois fautifs, il faut être versé dans la bibliographie pour en faire une application toujours juste et concluante.
* On peut, à cet égard, consulter les Miscellanées bibliographiques (1878), pages 19 à 34.