‹ Connaissances nécessaires à un bibliophile (volume 2)Chapitre 34 sur 53 · DES ÉDITIONS DONT LA RARETÉ EST RELATIVE · texte numérisé non relu

DES ÉDITIONS DONT LA RARETÉ EST RELATIVE

UN LIVRE PEUT ÊTRE TRES COMMUN DONT IL Y AIT DES ÉDITIONS TRES-RARES ; DE CE NOMBRE SONT :

i<> Les éditions faites sur des manuscrits anciens

Quoique ces anciennes éditions soient souvent défectueuses, elles sont partout recherchées, parce qu'elles représentent en quelque sorte les manuscrits qui leur ont servi de modèle: il suffit qu'il y ait longtemps qu'elles aient vu le jour, et qu'il

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ne s'en soit conservé qu'un petit nombre d'exemplaires, pour qu'elles soient rares.

2» La première édition de chaque ville

Comme il y a peu de villes où l'impression n'ait été établie depuis fort longtemps, ces premières épreuves se sont perdues; on les recherche par curiosité, parce qu'elles peuvent servir à éclaircir différents points de l'histoire littéraire.

30 Les éditions faites che% les célèbres imprimeurs des XVI*, XVII* et XVIII* siècles

La beauté du type, l'exécution typographique même et l'exactitude de l'ouvrage les font rechercher avec empressement, telles que celles de l'impression des Aides, des Juntes, des Torrentins, des Giolito, des Gryphes, des Rouilles, des Estiennes , des Vascosan, des Turnèbes, des Dolet, des El%eviers> des Plantin, des Blaeu, des Coustelier , des Barbou , des Baskervilky des Didot y etc. On apprend facilement à les connaître, en parcourant les grandes bibliothèques, qui sont autant

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de réceptacles où l'on conserve précieusement ces chefs-d'œuvre de l'art typographique.

40 Les éditions imprimées avec des lettres ou des caractères particuliers et extraordinaires

Les éditions grecques imprimées en lettres capitales , comme l'Anthologie, Callimaque, Apollonius de Rhodes, Euripe,, etc. Les deux éditions des Aventures du Chevalier Teurdanck, imprimées en Allemagne en 15 16 et 1517, in-folio, dont les caractères, ornés de traits, font croire qu'ils ont été taillés en relief sur des planches, et les autres de cette trempe sont très rares, très curieux et très difficiles à trouver.

5° Les éditions que Von n'a jamais mises en vente

Tels sont les ouvrages secrets qui sortent des presses impériales, royales ou nationales, et de celles particulières.

6° Les éditions qui ont été débitées sous différents

titres

C'est un stratagème auquel le libraire

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ou l'auteur ont souvent recours lorsqu'ils veulent déguiser un ouvrage qu'ils ne peuvent débiter publiquement ou dont ils ne trouvent pas à se défaire ; et cette remarque n'est pas à négliger.

ESSQ4I

ET SUR LA RÉPARATION DES PIQURES DE VERS, DES DÉCHIRURES ET DES CASSURES DANS LE PAPIER, AVEC APPENDICE SUR LE NETTOYAGE ET LA RESTAURATION DES VIEILLES RELIURES.

e chapitre, nomenclature technologique, bien plus aride que ceux qui l'ont précédé, n'en intéressera pas moins tous les amis des livres.

On peut diviser les taches qui salissent les livres en deux catégories :

Les taches grasses, produites par l'attouchement des doigts, le suif, l'huile, la graisse, l'encre d'impression, etc.

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Les taches maigres, produites par l'eau, la poussière, l'humidité, l'encre, etc.

Ces deux catégories peuvent être subdivisées en quatre classes :

Taches de suif, de stéarine, de graisse.

Taches grasses. { Taches produites par l'attouchement des doigts, l'huile, l'encre d'imprimerie.

Taches de rouille, de boue, de

, , cire à cacheter.

Taches ma.gres. j Tacheg d>encre usuelIe> d>hu

midité, de poussière.

Une grande précaution doit être prise pour dérelier les volumes que l'on veut laver ou nettoyer, afin que, une fois le lavage terminé, on ait entre les mains un exemplaire que le relieur puisse bien relier sans être obligé de doubler le fond de chaque cahier.

Dans les volumes cousus sur nerfs, comme pour les autres volumes, on doit faire entièrement le sacrifice de la reliure de l'ouvrage que l'on veut nettoyer. Le plus modeste cartonnage vaut le meilleur remboîtage.

MOYENS DE DÉTACHER ET DE LAVER LES LIVRES I 5g

Après avoir enlevé les plats et le dos de la reliure on coupe avec attention chaque nerf du dos, l'un après l'autre, en ayant soin de ne couper que les fils et le nerf et de ne pas atteindre le papier. Un emplâtre de colle de pâte, que Ton met sur le dos du volume ainsi dépareillé de ses nerfs et que Ton laisse ainsi cinq minutes, aide à l'enlèvement de la colle forte et par suite au débrochage du livre.

Laver un livre page par page, sans le dérelier, est impossible. On n'obtient alors qu'un affreux bouquin, tout boursouflé ; le remède est pire que le mal.

Il arrive quelquefois qu'une page seule est tachée ; il existe alors un moyen facile, pour quiconque le connaît, de retirer cette page de façon à ne pas courir le risque de couper ses voisines. C'est à M. Alkan aîné que nous devons communication de ce petit secret; nous lui en adressons ici nos remercîments et ceux des bibliophiles à qui ce procédé pourra être utile. Le voici: On mouille un fil que l'on fait glisser dans l'intérieur du volume sur le

te

feuillet qu'on veut faire sortir, et on l'en détache avec la plus grande facilité.

TACHES GRASSES Taches de suif, de stéarine, de graisse

Pour enlever les taches de suif, de stéarine, de graisse, on opère comme nous l'indiquons ci-dessous :

Faire chauffer, au moyen d'un fer à repasser, la partie de la feuille qui est tachée, et appliquer du papier brouillard sur cette partie, à diverses reprises, jusqu'à ce qu'il s'imprègne de graisse. Ensuite on passera légèrement (sur les deux côtés de la feuille) et, bien entendu , toujours aux endroits tachés, un pinceau trempé dans l'essence de térébenthine (que l'on a eu soin de choisir bien blanche et bien fraîche), chauffée au bain-marie jusqu'à l'ébullition. Pour rendre la blancheur au papier, laquelle a été altérée par cette opération, on applique, partout où il y avait tache, un linge doux, imbibé d'esprit-de-vin rectifié et, comme l'essence, chauffé au bain-marie.

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Taches produites par V attouchement des doigts

Les taches produites par l'attouchement des doigts, par l'huile, par l'encre d'imprimerie, offrent plus de difficultés pour les faire disparaître.

Plusieurs auteurs ont indiqué différents procédés dont nous nous sommes servi et avec lesquels nous avons complètement réussi. Mais nous ne devons pas laisser ignorer que, dans les premiers temps, nous n'avons pas obtenu de résultats satisfaisants * et que ce n'est qu'à force de pratique et de patience que les procédés suivants nous ont entièrement réussi.

Voici ce que dit Achard au sujet de taches produites par V attouchement des doigts :

« On peut recouvrir la feuille tachée, aux endroits crasseux, d'une couche de savon blanc en gelée, et on la laisse dans cet état pendant quelques heures. Il est rare que, en la frottant ensuite avec un blaireau très doux ou avec une éponge trempée dans l'eau chaude, toute la crasse ne soit

pas entraînée, surtout quand le papier est lisse et sans écorchure.

« Si le savon en gelée ne suffit pas, on le remplace par le savon noir; mais on le laissera peu de tetops sur le noir d'impression. On peut enfin recourir au chlorure de chaux (appliqué en bouillie) ou aux solutions alcalines affaiblies. En tous cas, après ces tentatives (qui amènent toujours un grand résultat), on trempera Y estampe (ou le feuillet) dans l'eau acidulée, puis on la laissera quelques heures dans un bain d'eau pure. »

Taches d'huile

Pour les taches d'huile, outre le procédé de Achard, ci-dessus, et qui peut leur être également appliqué, on procède de la manière suivante :

Savon une livre.

Argile neuf onces.

Chaux vive deux onces.

Mêler le tout avec de l'eau, de façon à former une bouillie, ni trop liquide ni trop épaisse, et l'appliquer sur la tache; un

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quart d'heure après, tremper la feuille dans un bain d'eau chaude, l'y laisser une demiheure, la retirer et la faire sécher.

Taches d'encre d'imprimerie

Dans l'enlèvement des taches produites parle maculage ou par l'encre d'imprimerie, — l'emploi de la gomme pour dissimuler l'accident du maculage n'a d'autre résultat que de rendre l'impression illisible.

Au contraire, l'emploi d'un petit morceau de pain frais, avec lequel on frotte légèrement sur l'endroit sali, après avoir eu soin de changer le pain au fur et à mesure qu'il se salit, donne de bons résultats. C'est encore un secret que nous devons à l'obligeance de M. Alkan.

Jusqu'à ce que l'on puisse enlever complètement ces taches, procédé que nous nous empresserions d'indiquer dans nos « MiscellarUes Bibliographiques » , on peut dire qu'un ouvrage maculé n'a aucune valeur, et nous conseillons aux bibliophiles de n'en faire acquisition à aucun prix. Si bon marché qu'il puisse être,

un livre dans un tel état est toujours trop cher.

Un éditeur parisien, à la fin de son catalogue, dans un sage « avis aux bibliophiles sur le maculage des livres », leur a réitéré la recommandation que nous leur avions faite dès la première édition des Connaissances nécessaires, c'est-à-dire d'attendre deux ans au moins avant de faire relier les livres nouveaux, ou dans le cas contraire, exiger du relieur qu'il les interfolie de papier serpent.*

TACHES MAIGRES Taches de rouille

Par taches de rouille nous entendons parler des taches produites parle jaunissement du papier fabriqué à la mécanique.

On peut appeler ces taches, taches de rouille, puisqu'elles sont dues, non à une altération de la matière organique, mais à du peroxyde de fer. Ces taches persistent

* Ils (les relieurs) y mettent du papier serpent, afin que le texte ne soit pas gâté par le maculage.

(Lesné, La Reliure, page i5i.;

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en présence des liqueurs alcalines, tandis que les liqueurs acides les dissolvent rapidement. Nous ne nous occuperons pas de la formation des taches rondes qui se trouvent au milieu des taches jaunes ; ce phénomène de cristallisation rentre trop dans le domaine de la science, que nous ne voulons qu'effleurer ici.

L'emploi de l'eau de javelle étendue de deux fois son volume d'eau fait disparaître ces taches.

Cette opération, si simple qu'elle paraisse être, présente assez de difficultés dans son exécution pour que nous croyions devoir en parler plus longuement.

Tout d'abord on doit se procurer une presse et une bassine dont nous allons donner les descriptions.

La presse la plus commune — en bois — est celle qui remplit le mieux le but. La bassine doit avoir de 0,80 à i mètre de long ; en tous cas, la largeur de la presse, entre les deux montants, doit être au moins égale à la plus petite largeur de la bassine, — de façon que l'on puisse placer sous

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presse les feuilles contenues dans cette bassine sans avoir besoin de les déplacer.

Cette bassine doit avoir, dans un des quatre angles inférieurs, une ouverture, ou mieux, un goulot qui se ferme par un bouchon. Après avoir laissé tremper les feuilles pendant une demi-heure environ dans l'eau de javelle (étendue, comme nous l'avons dit plus haut, de deux fois son volume d'eau), on met la bassine sous la presse, et au moyen de billots, — dans le cas où les feuilles ne forment pas une hauteur assez grande pour que le plateau de la presse puisse les atteindre sans abîmer la bassine, — on forme une élévation entre les feuilles et le plateau de la presse, puis on met sous presse. Par le moyen de l'ouverture pratiquée à la bassine, on écoule le liquide dans un vase quelconque.

Une fois le pressage opéré de façon que les feuilles ne contiennent que le moins de liquide possible, on les met dans une autre bassine remplie d'eau ; et, au bout d'une heure, on les remet sous presse comme il est indiqué ci-dessus. Cette seconde opé-

ration doit se faire de deux à trois fois ; elle est nécessaire pour que le papier conserve le moins possible l'odeur de l'eau de javelle.

Après ces diverses opérations de lavage et au sortir de la presse, les feuilles doivent être étendues à l'ombre et dans un endroit sec. Ordinairement, le nombre des feuilles à étendre ensemble, c'est-à-dire l'une sur l'autre, dépend de la force du papier ; c'est à l'opérateur de s'en rendre compte. On se sert, pour l'étendage de ces feuilles, de cordes en crin* disposées à une certaine hauteur et sur lesquelles on place les feuilles à califourchon au ' moyen d'une planche fixée verticalement au bout d'un manche quelconque, assez long pour que l'on puisse placer les feuilles sur les cordes sans aucune difficulté et sans crainte de déchirer le papier.

Une fois les feuilles séchées, et si l'on veut faire un bel exemplaire du livre que

* Quelques personnes emploient les cordes faites avec de la filasse de chanvre. Ces cordes ont Tinconvénient de se pourrir très vite et, ce qui est pire, de tacher les feuilles que l'on y place.

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l'on lave, on doit lui faire subir une autre opération au moyen de l'encollage. Nous indiquons plus loin quelques procédés d'encollage à chaud et à froid.

Taches de boue

Les taches de boue cèdent à une gelée de savon étalée également sur les endroits tachés. Une demi-heure après, on trempe la feuille dans l'eau pure, et, au moyen d'un blaireau bien doux, on détache le savon, qui, en partant, entraîne la boue avec lui.

Taches de cire à cacheter

Les taches de cire à cacheter cèdent à l'emploi des procédés indiqués plus haut pour les taches de suif, de stéarine et de graisse.

Taches d'encre usuelle

Un grand nombre de procédés sont connus pour l'enlèvement des taches d'encre. Nous n'indiquerons que les deux qui nous ont paru offrir le moins de difficultés dans l'exécution.

Le premier consiste dans l'emploi de l'eau de javelle et de l'oxalate de potasse, dont on se sert simultanément jusqu'à parfaite réussite, et après avoir préalablement mouillé la feuille sur laquelle on opère.

Le second demande plus d'attention : il consiste dans l'emploi du sel d'oseille, et de l'acide chlorhydrique. On laisse tremper le feuillet taché dans une dissolution concentrée de sel d'oseille jusqu'à ce que la tache ait pris la couleur de la rouille ; ensuite, on le trempe dans l'acide chlorhydrique étendu de cinq ou six fois son volume d'eau. Le feuillet ne doit pas rester longtemps dans cette seconde immersion, sans cela le papier pourrait se déchirer par suite de l'amollissement qu'il aurait subi. On termine l'exécution de ce second procédé en lavant le feuillet dans l'eau pure et en le faisant sécher lentement et à l'ombre.

On peut encore enlever les taches d'encre au moyen de l'acide muriatique oxygéné; mais ce procédé offre plus de

difficultés que ceux indiqués ci-dessus, et nous n'en parlons que pour mémoire.

En Allemagne, on vend une poudre pour enlever les taches d'encre. Cette poudre consiste en parties égales d'oxalate de potasse, d'acide oxalique et d'alun glacé. Son emploi est simple : on la place sur la tache, que l'on a mouillée au préalable, et quelques minutes après on trempe le feuillet dans l'eau pure. Il est vrai de dire que ce procédé n'est pas infaillible et que quelquefois la tache n'est pas complètement enlevée ; il suffit de recommencer la même opération jusqu'à parfaite réussite.

Taches d'humidité

Un bain dans l'eau bouillante suffit quelquefois pour enlever les taches d'humidité : mais, si elles résistent, il faut employer l'acide chlorhydrique étendu de dix-huit fois son volume d'eau, ou bien encore le procédé indiqué pour les taches de rouille que nous avons décrit plus haut.

Dans ces deux derniers cas, si le papier taché a été encollé (si toutefois il l'est) en

pâte, à la résine, son encolle résistera, mais s'il a été encollé à la gélatine il perdra cette encolle animale et on devra recourir à l'encollage pour lui rendre la force qu'il aura perdue par l'action de l'acide chlorhydrique ou de l'eau de javelle.

Taches de poussière

Les taches de poussière et autres taches sans importance s'enlèvent quelquefois au moyen d'un coup de gomme. On peut recourir aussi à l'emploi de la terre bolaire blanche (argile obtenue en poudre fine au moyen de la dilatation). On procède comme suit : mettre sur les endroits tachés une couche de terre bolaire de l'épaisseur d'un centime, placer dessus une feuille de papier et mettre sous presse. Au bout de vingt-quatre heures, et si l'opération n'a pas réussi, on remet une seconde fois sous presse. Ce procédé réussit aussi pour enlever les petites taches de graisse, d'huile ou de suif; dans ce cas, on procède de même, en ayant soin de mettre de la terre sur les deux côtés de la tache.

Manière de nettoyer les estampes jaunes et rousses

A la fin de son « Histoire de la gravure par ses produits », Leber donne le procédé que nous allons indiquer ci-dessous et qui est tout semblable, ou à peu près, à celui de Hecquet dont parle Grimm dans ses Nouvelles littéraires , procédé qui a été reproduit dans nos Miscéllanies bibliographiques (1878, page 49).

La couleur jaune des estampes provient de ce qu'elles ont été imprimées avec de l'encre dont l'huile n'a pas été assez brûlée; l'huile alors coule à côté de la taille et jaunit le papier; cet accident peut même se produire très peu de jours après l'impression.

Quant à la couleur rousse, elle est produite par l'effet de l'air ou de la fumée. Le procédé indiqué ici fait disparaître ces deux couleurs et n'altère en rien la gravure ni le papier.

On remarquera, toutefois, qu'il vaut mieux choisir la saison d'été pour nettoyer les gravures, parce que, le soleil ayant plus

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de force, l'opération se fait plus promptement.

On dresse au soleil une table dont les côtés sont garnis de petits clous de distance en distance, on recouvre la table de papier blanc, et sur ce papier on place ses estampes, puis on attache aux clous, des deux côtés de la table, des fils qui retiennent les estampes, en sorte que le vent ne peut les enlever, ensuite on verse dessus de l'eau bouillante en la répandant également sur toute la surface.

Les estampes étant exposées au soleil, les parties élevées sèchent les premières il en résulte que le papier se recoquille; alors on prend une éponge fine et on se sert de l'eau qui est dans les creux pour en mouiller les endroits qui sèchent. Après avoir versé de l'eau bouillante trois ou quatre fois on voit la couleur jaune ou rousse s'étendre sur le papier, puis finir par disparaître entièrement.

Après avoir fait subir aux estampes cette première opération, on les met dans un baquet bien propre et capable de contenir

la plus grande ; ensuite on verse de l'eau bouillante, mais, avant de verser cette eau, il faut couvrir les estampes d'une ou deux feuilles de papier très fort, pour que cette eau versée sur des estampes déjà mouillées ne les déchire pas; puis on couvre le baquet avec un linge pour condenser la chaleur.

Après 5 ou 6 heures, la rouille qui tachait les estampes, se dissout dans l'eau; alors, on les retire de l'eau et on les place sur des cordes tendues au soleil, jusqu'à ce qu'elles soient bien égouttées. On les ôte à moitié sèches, et on les étend adroitement entre deux cartons lisses, que l'on met sous presse.

Il arrive presque toujours qu'après cette opération les estampes reprennent leur première blancheur; mais s'il restait encore de la teinte jaune ou rousse, en recommençant le lendemain, le succès serait assuré. Pour enlever les taches d'encre, de suie, ou les taches d'humidité, il faut placer les estampes à plat dans un vase de terre, et verser dessus, de manière aies recouvrir

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de quelques millimètres, une solution d'acide tartrique à 2 0/0 dans l'eau commune. Cette solution doit être chauffée jusqu'au moment où elle est prête à bouillir, puis on la jette sur les estampes. Après quoi on les lave à l'eau filtrée, dans le vase même où elles ont reçu la solution ; si les taches paraissent encore il faut renouveler l'opération, mais il est rare qu'elles ne disparaissent pas entièrement après la première. On les retire et on les fait sécher comme nous avons dit plus haut.

Pour enlever les taches de graisse, de cire, d'huile, etc., chauffez légèrement l'estampe tachée et enlevez le plus que vous pourrez du corps gras, avec un papier brouillard; ensuite trempez un pinceau dans de l'essence de térébenthine presque bouillante et promenez-le doucement. Quand l'essence a pris la graisse, trempez un second pinceau dans l'esprit de vin à 42 degrés bien rectifié et promenez-le doucement sur la tache, surtout sur les bords, pour enjever ce qui en reste ; par ce procédé employé adroite-

ment la tache disparaîtra, le papier aura conservé sa blancheur et l'impression n'aura nullement souffert.

Nous devons ajouter, toutefois, qu'il vaut mieux garder une estampe avec des taches légères, surtout lorsque le papier a une teinte blonde uniforme, que de la blanchir, comme font certains vandales du métier.

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