‹ Connaissances nécessaires à un bibliophile (volume 2)Chapitre 37 sur 53 · partie à raccommoder · texte numérisé non relu

partie à raccommoder

Ceci, quelque difficile qu'il semble, se fait aisément en mettant le papier choisi sur la partie endommagée et ayant seulement soin de le placer sur la direction de ses rides ou de ses raies.

Après cela, on fait avec un tire-marge ou une plume trempée dans l'eau de gomme le contour de la partie endommagée, quelque irrégulière qu'elle soit.

On met de suite ce papier choisi, ainsi dessiné ou trempé, avec le contour nécessaire, sur une table et, en tirant soigneusement dans tous les sens les extrémités des morceaux, on en sépare tout ce qui se trouve de superflu à l'entour.

Le morceau reste, de cette manière, nonseulement de la forme et de la grandeur voulues, mais encore entouré de filaments ou de poils, qui aident singulièrement à le coller sur le papier, à raccommoder et à bien joindre les deux papiers.

Pour coller le morceau nouveau sur le vieux, on s'y prend absolument de la façon déjà indiquée pour les vélins.

Il est inutile d'observer que la réparation

MOYENS DE DÉTÂCHER ET DE LAVER LES LIVRES ig5

des livres imprimés est, à cet égard, la même que celle des manuscrits; parce que ces livres sont ou de papier ou de parchemin.

PROCÈDE POUR RENOUVELER UNE ESTAMPE ET LA TRANSPORTER D'UNE FEUILLE SUR UNE AUTRE.

Quoique l'encre d'imprimerie soit inattaquable aux oxygènes, on peut l'enlever du papier au point de porter une taille-douce d'une feuille sur une autre, comme on transporte également les peintures à l'huile d'une toile sur l'autre.

Ce procédé pouvant faire partie des réparations, puisqu'il arrive quelquefois que Ton veuille suppléer une partie d'estampe défectueuse, je vais l'indiquer en peu de mots.

Ce procédé, pour transporter les peintures à l'huile, consiste à coller une feuille

iq6 connaissances nécessaires a un bibliophile

en toile, avec la gélatine sur la face de la peinture, et à mouiller de suite, avec de l'esprit de térébenthine, l'envers de la même peinture pour en amollir l'empreinte. Lorsque l'on sent que l'empreinte s'est détachée de la toile, on enlève doucement un bord, et en continuant oi\ la sépare entièrement de la peinture.

On applique de suite, sur l'empreinte fraîche et tendue encore, la nouvelle toile qu'on a préparée d'avance; elle s'y attache légèrement, et on la laisse pendant quelque temps sans y toucher.

Qjiand l'empreinte a repris de la fermeté, on mouille avec de l'eau chaude, la toile ou le papier collé sur la peinture, dont il se détache sans l'endommager en rien.

Voici la manière de renouveler une feuille d'estampe ou d'en transporter l'empreinte, qui du reste se trouve en sens contraire, à moins que l'on répète l'opération, ce que l'encre ne supporterait pas.

On prépare d'abord une lessive avec 168 parties d'eau, 48 parties de cendre pure de sarment ou de chêne, 10 parties de

chaux vive et 2 parties de savon fort et tendre.

On laisse reposer pendant deux heures tous ces ingrédients mêlés ensemble; après quoi on les fait bouillir jusqu'à ce que le volume ait diminué d'un tiers.

On filtre alors et on conserve le fluide* dans un vase bien clos pour s'en servir au besoin.

On prend l'estampe dont on veut transporter l'empreinte et on la met sur une plaque de verre dont les bords sont garnis d'une couche de cire, ou bien dans une casserole, ayant attention que l'empreinte soit du côté de l'opérateur, et on verse sur celle-ci la quantité nécessaire pour la couvrir de la lessive indiquée.

Sur une plaque de la même grandeur on étend avec la paume de la main un peu de savon tendre, de manière à l'oindre légèrement.

Lorsque l'estampe se trouve baignée assez longtemps pour que l'encre se détache, ce qu'un œil exercé reconnaîtra facilement, on l'enlève de la lessive

et on l'étend sur une feuille de papier gris (qui boit), en y appliquant le côté blanc, et cela seulement pour lui ôter l'humidité superflue.

Lorsqu'elle est suffisamment sèche, on l'enlève du papier gris et on l'étend sur le verre indiqué, enduit de savon, en y appliquant le côté de l'empreinte.

Puis on la lève doucement et on la porte sur la nouvelle feuille, en y appliquant également l'empreinte.

On met dessus une feuille de gros papier et on la porte sous presse ; après quoi on relève, en commençant par l'extrémité, la vieille feuille, qui, si Ton s'y prend adroitement, se sépare entièrement de l'empreinte qui reste attachée à la nouvelle feuille.

AUTRE MOYEN DE RENDRE LA FRAICHEUR AUX ESTAMPES, SUIVANT LE PÈRE ORLANDI

Cette manière est facile, mais moins élégante que celles que nous avons indiquées.

On prend :

Noix de galle distrie broyée, 6 onces.

Eau ordinaire, 9 livres.

On laisse reposer l'infusion 24 heures et on y met de suite l'estampe, qu'on lave avec l'eau indiquée.

Tjl<BLE <DES MJITIÈXES

Pages.

Etablissement d'une bibliothèque d'amateur. — Conservation et entretien des

livres i

Du format des livres 37

De la reliure, des livres 55

Moyens de préserver les livres des insectes. 91

Des souscriptions et de la date 109

De la collation des livres 121

Des abréviations usitées dans les catalogues

pour indiquer les conditions i3o

Des signes distinctifs des anciennes éditions i35

De la connaissance et de l'amour des livres.

— De leurs divers degrés de rareté .... 139 Moyens de détacher et de laver les livres. — Réparation des piqûres de vers, des déchirures et des cassures dans le papier, avec appendice sur le nettoyage et la restauration des vieilles reliures 157

Appendice. — Procédés divers pour l'arrangement et la restauration des estampes et des livres, papier et parchemin 179

UVIS IMTOUJ^itlT

Le plan détaillé de /'Histoire des Bibliothèques particulières, que nous annoncions à la troisième page de cet ouvrage , comme devant se trouver ici y n 9 ayant pu être encore publié, par suite de circonstances indépendantes de notre volonté, est sous presse et paraîtra dans quelques jours. Il sera adressé gratis et franco, à toute personne qui en fera la demande.

LIBRAIRIE ANCIENNE ET MODERNE

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204 LIBRAIRIE EDOUARD ROUYETRE

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