JouroBui Étrangers
Pour ranger les livres dans un ordre savane et méthodique, ce n'est pas assez d'avoir une idée vague de la matière dont ib traitent, il est nécessaire encore de bien connaître toutes ces branches et même jusqu'aux plus petits rameaux, si l'on veut suivre leur enchaînement, leur liaison et mettre chaque partie à la véritable place qui lui convient. Il se présente souvent la question de savoir dans quelle classe on rangera de préférence des livres qui, sous différents rapports, peuvent appanenir, soit à une classe, soit à une autre, soit même à plusieurs classes en même temps. Il faut dans les circonstances de ce genre se décider par
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la qualité qui rend l'ouvrage plus remarquable. Celui qui a arrangé une bibliothèque d'après un système quelconque, doit être en état de dire pour quelle raison il a assigné à telle partie le rang qu'elle occupe dans la classification qu'il a adoptée.
On peut procéder à la classification des livres dans des vues différentes, c'est-àdire avec le dessein de l'appliquer à des usages divers.
Un bibliographe de profession, par exemple, un homme qui fait son occupation journalière de l'étude des livres, bibliographiquement parlant, les classera bien différemment que ne le ferait un jurisconsulte, un littérateur, un chimiste, etc.; c'est ainsi qu'il distinguera les incunables, les livres sans date, les livres provenant d'imprimeries spéciales, etc., tandis que le jurisconsulte, le littérateur et autres négligent ces caractères extérieurs, pour tenir compte de la substance du livre, et chacun d'eux en tiendra compte à sa manière.
a n n'y a rien d'absolu dans les méthodes bibliographiques; mais, a dit Le-
ber", i! y a des conditions d'ordre et de clarté auxquelles on ne peut logiquement se soustraire , quelque sj-stème qu'on embrasse. La table des divisions du Aianueî est un excellent patron, sauf les améliorations partielles qu'elle pourrait devoir à une recomposition plus étudiée et plus libre de l'arbre bibliographique. Les bases m'ea paraissent bien préférables aux divisions métaphysiques d'Outrc-Rbin. Elles ont l'avaDtage d'être conformes à des conventioas généralement reçues, de conserver un ordre peu savant, mais fort d^r, par cela même qu'il est moins savant, et surtout de présenter, dans un langage compris du commerce de la librairie, une succession d'idées méthodiquement classées, qu'on n'est pas obligé de traduire, à chaque article, d'un système dans un autre, comme on est forcé de le faire pour trouver ce qu'on cherche dans une table
* Voir Catalogue des livres imprimés, manu»crit», estampes, dessins et cartes à jouer composant la bibliothèque de M. C. Leber, avec des notes par le collectionneur. — Paris, iSSg-iSSi.
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d'abstractions. L'erreur des bibliographes métaphysiciens est de supposer, dans l'esprit du lecteur, une merveilleuse aptitude à se mettre en rapport avec leur esprit, c'est-à-dire une force d'intelligence et de lumières qui ne peut être qu'une exception dans la classe la plus nombreuse des personnes auxquelles les catalogues sont destinés. Mais comme les hommes capables de propager une trop savante méthode sont aussi des exceptions en bibliographie, il y aura toujours pour eux, honneur et gloire à l'entreprendre, lors même qu'ils n'y réussiraient point.
« J'ai suivi le plan du Manuel dans sa base et dans ses principaux développements, continue Leber dans l'intéressante préface de son catalogue, mais sans y voir un lit de Procuste sur lequel je dusse impitoyablement m' allonger ou me raccourcir pour m'ajuster à sa taille.
C'est lui, au contraire, que fai ajusté à la mienne; car telle est la véritable destination de cette table, qui renferme l'expression la plus générale de l'ofdre des eau-
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logues, et qui n'en représente aucun en particulier. Je l'ai suivi, mais librement, en élcndanl ou restreignant ses subdivisions selon la richesse ou l'indigence de mes collections correspondantes ; en rapprochant de ces corps d'enseignements les livres qui s'y agrègent dans un même pbn d'étude ou de lecture, quoique leur place soit marquée ailleurs par la règle commune" ; et même en me permettant le déplacement de deux grandes divisions, dont le rang consacré m'a toujours semblé une inconséquence du système auquel il appartient : ce sont left polygraphes et les antiquités.
« L'usage s'est établi en France, de comprendre les polygraphes dans les belles-lettres, quoiqu'il eût été plus conséquent de faire
* Il m'a toujours paru qu'en pareil cas, c'est-àdire lorsqu'on rattache à une spécialité principale
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