‹ Connaissances nécessaires a un bibliophileChapitre 98 sur 143 · DIS CATALOGUES DS UVU;S I · texte numérisé non relu

DIS CATALOGUES DS UVU;S I

Le fécond bibliographe Gustave Brunet, à propos du Catalogua des livres du docteur dan Joaquin Gomes^ de la Cortina, marquis de Morante. Madrid, Aguado 18J4-1S62, 8 vol. inrS"*, ne s'est-il pas estimé fort heureux d'avoir pu signaler une publication semblable ? Des esprits chagrins^ écrivait-il, diraient peut-être que ce catalogue que nous faisons connaître est un mouvement de bibliomanie, nous ne le contesterons pas; mais cette manie est la plus innocente, la plus aimable de toutes, elle rend d'utiles services aux travailleurs

Pour dresser un bon catalogue, il faut connaître chaque livre autrement que par l'étiquette du dos, ou parle titre; souvent les titres sont trompeurs, et si on leur donnait trop de confiance, on courrait risque de commettre des méprises quelquefois fort ridicules, comme, par exemple, de placer le Traité des fluxions de Madaurin^ avec les livres de Pathologie.

Plusieurs fois les Mémoires de l'Académie des sciences f inscriptions, belles-lettres, beauxarts, etc., nouvellement établie à Troyes en

Champagne. Troyes et Paris, I7;6, — ont été rangés à tort parmi les travaux d'académies sérieuses, au lieu d'être placés dans la catégorie des facéties.

Dans le catalogue des livres de M, de La Mennais, imprimé en 1836, le recueil : Mémmres pour servir à l'Histoire de la Calotte, 1739-54, 9"! "'^st autre qu'un recueil de pièces satiriques et facétieuses^ ■ avait été placé dans la théologie. '

C'est une curieuse étude à £ùie que celle des gens qui viennent detnander des livres dans les bibliothèques, nous dit Larousse, dans son dictionnaire : les uns, comme le singe de ta fable, confondent le nom d'un homme avec celui d'un pon ; témoin cet amateur d'horticulture qui s' eu vient, furieux, reprocher au conservateur qu'on lui a donné pour le Jardin des racines grecques un volume tout autre que celui qu'il désire, et il s'exhale eti amères récriminarions contre les employés. Le conservateur prend le volume incriminé et lui démontre que c'est bien là le livre qu'il a demandé, et complaisamment il lui cite

quelques autres ouvrages du même genre traitant des étymologies grecques. « — Mais, Monsieur, c'est pour dessiner mon jardin que je veux consulter un livre. Comment les Grecs dessinaient-ib leurs jardins ? voilà ce que je veux savoir. »*

Il y aurait pourtant un moyen de remédier à ces erreurs ; ce serait, sinon de lire, au moins de parcourir les ouvres dont le titre semble énigmatique. Leber, dans la préface du catalogue de sa bibliothèque, indique un secret pour trouver dans un livre ce que d'autres n'y auraient pas vu. « Mon

* Ceci n>st rien, à côté de cette réponse tout à iait inattendue d'un lecteur. Il vt au bureau des bibliothécaires et demande un gros livre^ très gros, très gros, c — Monsieur, lui fait remarquer le' préposé au prêt, cette désignation est bien vague, est-ce un volume de V Encyclopédie, lea Voyages dans l'ancienne France ? — Oh ! Monsieur, cela m'est indifférent, pourvu qu'il soit très gros. — Comment ! cela vous ost indifférent l pourquoi demandez-vous ce livre ? » Monsieur, c^est pour m'asseoir dessus, parce que les chaises sont trop basses. » Et Ton s'étonne que parfois les hoiamet instruits chargés de la communication des livres perdent patience et ne soient pas toujours de ta plus exquise urbanité!

id8 CONMOESA)

secret, dit-il, est bien simple : je lis mes livres, car je ne les ai que pour cela. Ce n'est point un mérite dont je veuille me glorifier, mais c'est un avantage dont mon catalogue a dû profiler. Des rapprochements 'qui n'avaient point encore été faits, l'examen délivres que les bibliographes n'ont caractérisés et classés que sur la foi des titres, et surtout l'exploration des pièces anciennes qui n'ont laissé de traces ni dans les catalogues, nî dins les souvenirs des travailleurs, voilï les sujets qui se sont le plus ordinûrement offerts à mes réâexions dans mes passe-temps bibliographiques. H en est résulté des remarques qui peuvent n'avoir pas tout l'intérêt qu'elles m'ont semblé promettre, mais dont rien ne m'imposait le sacrifice, et qu'on me saura gré peut-être de n'avoir pas sacrifiées sans motif. La plupart de ces observations ponent ou sur des livres uniques, ou sur des écrits peu connus ou mal connus, ou sur des traditions évidemment erronées ; et toutes, ou presque toutes, ont été rédigées d'après les pièces originales, dont le texte n'est pas toujours d'accord

DES CATALOGUES DE LITRES f^Ç

avec les inductions tirées de titres mutilés ou de réimpressions. On concevra, dès lors, que, quelque soin que j'aie mis à ne blesser aucune opinion fondée sur Tautorité des maîtres, j'ai dû quelquefois céder à l'autorité plus puissante des faits, quand elle s'est déclarée contre eux. Il se peut, néanmoins, que je me sois trompé plus que tout autre, que j'aie cru voir dans une pièce de conviction ce qui n'y était point : l'erreur a tant de chances là où la vérité peut dépendre d'un seul fait ignoré entre mille ! Que ceux de mes lecteurs qui tiendraient à des idées heurtées par quelques-unes de mes notes prennent acte de cette déclaration, et qu'ils l'opposent à ma critique comme une raison de douter de son exactitude; je me soumets d'avance à leur sentiment ; que voudraient-ils de plus ? » Le travail scrupuleux qu'exige la distribution des articles d'une Bibliographie bien faite, disait aussi Nodier, entraînerait cependant beaucoup moins de difficultés si les livres étaient généralement bien nonmiés, mais il n'y a rien dont la plupart des auteurs

se soucient moins que de l'exactitude et de la clarté du titre. Si c'est une rude besogne d'enregistrer ceruîns livres sous leurs séries systématiques, c'en est une bien plus dure encore de les lire. U faut pourtant s'y résoudre, sous peine de tomber dans les erreurs les plus grossières et d'y faire tomber avec soi le uoupeau sen.-ile des copistes,

Boulard, dans son TTaiUdeBiblwgrapbU, appeSIe l'attention des amateurs sur ces a Recueils qu'on trouve assez souvent dans les bibliothèques ».

J'applaudirais avec plaisir à cette méthode, dit-il, qui teod à conserver des pièces peu volumineuses, maïs quelquefois fort intéressantes, qui disparaîtraient sans cette précaution : malheuseusement le boa goût a bien rarement présidé à l'arrangement de ces recueils, dans lesquels on a entassé au hasard les pièces les plus disparates ; des vers et de la prose, des traités de morale et des pièces licencieuses, une comédie avec une apologie de la religion, etc. Enân, c'est une véritable mosaïque dans laquelle on n'a pas mime eu égard au Ibrmat, puis-

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qu'on y trouve des pièces dont le texte a été mutilé par le couteau du relieur.

Pour que ces recueils fussent intéressants, il faudrait s'astreindre à ne jamais réunir dans le même volume que des pièces analogues Tune à l'autre, et attendre patiemment qu'on en eût acquis sufEsanmient pour en former un volume. On pourrait alors les rendre aussi intéressants que nombreux, en y faisant placer sur le dos deux titres,le premier sous celui du Recueil, V^LUtre indiquant la matière.

A propos de ces recueils nous trouvons, dans les notes que nous avions recueillies à ce sujet, une remarque fort intéressante de M. B. Sobosltchikoflf, Bibliothécaire de la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg *. a n y a des livres, et surtout des livres anciens, qui, dans une seule reliure belle et solide, renferment plusieurs ouvrages amplement diflférents. Où placera-t-on ces livres suivant l'ordre systématique?

Pourrait-on se résoudre à porter les mains

* Voir Principes pour l'organisation et la con* servation des grandes bibliothèques, Paris 1860.

lia coMH«issiNCKS niatituniii a

siir un monument de l'an ancien du relieur ? Un bibliothécaire se souvieodn des mélanges et ira y plonger, comme dans une espèce de Léthé, la vieille reliure et tout ce qu'elle renferme, mais le fanatique du classement systématique la composera en autant de parties qu'il y a d'œuvres différentes et fera ainsi ce sacrifice à un système que son successeur traitera d'absurde, ce en quoi il n'aura peut-être pas tort, n n existe dans toute une grande bibliothèque, dit Barbier, des recueils de pièces de différents formats, que l'on a coutume de faire relier suivant l'ordre chronologique plutôt que d'après celui des matières. Ces recueils peuvent être rangés sur les tablettes à la suite des polygraphes : mais est-il possible de se faire une idée juste de ce qu'ils contiennent, si l'on tu se donne pas la pane de prendre isoliment les titres de chaque pièce, pour les placer dans le catalogue à la suite d'ouvrages du même genre, en renvoyant, pour trouver les volumes, k la place que ceux-ci occupent parmi les polygraphes ? On évite par là le désagrément de forcer

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le lecteur à parcourir les tables d'une multitude de recueils lorsqu'il n'a besoin que d'une pièce.

Voici encore à ce sujet l'avis de M. H. Gariel, le savant bibliothécaire de la bibliothèque de Grenoble : « On demande, aux bibliothécaires,dit-ir, le nombre de volumes que contiennent les bibliothèques qu'ils dirigent. Pourquoi pas plutôt celui des ouvrages, ce qui me semblerait plus rationnel ? Où commence, où finit le volume ? Ne £ûtes-vous aucune difiérence entre le vo-

* M. Léopold Delisle présente un volume intitulé : la Bibliothèque de Grenoble, par M. Gariel. L^auteur y a réuni beaucoup de renseignements sur rhistoire et Torganisation de la bibliothèque qu'il administre avec tant de zèle, et qui est Tune des plus importantes des départements. Il serait à désirer que nous eussions sur toutes nos bibliothèques des notices aussi substantielles et aussi instructives. A la fin de son travail, M. Gariel a inséré une courte dissertation dans laquelle il condamne et déclare condamnés par tous les bibliophiles les recueils factices. Une sentence aussi sévère ne saurait être acceptée sans réserves par rinstitut, dont les bibliothécaires suivent depuis longtemps un système tout opposé. Académie des inscriptions et belles-lettres. Séance du j3 octobre 1S78, Présidence de M. £• Laboulaye.

lume et le Hvrct, h brochure, la pièce, plaquette ? Si oui, pourquoi ne pas marquer avec précision cette différence, comme l'a fait mon savant collÈgue de Nantes ? A la demande : Combien de volumes ? il répond : 100,000 volumes et cinquante mille pièces aa-âissùus de 4S pages (3 feuilles). Voilà qui est clair : on sait à quoi s'en tenir sur le nombre de volumes de la bibliothÈque de Nantes. Mais cela ne résout pas ma question, et m&me en soulève d'autres. Pourquoi 48 t>ages s'enorgueil- Uront-elles du titre de volume, et 47 pages devront-elles se contenter de celui plus modeste de livret, brochure, pièce ou plaquette ? Ou est la régie ? Chaque bibliothécaire n'a-t-il pas le droit d'élever ou d'abaisser à son gré le nombre de pages i 47 pages n'ont-^lles pas souvent plus de valeur littéraire ou marchande que le plus lourd et le plus épais in-folio, a même grossi des visions d'Àccurse et d'AIcîat ? » Prenons un exemple : la vente Didot (juin 1878). J'extrais au courant du catalogue, JO plaquettes composées de 4 à 48 feuîl-

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letSy qui me donnent 50 pièces ayant chacune, en moyenne, moins de 38 pages. Ces 50 pièces se sont vendues (sans les frais) 30,000 fr. ! en moyenne, 600 fr. pièce, 30 fr. le feuillet. Les 386 volume^ (ou 193, si, comme c'est l'habitude, on fait relier 2 t. en i) de la Bibliothèque da Romans, se seraient vendus, en bonne condition, 300 fr. peut-être. Ces distinctions de volumes ou pièces me paraissent irrationnelles. Du moment qu'il est reconnu que l'importance d'un ouvrage ne résulte pas, ce qui n'est p^i discutable, de l'épaisseur de son volume, le volume le plus épais comme la plus mince brochure, me paraissent devoir être également comptés. Remontons à rét}inologie de notre mot volume — l'étymologie est, dans bien des problèmes de ce genre^ le meilleur mode d'obtenir une solution exacte. — Nous avons pris volume,' au latin volumen. Le volumen était un rouleau, et ce rouleau avait des dimensions de longueur fort diverses ; mais eût-il un mètre, en eût-il trente, il s'appelait toujours volumen. Faisons de même pour

ii6 MHMUsuiNCes N£ct«t*iRU 1 un iiBi.tannLS nos voîomes, quel qu'en soit le nombre de pages. Ccne supposition ne donnera, U est vrai, qu'une idcc bien vague d'une bibliothèque, et je crois que le uombre d'ouvrages, sans en donner une absolue, serait de beaucoup préférable. Reprenons, eu effet, les 50 plaquettes de la Bibliothèque Didot, et supposons qu'on ait fait relier, comme on le pratiquait encore assez soD* vent, il y a quelque cent ans, les 50 pUijucttej en ua s^ul volume : voiU ce recueil factice d'une si haute et sî réelle valeur, représenté dans votre#tatpar le chiffire i, et U 'Bibliothèque des Romans par celui de 386 ou 193, à votre choixl

• Je sais bien que non seulement on ne fait plus de recueils factices, mais qu'on casse ceux qui existent encore : bibliophiles et bibliothécaires sont d'accord à ce sujet. Cela sa comprend. Il est impossible de trouver dix, vingt, trente, quarante et plus de pièces de mime taille, elles diSèrent toutes entre elles par la hauteur ou par la largeur. Or, lorsque vous les renfermez toutes dans la même reliure, véritable lit

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de Procuste, le couteau du relieur abat les têtes les plus hautes pour les réduire à la hauteur des plus basses. Pour un bibliophile, l'ampleur des marge» est à un volume ce qu'est à une belle tète une luxuriante chevelure. Pour lui un livre trop rogné, comme c'est le cas dans la plupart des pièces qui composent un recueil factice, c'est une tète de femme scalpée. Pour le bibliothé* Caire, la hauteur des marges est de plus une assurance contre la destruction du livre ; elle lui permet en effet de le rajeunir plus souvent en substituant à une reliure usée, une reliure neuve qui lui donne comme une nouvelle vie.

« Pour le conservateur d'une bibliothèquepublique, former, sous quelque prétexte que ce soit, des recueils factices, c'est man* quer au plus impérieux de ses devoirs, celui de communiquer à chacun les livres de la Bibliothèque qui lui sont demandés. Or, comment fera-t-il si dix, vingt, trente ou quarante personnes viennent lui demander chacune quelqu'un des dix, vingt, trente ou cinquante ouvrages qu'il a emprisonnés

dans ua mSme volume ? 11 sera réduit, par sa faute, À ne remplir ses devoirs qu'à l'i'gard d'un seul, ci à frustrer, par son fait, de leur droit, égal cependant, tous les autres.

o En somme, bibliothécaires et bibliophiles considèrent l'acte du recueil fecdce comme un acte de sauvagerie, et, dans ce plus tolérant et quelque peu gaulois des mondes, il n'y a pas place pour le scalpeur' de livres. »

Enlïn, citons un frondeur de Van des bar-

* L'acte a «op mot français, SetUpemenI (Littrf); l'action, le sien, scalper [Littré, Académie, etc.) ; l'action n'en avait pas, je le crée : c'est une affaire ■ laite, je le recommande è M. Darmesteter pour la nouvelle édition de son eicellenl traité : De la création dei mois nouveaux dans la langue actuelle el des lois qui les rigissenl. (Paris 1877, in-S*). Ce mot, qui ne se trouve dam aucun dictionnaire e langue, pas mfme dans les quatre c

cinq consacrés i la langue ont paru cette année, ne utilité, puisque sa naissa beaucoup au décïs du dei pourrait l'appliquer. Bah !

nmt( faiseurs de rognures, l'audace de te dire artisans du noble liuia. Note de M. H. Gariel.

et à l'argot, qui I d'une grande postérieure de

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ricades 1^48 (Alf. Bonnardot). * Si j'étab le Mazarin du lieu, dit-il, je ferais défelier les opuscules mal accouplés, et j'assignerais à chacun d'eux, n'eut-il que deux feuillets, une place isolée et immuable.

Terminons ici la diversion que nous avons faite en faveur des recueils factices, et psiSSODS à la classification alphabétique des livres;

Namur, dans son travail intitulé Manuel du Bibliothécaire, a donné d'excellents préceptes pour la classification des livres par ordre alphabétique.

Nous empruntons ce qui suit à son ouvrage, jusque, et y compris, la page 141, nous contentant d'en retrancher les exemples. Les amateurs et bibliophiles qui désireraient se rendre compte des difficultés à surmonter pour la rédaction d'un catalogue et du travail qu'exigent les définitions d'anicles bibliographiques , pourront consulter avec finit le catalogue

* Voir un article à propos de la réforme de la Bibliothèque nationale, faisant partie de Tintéressante Histoire artistique et archéologique de la gravure en France, par Alf. Bonnardot. Paris 1849.

NÊCESlAUn K

que M. Jules Le Petit, un de nos .premiers experts en matière de \ivKS rares et curieux, a publié en 1877, à l'occasion de la vente de la collection de M. Emtn. Martio.

Comme le mot d'ordre indique, à chaque titre d'un ii\Te, la place qu'il doit occuper dans le classement alphabétique, et que la recherche dans ce catalogue doit se taire d'apris ce mot d'ordre, il est nécessaire de fixer son attention sur le choix et le dassemeat de ces mots. Koos ètabUrons i cet effet quelques principes généraux, suivis d'instructions positives pour les cas douteux.

Pour le catalogue alphabétique le mot d'ordre est :

l" Le nom de famille de l'auteur.

a) Si ce nom se trouve clairement indiqué sur le titre on le prend pour mot d'ordre.

b) S'il se trouve après la préface, ou dans la dédicace, ou enveloppé d'une manière seaète entre les mots du titre même, ou si le nom est connu au bibliophile ; dans ces cas on doit d'abord considérer l'ou-

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vrage comme anonyme *, faire un second bulletin pour le véritable auteur et renvoyer au mot d'ordre adopté.

c) Si le nom de famille est abrégé, on prend le nom abrégé pour mot d'ordre^ en ajoutant à côté ou entre parenthèse le nom en entier.

d) Si le nom de Camille n'est indiqué que par sa lettre initiale, alors on considère l'ouvrage comme anonjrme, à moins que le bibliographe ne sache la vraie signification des lettres initiales ; dans ce cas on suit les régies indiquées sous les lettres b. et c.

Remarque. Un nom fictif ou pseudony-

* On appelle ouvrage anonyme celui sur le frontispiceduquel Fauteur n'est pas nommé : quelquefois le nom de Tauteur se trouve soit au bas d'une épître dédicatoire, soit dans une préface, soit dans l'approbation du censeur, soit dans le corps du privilège accordé pour Timpression, soit à la suite du même privilège. On pourrait donc distinguer différentes espèces d'ouvrages anonymes ; mais l'usage est de les ramener toutes à une seule et de s'en rapporter au titre pour la déterminer.

ll-i CONHOSSANCCl KtCElSAIllSS «

me * passe dans le catalogue pour le vni nom de l'auteur, de même qu'un nom anagramme ■'. On met entre parcnihise et à

* Le mol pKudonytne t'applique soit lux auteurs qui ont publié dis ouvrage» sous un [aui^ nom, soit aux ouvrages mîme qui ont paru sous un nom supposé. On q"^'''^^ quelquefois le* pseudonymes, A'ctllonymes, ou d'WWronj-mM, ou mîme de cryptonymes. Toutes ces dénomioa lions reviennent â peu pria au mfmc; cependant il aiiste entre elles une légère différence. On donne le nom à'atlonymrs à ceux qui en publiant un ouvrage, se cachent lous le nom vfriuible de quelque auteur de téputmion, et chercheni k lui

ribucr

rages i

dénomination de cryptonymes appartient aux auleursqui déguisent leur nom, mais plus parlicu-

seulemenl le» lettres, de manière à former un autre nom, qui est l'anagramme Ju véritable. Pour hitironyme, il suHît de donner ici son érjmologie : il vient de deux mots grecs qui tïgniûcnl : autre et nom, c'est-à-dire nom différent de celui que l'on porte. En général, le nom dejifeu^^ '•i)'me convient à ceux qui mettent à leurs ou vragea on nom factice et inventé à plaisir.

** Un anagramme (de iaa, en arriire, ctyféfipa, lettre c'est-à-dire, lettre transposée ou prise à rebourt), est une transposition des lettres d'un nom avec un arrangement ou combinaison de ces mfmes lettres, d'oCi il résulte un sens avantageux ou désavantageux à la personne à qui appartient ce nom. Ainsi l'anagramme de logica est ealigo ;

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côté du nom fictif ou anagramme la particule (sic), et Ton renvoie à un second bulletin qui porte le vrai nom de l'auteur.

e) Si plusieurs auteurs ont travaillé à la composition d*un ouvrage, alors on peut considérer Y éditeur comme auteur; et, si Téditeur n'est pas connu, l'ouvrage est considéré comme anonyme, avec cette différence, que, peur chaque auteur ou collorborateury on doit faire une nouvelle copie du titre, en choisissant un nom de &mille pour mot d'ordre et renvoyer à la collection entière. Car souvent on trouve ces traités particuliers imprimés séparément, et Ton est habitué à les chercher quelquefois sous le nom de l'auteur ;

f) Il arrive souvent qu'un auteur a deux ou plusieurs noms de famille, ou que ses prénoms sont difficiles à distinguer du nom^ de famille; dans ces cas l'on peut choisir pour mot d'ordre le dernier des noms

celle de Galenus est Angélus ; celle de Versedlles est Ville Seras ; etc. Il est permis de changer uae lettre, pourvu que Vanagramme soit heureuse; car au fond, c'est un pauvre métier.

134 COKNIISSANCBS NfcESSAIIGS A UK BIBLIOPSIUt

d'auteurs, en renvoyant toujours au premiq auteur cité, et sous lequel ils sont connu^l mats un catalogographe n'est pas toujoois 1 censé connaître jusqu'aux moindres détails ] de la nomencUcure des différents auteiUB I qui se présentent à lui pendant son vai/fm vaU.

g) Souvent on choisit pour mot d'oidiv,! les prénoms des personnes qui sont élevées I à une nouvelle dignité, par exemple : le» princes, les papes, les évêques, les carmélites, etc.

Remarque. La même chose a souvent lieu pour les noms patronymiques '.

* Souvent on trouve qu'un auteur a, oatre le prfnoro que nous venons d'indiquer, un nom patronymique, qui met le bibliographe danc l'em- . barras, pour le choix du mot d'ordre. S'il ne trouve aucune indication i cet jgard, il peut prendre l'un ou l'autre des noms pour mot-d'ordr* et renvoyer à celui qu'on a omis.

Dans d'autres cas, si le nom d'un auteur ett accompagné d'un de ces prénoms, d'un nom paironymique, ou d'un titre quelconque qui puisse fournir quelques fclsircissements sur la vie de cet auteur, ou le distinguer d'un autre du mima nom de famille, on met ces mots à câtd du mot d'ordre, soit en petit caractire, soit entre paren. thèse ou entre deux tirets.

DIS CATAUMUIt US UV»» l%5

2^ A défaut dn nom de famille de l'anteiir, le nom d'un sujet qui peut être regardé comme remplaçant de Fauteur.

Remarque. Ce, que nous avoià dit du nom de l'auteur comme mot d'ordre, s'applique également au nom du remplaçant^ savoir : de V éditeur, du traducteur ^ du cmor mentateur. Le nom du copiste des manuscrits, ne peut cependant pas être regardé comme remplaçant celui de l'auteur et ne peut pas, en conséquence, être pris pour mot d'ordre.

y Pour les livres anonymes, le substantif principal.

Si après le vrai titre d'un ouvrage, il s'en trouve un autre pour servir d'explication au premier, ce qui est indiqué juste par le mot ou, soit par c'est-à-dire, etc., et que dans le second titre se trouve seulement le nom de l'auteur, ou le nom de son remplaçant ; alors on peut prendre ce nom du 2» titre pour mot d'ordre. Dans tout autre cas les mots du premier titre doivent avoir la préférence.

4^ A défaut du substantif principal, Yadr»

I3(> COin<A:SSANCKS HtCEtSAISES A VK BIBLIOPHILK

jmif, le pronom, l'adverbi ou le verbe,

qui prend la place du substantif; en-

en:

y A défaut de tous ceuxrcii le premier

mot du litre.

Remarque i. Pour ce qui regarde les éditions du XV* et du coramencemeni du XVI* siècle, on trouve souvent le titre enveloppé dans la préface, ou à la fin de l'ou^Tage avec le lieu d'impression, et la date sous la formule finit féliciter, etc.; souvent même il n'y a pas de vrai titre. Dans ces cas le bibliothécaire devra faire ressortir le titre ou, s'il est embarrassé, avoir recours aux ouvrages qui traitent des éditions du xv* et du xvi* siècle*.

%emarqM 2. Quoique les titres des écrits académiques (Programmata, séries lectionum, ac.) n'indiquent pas toujours le contenu de l'ouvrage en question, il est cependant nécessaire de les maintenir pour

* Dani desc«8 pireill, on se gardera bicD de prendre pour titre d'un ouvrage les formules : Febronius leçlori saluiem, ou Habet hic bénévole Lect», et de choisir pour mot d'ordre Febroniui et Ltctv.

DBS CATALOOUIS 01 UTMU 1^7

la copie des titres» en mettant à la fin de

cette copie le vrai titre entre parenthèse *.

Remarque }. Si un ouvrage a deux titres (l'un de l'ouvrage entier, l'autre d'une partie de l'ouvrage, qui, étant séparée, fait ouvrage à part), alors on choisit le mot d'ordre du titre général, en renvoyaht à celui-ci pour les ouvrages qui sont contenus dans cette collection, et pour lesquels on fait des copies de titres séparées.

Remarque 4. Les titres de plusieurs ouvrages étant souvent écrits en deux, trois ou même en plusieurs langues à la fois, il faut choisir le mot d'ordre dans le titre qui est écrit en caractères latins ou en caraaères qui leur ressemblent le plus.

Pour faciliter les recherches des copies des titres, il est indispensable de simplifier autant que possible leurs mots d'ordre.

C'est ce qui nous engage à ajouter aux principes généraux que nous venons d'indiquer, les règles particulières suivantes :

* Ces titres indiquent presque toujours la ctr^ constance qui a donné lieu à cet écrit, ou ne contiennent que la dédicace, etc.

JlS CaNMAIUAHCES !I

I. ToDS les mou d'ordre, soit noms de famille, loit subsianiifs, se placent sur la copie du titre ic nominatif, singulier ob pluriel, suivant que le titre l'exige.

n On renvoie ordinairement ies différentes formes d'orthographe des mots d'ordre à la seule manière régulière adoptée.

m. Les noms propres des personnes qui servent de mot d'ordre, et qui sont traduits dans une autre langue, ne penrent £tre employés pour mot d'ordre que dans ia langue où le mot parût le plus souvent^ Il mâme règle s'applique aux mots qui ont seulement changé d'orthographe.

Remarque. Cette règle ne peut s'appliquer qu'aux noms propres des persoimes exclusivement *.

IV. Si le titre d'un livre est écrit dans une langue dont les caractères diSèrent des caractères latins, par exemple : en caractères allemands, grecs, hébreux, etc., le

* Il serait ridicule de vouloir renvorer Ie« mots Voyage, Viaggio, Trmel, Iter, ReUt, au Mul mot Voyage, ou i un autre det mou citéi.

mot d'ordre sera, pour runifonnité des copies, icrit avec des caractères latins.

Remarque. Tout le titre peut également être copié avec les mêmes lettres latines, si le catalogographe ignore ces différentes écritures.

V. Les mots d'ordre composés, comme VanTrael, Fan Mons, etc., doivent être considérés comme ne fiiisant qa'un seul mot.

De sorte qu'on écrira La Fontaine, La Rochefoucault, et non Fontaine (la), Rpche- /oMCAu/f (la), etc.

Remarque. Font exception à cette règle, les noms propres qui sont précédés des prépositions de, von, van, etc., comme indiquant le titre de noblesse.

De manière que, dans un dictionnaire bibliographique ou dans un catalogue alphabétique, on doit placer les ouvrages de MM, de Reiffenberg, Van Aelbroeck, Von Schlegel, etc., non pas sous la lettre De, Fan et Fon, mais sous la lettre R., A., S.

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