‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 103 sur 309 · LES CROISÉS APPRENNENT LA RUPTURE · texte numérisé non relu

LES CROISÉS APPRENNENT LA RUPTURE

cha ainsi en arrière jusqu^à un château bien beau et bien fort et bien riche, qui était appelé le Diniot; et ce château lui fut rendu par un Grec de la ville; et quand il fut dedans, il y mit garnison. Et alors, par l^accointance de Pimpératrice, les Grecs commencent à tourner à lui, et à venir à sa merci de toute la terre d^alentour, à une journée de marche ou à deux.

280. L'empereur Baudouin chevaucha toujours droit sur Salonique, et vint à un château qui avait nom Christople, qui était un des plus forts du monde; et il lui fut rendu, et ceux de la ville lui jurèrent fidélité. Et après il vint à un autre que Ton appelait la Blanche, qui était bien fort et bien riche; et il lui fut rendu aussi, et on lui jura fidélité. Et de là il chevaucha à la Serre, qui était une cité fone et riche-, et elle vint à son commandement et à sa volonté, et on lui jura fidélité. Et de là il chevaucha à Salonique, et se logea devant la ville, et y fut pendant trois jours. Et les gens lui rendirent la ville (qui était une des meilleures et des plus riches de la chrétienté en ce temps), à la condition qu'il les tiendrait aux us et coutiunes où les empereurs Grecs les avaient tenus.

LXIIL Message des croisés à Boniface; il suspend le siège d'Andrinople.

281. Pendant que l'empereur Baudouin était vers Salonique, et que la terre se rendait à son plaisir et à son commandement, le marquis Boniface de Montferrat, avec toutes ses gens et la grande quantité de Grecs qui tenaient à lui, chevaucha devant Andrinople et Passiégea, et tendit à Pentour ses tentes et ses pavillons. Et Eustache de Saubruic était dedans, avec les gens que l'empereur y avait laissés ; et ils montèrent aux murs et aux tours, et se préparèrent à se défendre.

282. Et alors Eustache de Saubruic prit deux messagers, et les envoya, marchant jour et nuit, en Constantinople. Et ils vinrent au doge de Venise et au comte Louis, et à ceux qui étaient restés dans la ville de par l'empereur Baudouin ; et leur dirent qu' Eustache de

kifust ou monde (ou richei villes de la crestienté), — * DF ajoutent li rendirent, — ' A, avoiL 281 . — » Q tf/ menoU le terre, — » CDE, des gens, 283. — I CDE» et à cens que il trouvèrent.

l68 CONQUÊTE DE CONSTANTINOPLE.

lor * mandoit que Tempereres et li marchis estoient mellé ensemble; et li marchis ère saisiz del Dimot, qui ère uns des plus fors chastiaus de Romenie et uns des plus riches, et els avoit asis à Andrenople. Et quant il oïrent ce ', s'en furent mult irié; que lors cuiderent-il bien que tote la conqueste que il avoient faite fust perdue.

283. Lors assemblèrent el palais de Blaquerne li dux de Venise et li cuens Loeys de Bloys et deChartein, et li autre baron qui estoient en * Costantinople ; et furent mult destroit et mult irié, et mult se plainstrent de cels qui avoient faite la mellée entre Tempereor et le marchis. Par la proiere le duc de Venise et del conte Loeys, fu requis Joffrois de Vile-Hardoin, li mareschaus de ^Champaigne, qu'il alast al siège d' Andrenople *, et que il tîieîst conseil de celé guerre *, se il pooit, porce qu'il ère bien del marchis ; et cuiderent qu'i aust plus grant pooir que aus autres hom*. Et cil, por lor proiere et por lor besoing •, dist qu'il iroit mult volentiers; et mena avec lui Manassier de l'Isle, qui ère uns des bons chevaliers de l'ost et des plus honorez.

284. Ensi se * partirent de Costantinople, et chevauchierent par lor jomées tant que il vindrent * à Andrenople, où li sièges ère. Et quant li marchis l'oï, si issi * de l'ost et ala encontre als. Avec lui en ala Jaques d'Avesnes, et Guillaumes de Chanlite, et Hues de Colemi, et Othes de la Roche, qui plus ait estoient * del conseil del marchis. Et quant il vit les messaiges, si les honora mult et fist mult bel semblant.

285. Joffrois li mareschaus, qui mult ère bien de lui, licoisona * mult durement : coment ne en quel guise il avoit prise la terre l'empereor ne assigie sa gent dedenz Andrenople*, tant, que il Teust fait assavoir à cels de Costantinoble, qui bien li feissent adrecier ' se li empereres

283. — > A, e( lors que Utaices de Saubruit qui lor. — * A omet ce,

283. — 1 CDE, tout li baron de en omettant li dux, etc. » * CDEF, à Andrenople. ~ * D, at celle guerre apaisier; F, à ce que ceste guerre fu abessie; C, de celé guerre, sans ajouter de verbe ; BE, à celé guerre comme A. — ♦ F, quHl n^avoit. — * A omet et por lor besoing ; BF, le besoing; D, leur besoigne; C, le grant besoing; E, lor besoing.

284. — * A, ensi corn. — » A, rt vindrent. — ' A, Loeys issi, au lieu de Toî si issi; cette

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