‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 109 sur 309 · LXVI. Réconciliation de Baudouin et de BoniÊtce · texte numérisé non relu

LXVI. Réconciliation de Baudouin et de BoniÊtce

296. Le quatrième jour^ Tempereur reconnut clairement qu'il avait été mal conseillé de se brouiller avec le marquis ; et alors le doge de Venise et le comte Louis lui parlèrent, et dirent : « Sire, nous vou- « Ions vous prier que vous vous en remettiez à nous, ainsi que le « marquis a fait. » Et l'empereur dit qu'il le ferait très- volontiers. Et alors furent élus les messagers qui iraient quérir le marquis et le conduiraient.. De ces messagers l'un fut Gervais du Châtel, et Renier de Trit le second, et Geofifh>i le maréchal de Champagne le troisième; et le doge de Venise y envoya deux des siens.

297. Les messagers chevauchèrent ainsi dans leurs journées, tant qu'ils vinrent au Dimot; et ils trouvèrent le marquis et l'impératrice sa fenmie avec grande quantité de bonnes gens, et lui dirent comme quoi ils l'étaient venus quérir. Alors Geoffroi le maréchal lui requit, ainsi qu'il l'avait promis , qu'il vînt en Constantinople pour garder la paix telle que la régleraient ceux à qui il s'en était remis, disant qu'ils conduiraient en sauveté lui et tous ceux qui iraient avec lui.

298. Le marquis prit conseil de ses hommes. Il y en eut qui lui accordèrent d'y aller, et d'autres qui lui conseillèrent de n'y aller point. Mais la fin du conseil fut telle qu'il alla avec eux en Constantinople, et mena bien cent chevaliers avec lui; et ils chevauchèrent tant dans leurs journées qu'ils vinrent en Constantinople. Il fut bien volontiers vu dans la ville ; et le comte Louis de Blois et de Chartres, et le doge de Venise, et beaucoup d'autres bonnes gens allèrent à sa rencontre; car il était très-aimé dans l'armée.

299. Et alors ils s'assemblèrent en parlement ; et on rappela les conventions de l'empereur Baudouin et du marquis Boniface ; et Saionique lui fiit rendue avec la terre, en telle manière qu'il mît en la main de GeofBroi le maréchal de Champagne le Dimot, dont il était

— » A omet /i. — * A, cum H deviseront. — » A, s'est mis-, B, ele estoit mUe; CDE omettent sor cui, etc.

398. — « C omet qui H otroierent, etc. — * B ajoute et il sifist, — » A, <fe qui; F omet et alerent, etc.

«99. — • Bt trete avant, — * CDE omettent et la terre.

cil li creanta que il le garderoit en sa main trosque adonc que il aroit' créant message ^ ou ses letres pendanz ^, que il ert saisiz de Salenique; et adonc le rendroit à Tempereor ou • à son comandement. Et ensi fu faite la pais de Tempereor et del marchis com vos avez oï. Et mult en orent grant joie par Tost ; que ce ert la chose '' dont granz domages pooit avenir.

3oo. Lors prist li marchis congié, et s'en ala vers Salenique à totes ses genz et à tote sa famé; et avec lui chevauchierent li message * l'empereor '; et si com il venoit de chastel en chastel, si li furent rendu ' de par Tempereor, et la seigneurie tote. Et vint à Salenique; et cil qui la gardoient la rendirent de par Tempereor. Et li chevetaines que li empereres i avoit laissié ', qui ère apelez Reniers de Mons, si fu morz^ qui mult ère prodom ; dont granz domages fu de sa mort^

3oi . Lors se * commença la terre et li païs à rendre al marchis^ et granz partie à venir à son comandement^ fors que uns Griex, halz hom, qui ère apelez Lasgur ". Et cil ne volt mie venir à son comandement; que il ère saisiz de Corinthe et de Naples*, deus citez qui sor mer sient, des plus forz desoz ciel. Et cil ne volt mie venir à la merci del marchis; ainz le commença à guerroier, et granz pars des Grieux * se tiijdrent à lui. Et uns autres Grieux qui ère apelez Michalis^ et ère venuz avec le marchis de Costantinoble, et cuidoit estre mult bien de lui ; mais il se départi de lui quMl n'en sot mot, et s'en ala à une cité que on apeloit P Arthe ' ; et prist la file à un riche Grieu qui tenoit la terre de par Tempereor , et se saisi de la terre, et comença le marchis à guerroier.

299. — ' DE ajoutent certain et, — * C, certain créant, en omettant message, — » CDB omettent ùU ses letres pendani, — • A, ef. — ' CDEF, une chose,

3oa — » B, etc. et chevaucha par sesjornées. — * B, etc. lifu rendue la terre. — » A omet que li empereres, etc.

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