‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 120 sur 309 · RÉVOLTE DES GRECS · texte numérisé non relu

RÉVOLTE DES GRECS

et ceux qui étaient dedans et la gardaient^ en sortirent à grand péril et laissèrent la cité. Et les nouvelles en vinrent à Tempereur Baudouin de Constantinople^ qui était avec bien peu de gens^ lui et le comte Louis de Blois. Ils furent bien troublés et émus de ces nouvelles. Et il commença ainsi à leur venir de jour en jour de mauvaises nouvelles ; car les Grecs se révoltaient partout^ et là où ils trouvaient les Francs qui étaient gardiens des terres^ ils les tuaient.

337. Ceux qui avaient laissé Andrinople^ les Vénitiens et les autres qui étaient avec, s'en vinrent à une cité qu'on appelait le Churlot, qui était à l'empereur Baudouin. Là ils trouvèrent Guillaume de Blanvel, qui la gardait de par l'empereur. Grâce .au confort qu'il leur donna, et parce qu'il alla avec eux avec autant de gens qu'il put, ils retournèrent en arrière à une cité, bien à douze lieues de là, qui était appelée Archadiople, qui était aux Vénitiens, et ils la trouvèrent vide; et ils entrèrent dedans, et la garnirent.

338. Dans les trois jours, les Grecs du pays s'assemblèrent, et vinrent au point du jour devant Archadiople; et ils commencèrent tout autour un assaut grand et merveilleux. Et les nôtres se défendirent très-bien; et ils ouvrirent les portes, et firent une bien grande sortie. Ainsi que Dieu le voulut, les Grecs se déconfirent ; et eux commencèrent à les abattre et à les occire. Ils les chassèrent ainsi une lieue, et en occirent beaucoup, et gagnèrent assez de chevaux et beaucoup d'autre butin.

339. Ils s'en revinrent ainsi à grande joie en la cité d' Archadiople, et mandèrent cette viaoire à l'empereur Baudouin en Constantinople, qui en fut bien joyeux. Et pourtant ils n'osèrent garder la cité d' Archadiople, mais en sortirent le lendemain et la laissèrent, et s'en revinrent en la cité du Churlot. Là ils s'arrêtèrent en grande crainte ; car ils redoutaient ceux de la ville comme ils faisaient ceux du dehors ; vu qu'ils étaient du serment juré au roi de Blaquie, et devaient trahir les Francs. Et il y en eut beaucoup qui n'osèren| s'y arrêter, mais s'en vinrent en Constantinople.

338. — « AB, jomée; D.jor; F, enjoméf. — « A omit cil; C, ft no gens. — * B ajoute Hen, — * F, et autres hemois.

339. — I A, de sairemen^; DF, par sairemtnt, ^ * A, qui les dévoient traîr; BEF, qui defoit (ou debpoient\ les Frans traîr; C, kUl dévoient les Frans trahir; D, et devoient^tXc.

340. Lors pristrent l'empereres Baudoins conseil^ et li dux de Venise, et li cuens Loeys, et virent que il perdoient tote la terre. Et fu telx lor consels que Tempereres manda * Henri son frère, qui ère* à r Andremite, que il guerpist quanque il i avoit conquis, et le venist secore,

341 . Li cuens Loeys en renvoia à Païen d'Orliens et à Perron de Braiecuel qui erent à Lupaire, et à totes les gens que'il avoîent avec els, que il * guerpissent tote la conqueste, fors seulement PEspigal qui séoit sor mer; et la garnissent à mains * que il porroient de gent, et li autre le venissent secoure '.

342. L^empereres manda Machaire de Sainte Manehaut et Mahui de Vaslencort et Robert del Ronçoi, qui bien avoient cent chevaliers avec als et estoient à Nichomie, que il la guerpissent * et le venissent secoure.

343. Par le comandement Tempereor Baudoin, issi Jofifrois de Vile-Hardoin, li mareschaus de Romenie et de Champaigne, de Costantînoble, et Manassiers de Plsle, à tant de gent con il porent avoir; et ce fu mult poi, car la terre se perdoit tote *. Et chevauchierent trosque à la cité del Churlot, qui ère à trois jomées de Costahtinoble. lUuec troverent Guillaume de Blanvel *, et cels qui avec lui estoiënï^ qui mult erent à grant paor ; et lors furent mult asseuré. Enqui sejor* nerent par quatre jorz. L'empereres Baudoins renvoia, après Joffroi le mareschal, quanque il pooit avoir de gent tout ensi com il venoiçgt*. tant que vint * al quart jor que il orent quatre vins chevaliers al Chor^ lot.

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