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LXXVIII. Baudouin entreprend d'assiéger Andrinople

347. Nous ne vous erl dirons pas plus de Renier de Trit, et nous reviendrons à l'empereur Baudouin, qui est en Constantinople avec bien peu de gens^ bien irrité et bien inquiet. Il attendait Henri son frère, et toutes les autres gens qui étaient outre le Bras. Et les premiers qui vinrent à lui d'outre le Bras, ce furent ceux de Nicomie, Macaire de Saînte-Menehould et Matthieu de Walincourt et Robert de Ronsoi ; et il vint bien dans cette troupe cent chevaliers.

348. Et quand l'empereur les vit, il en fut bien joyeux, et il parla au comte Louis, qui était comte de Blois et de Chartres ; et leur conseil fut tel qu'ils dirent qu'ils sortiraient avec autant de gens qu'ils avaient, et qu'ils suivraient Geofiroi le maréchal de Champagne, qui était allé devant. Hélas ! quel dommage qu'ils n'attendirent pas tant que fussent venus tous les autres, qui étaient de l'autre côté du Bras; car ils avaient peu de gens pour le lieu si périlleux où ils allaient.

349. Ils sortirent ainsi de Constantinople ayant bien cent quarante chevaliers; et ils chevauchèrent de journée en journée tant qu'ils vinrent au château de Nequîse, où Geoffroi le maréchal était logé. La nuit, ils tinrent conseil ensemble ; la conclusion de leur conseil fut telle, qu'ils iraient au matin devant Andrinople, et qu'ils l'assiégeraient. Et ils ordonnèrent leurs corps de bataille, et les composèrent très-bien d'autant de gens qu'ils avaient.

350. Et quand vint le matin, au grand jour, ils chevauchèrent ainsi qu'il était convenu, et vinrent devant Andrinople. Et ils la trouvèrent très-bien garnie, et virent les gonfalons de Johannis, le roi de Blaquie et de Bogrie^ sur les murs et sur les tours ; et la ville était

349. — ' C, taseroient; B,/ seroient, équivalent de-M seroient, lu à tort au lieU de Vaserroieût, -i- > B, etc., ordeneroient, — ^ CDE, deviscroient ; B, et il si firent, si les devisèrent, — * C ajoute lor a/aire.

350. — 1 B omet à clerjor ; C, et il vint au jour ; DE, et quant che vint (ou quant vindrent) au jour; F, quant ce vint au matin aujor, — » CDEF, et quant il vindrent devant Andrenople, si le

trouvèrent.

2o8 CONQUÊTE DE CONSTANTINOPLE.

et mult plaine de gent. Et ilie^ assipent 4 mult poi de gent ' devant deus des portes *; et ce fu li 'mardis de Pasque florie *. Ensi furent par trois jorz devant la vile à grant mesaise et à pou de gent.

35 1 . Lors vint Henris Dandole qui ère dux de Venise; mais vielz hom ère, et gote ne véoit *. Et amena de tel gent cuih il ot, et bien altant cum Tempereres Baudoins et li cuens Loeys en avoient amené ; et se loja devant une des portes. L'endemain, recrurent * d'une rote de serjanz à cheval; mais bien fust mestiers queil valsisséntplus que il ne valoient*. Et si avoient pou de viande, que marchiés nés pooit sevré*; ne il ne pooient aler for^, que tant avoit des Griex par le pais que il nU pooient mie aler.

352. Johannis li rois de Blaquie venoit secoure cels d'Andrenqple * à mult grant ost ; que il amenoit Blas et Bogres *, et bien quatorze mil Cumains, qui n'estoient mie baptezié. Por la destrece de la viande, ala forrer ' li cuen? Loeys de Blois et de Chartein le jor de la Pasque florie. Avec lui ala E^tenes del Perche li frères le conte Joffroi del Perche *, et Renaus de Monmirail, qui ère frères le conte Hervi* deNevers, et Gervaises del Chastel, et plus delà moitié de tote Tost •.

353. Si alerent à un chastel que on apele Peutaces *, et le troverent mult bien garni de Grex ; et i assaillirent mult * grant assalt et mult fort , ne n'i porent rien faire, ains s'en revindrent arriers sanz nule conqueste. Ensi furent la semaine des deus Pasques •; et fisent engins chapuisier * de mainte mainiere, et mistrent mineors qu'il

35o. — — 3 A omet et il les assirent, etc.; C, et se logierent no gent, etc. — * A, devant des portes ; B, deiant II portes, — * Le mardi de Pâque fleurie désigne, suivant l'usâge des Grecs, le mardi avant Pflque fleurie, ou le 29 mars i2o5. En effet, au paragraphe 353, il estquestion d'une expédition ultérieure, qui fut faite le jour de la Pâque fleurie, 3 avril i2o5. On lit dans le manuscrit F, etcefu tout droit le mardi devant Pasques Jtories ; le manuscrit G porte également, le mardi devant Pasquesjlories. Voy. g 246, note 2.

35i. — « CDE omettent mais viel\, etc. — » A, recovrerent; F, reçurent, — » CDE omettent

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