‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 122 sur 309 · RENIER DE TRIT TRAHI PAR LES SIENS · texte numérisé non relu

RENIER DE TRIT TRAHI PAR LES SIENS

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leurs gens; et ils chevauchèrent en avant, et vinrent à la cité d'Archadiopie, et se logèrent dedans. Ils séjournèrent là un jour et en partirent, et s'en allèrent à une autre cité qu'on appelle Burgarofle. Et les Grecs l'avaient quittée; et ils se logèrent dedans. Le lendemain ils chevauchèrent à une cité qu'on appelle Nequise, qui était bien belle et bien forte, et très-bien garnie de toutes choses. Et ils trouvèrent que les Grecs l'avaient quittée, et s'en étaient tous allés à Andrinople. Et cette cité était à neuf lieues françaises d' Andrinople; et toute la grande multitude des Grecs était à Andrinople. Et leur conseil fut tel qu'ils attendraient là l'empereur Baudouin.

LXXVII. Renier de Trit abandonné à Finepople par son fils et la plupart

des siens.

345, Oi* le livre raconte une grande merveille : que Renier de Trit, qui était à Finepople, à neuf bonnes journées loin de Constantinople, et qui avait bien cent vingt chevaliers avec lui, que Renier son fils l'abandonna, et Gilles son frère, et Jacques de Bondies qui était son neveu, et Achard de Verdun qui avait sa fille. Et ils lui enlevèrent bien trente de ses chevaliers ; et ils pensaient s'en venir en Constantinople; et ils l'avaient laissé en très-grand péril, comme vous entendez. Mais ils trouvèrent le pays révolté contre eux, et furent déconfits ; et les Grecs les prirent et les rendirent ensuite au roi de Blaquie, qui peu après leur fit trancher la tête. Et sachez qu'ils furent bien peu plaints des gens, parce qu'ils avaient si mal agi envers qui ils n'eussent pas dû le faire.

346. Quand les autres chevaliers de Renier de Trit, qui ne lui tenaient pas de si près que ceux qui s'en étaient allés, virent cela, ils en redoutèrent moins la honte •, et ils le quittèrent bien quatre-vingts chevaliers tous ensemble, et s'en allèrent par une autre voie. Et Renier de Trit resta parmi les Grecs avec peu de gens; car il n'avait pas

345. — » A, Boudive; B, Bondies; CDE, Baudine; G, Bondues, —«A, Chars de Verdi ; B, Acart de Verdi; CF, Verdun; D, Vredun; E, Verdoin; G, Vielis, — » A, chevaliers de ses, — ♦ F ajoute asailli et, — » A» qui ne deussent, — • C, mesfere; DE. avoir fait,

346. — » G ajoute qui demourerent avoec; F, qui estoient avec, — * A, cil qui en; B, «7 si en, '■'•A,XXV;B,XX.

2o6 CONQUÊTE DE CONSTANTINOPLE.

valiers à Phinepople et à TEstanemac^^ qui ère uns chastiaus mult forz que il tenoit, où il fu puis longuement assis.

347. Or vos * lairons de Renier de Trit, si revendrons à i'empereour Baudoin,^ qui est en G)stantinoble à mult pou de gent, mult iriez et mult aestroiz. Et attendoit* Henri son frère, et totes les autres genz qui erent oltre le Braz. Et li premier qui vindrent à lui d'oltre le Braz ', ce furent cil de Nichomie, Machaires de Sainte Manehalt et Mahuis de Vaslencort et Roberz de Ronçoi; et vindrent bien en celé route cent * chevalier.

348. Et quant Tempereres les vit, si en fu mult liez, et parla ai conte Loeys, qui cuens ère de Blois et de Chartain; et fu tels lor consels, que il distrent que * il s'en istroient à tant de gent cumr il avoient, et sivroient Joffroi le mareschal de Ghampaigne* qui devant s'en estoit alez. Halas! quel domage qu'il n'atendirent tant que tuit li autre fussient venu, qui d'autre part del Braz estoient; que poi avoient gent à si perileus leu ' où il aloient.

349. Ensi issirent de Costantinoble bien à sept vins chevaliers ; et chevauchierent de jornée en jomée, tant que il vindrent al chastel de Nequise, où Joffrois li mareschaus estoit herbergiez. La nuit pristrent conseil ensemble; la summe de lor conseil fu telx, que il iroient al maitin devant Andrenople, et que il Taserrpient *. Et ordenerent * lor batailles, et devisèrent ' mult bien * de tant de gent cum il avoient.

350. Et quant vint al maitin, à cler jor*, il chevauchierent si con devisé ère, et vindrent devant Andrenople. Et la tipverent * mult bien garnie, et virent les confanons Jaenisse, le roi de Blaquie et de Bougrie, sor les murs et sor les tors ; et la vile fu mult fors et mult riche,

346. — * A, Stanemac ; B, Aslamac ; C Stanniemac ; D, Estanmeniac ; E, Stanmeniac; F, Estameniac; G, Estanemac,

347. — * A omet vos. — * A, attendroit. — 3 B omet et li premier^ etc. — * CDEF cinq cens.

348. — 1 CDEF omettent il distrent que, — ^ b ajoute de Romenie; CDE omettent de Champai» gne, — » A, an si perileus leus; B, pou avoient gent pour aler encontre tant ; F, pouraler en si périlleux leu.

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