‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 126 sur 309 · JOHANNIS SECOURT ANDRINOPLE · texte numérisé non relu

JOHANNIS SECOURT ANDRINOPLE

par-dessous terre, pour trancher le mur. Et ils firent ainsi la Pâque ( i o avril) devant Andrinople avec peu de gens et peu de vivres.

LXXX. Johannis, roi de Blaquie, vient au secours d* Andrinople.

354. Alors vint la nouvelle que Johannis le roi de Blaquie venait contre eux pour secourir la ville. Ils ordonnèrent donc leur affaire ; et il fut convenu que GeofiEroi le maréchal et Manassès de Tlsle garderaient le camp, et que Fempereur Baudouin et tous les autres sortiraient dehors, si Johannis venait offrir la bataille.

355. Ils demeurèrent ainsi jusqu^au mercredi ( i3 avril) des fériés -^^y ^ «^^ 0 de Pâques; et Johannis était déjà si rapproché qu^il était logé bien à

cinq lieues d'eux. Et il envoya ses G)mains courir devant le camp; et le cri s'élève dans le camp, et ils en sortent en désordre. Et ils poursuivirent les Comains une bonne lieue bien follement ; et quand ils s'en voulurent revenir, les Comains commencèrent à tirer sur eux bien rudement, et leur blessèrent assez de chevaux.

356. Ils s'en revinrent ainsi au camp, et les barons furent mandés au logis de l'empereur Baudouin. Et ils tinrent conseil, et dirent quils avaient fait grande folie, d'avoir tant poursuivi de telles gens qui étaient si légèrement anpés. La conclusion du conseil fut telle que si Johannis venait encore, ils sortiraient dehors et se rangeraient devant leur camp, et que là ils l'attendraient et n'en bougeraient. Et ils firent crier par tout le camp que nul ne fut si hardi qu'il manquât à cet ordre pour cri ni pour tumulte qu'il ouït. Et il fut dit que Geoffroi le maréchal et Manassès de Tlsle garderaient du côté de la cité.

357. Ils passèrent ainsi cette nuit jusqu'au jeudi matin (14 avril i2o5) des fériés de Pâques; et ils ouïrent la messe, et mangèrent au dîner.' Alors les G)m^ins courent jusqu'à leurs pavillons; et le cri s'élève, et on court aux armes, et ils sortent du camp avec tous leurs corps de bataille rangés, ainsi qu'ils l'avaient réglé devant.

356. — 1 C, e/ logis; A omet// baron en Vostel; après rostel, DEF ajoutent le conte et. — * CDE, si faite gent.

35j.^^\,foire{;B» /estes; CDE omttttnt des foiries des Pasques; F, Joii de Pasques. — ' F omet corent trosquet etc.

212 CONQUÊTE DE CONSTANTTNOPLE.

358. Li cuens Loeys s'en issi premiers à la soe bataille; et commence les Commains à porsevre, et mande Pempereor Baudoin que il le sivist *. Halas ! con malement iltindrent ce qu'il avoient devant devisé le soir ' ! que ensi porsuirent les G)mmains bien près de deus lieues loing, et assemblèrent à als, et les chacierent ' grant pièce. Etli

nfi^^^*^ Commain reçuerent * sor als • , et commencent à huer et à traire.

359. Et li no orent * bataile d'autf^ cent que ' de chevaliers,^ui ne savoient mie assez d'armes : si s'escomencent à esfreer et à desconfire. Et li cuens Loeys, qui fu assemblés premiers, fu navrés en deus leus mult durement ; et li Comain et li Blac les comencierent à envaïr ' ; et li cuens ot esté chaus, et uns suens chevaliers, qui ot non Johan de Friaise, fu descendus, si lo mist sor son cheval. Assez fu de la gent

f le conte Loeys qui li distrent : « Sire, alez vos en, quar trop malement

« navrez estes en deus leus *. » Et il dist : « Ne place dam le Dieu <r que jamais me soit reprovéque je fuie de champ, et laise Tempe- « reor. »

360. L'emperere, qui mult ère chargiez endroit lui, rapeloit sa gent; si lor disoit que il ne fuiroit jà, et qu'il ne le laissassent * mie : et bien tesmoignent cil qui là furent que onques mais cors de chevalier mielz ne se defendi de lui. Ensi dura cil estors longuement : telx i ot qui bien le firent, et telx i ot qui * le guerpirent. A la parfin, si cum Diex suefire les mésaventures, si furent desconfit. Iqui remest el champ l'empereres Baudoins qui onques ne volt fuir, et li cuens Loeys : l'empereres Baudoins fu pris vis •, et li cuens Loeys fu ocis.

36 1 . Halas ! com dolereuse perte fu là faite M Là fu perduz li evesques Pierres de Bethléem ', et Estenes del Perche li frères le conte Joffroi, et Renaus de Monmirail li frères le conte de Nevers, et Ma-

358. — « A, porseust. — » C, r autre jour, — * A, chacent, — * A, recueroient; CE, rekeurent; DF, retomerent, — * B omet et les chacierent, etc.

359. — « AEF, et il orent; B, et orent; C, et no g^ens avoient; D, et li no orent. — 'A omet

BAUDOUIN FAIT PRISONNIER. 2l3

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