‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 153 sur 309 · DÉFAITE PRÈS DE LA ROUSSE · texte numérisé non relu

DÉFAITE PRÈS DE LA ROUSSE

Blaques étaient hébergés; et il les surprit^ si bien que ceux qui étaient dans le village n'en savaient mot. Ils en occircnt assez^ et gagnèrent bien quarante dé leurs chevaux ; et quand ils eurent fait ce dégât , ils s'en retournèrent vers la Rousse.

406. Et cette nuit même, les Comains et les Blaques avaient chevauché pour faire le dégât ; et ils étaient bien sept mille. Et ils vinrent au matin devant la Rousse, et y furent longtemps ; et la ville était garnie de peu de gens. Ils fermèrent donc leurs portes, et montèrent sur les murs; et les autres s'en retournèrent. Ils ne s'étaient pas éloignés de la ville plus d'une lieue et demie, quand ils rencontrèrent la chevauchée des Français dont Thierri de Tenremonde était chef. Quand les Français les virent, ils se rangèrent en quatre corps de bataille qu'ils avaient. Et leur conseil fut tel qu'ils se retireraient à la Rousse au tout petit pas; et si Dieu leur donnait qu'ils y pussent venir, ils seraient là en sauveté.

407. Et les Comains et les Blaques et les Grecs de la terre chevauchèrent vers eux ; car ils avaient une bien grande troupe. Et ils viennent à l'arrière-garde ; et commencent à les harceler bien rudement. Al'arrière-garde était le corps de Thierri de Loos, qui était sénéchal et était retourné en Constantinople ; et Villain son frère était chef de cette troupe. Et les Comains et les Blaques et les Grecs les serrèrent de bien près, et blessèrent beaucoup de leurs chevaux. Les cris et la lutte furent grands, en sorte que de vive force et par détresse ils les refoulèrent sur le corps de bataille d'André d'Urboise et de Jean de Choisy ; et eux allèrent ainsi résistant longtemps.

408. Et puis les autres revinrent à la charge, si bien qu'ils les refoulèrent sur le corps de bataille de Thierri de Tenremonde le connétable. Et il ne tarda guère longtemps après qu'ils les refoulèrent sur le corps de bataille que menait Charles du Frêne. Et ils étaient tant allés résistant, qu'ils virent la Rousse à moins d'une demi-lieue. Et les autres les serraient toujours de plus près, et la lutte était grande

407. — * CDEF omettent et H Grieu. — 2 C ajoute pour aucun a faire; F, Tierris de Loxfesoit adoncV arrière garde; et ne mie Tierris, mes sa mesnie^ quar il estait en Costentinoble, — ^ a, /j. — ♦ CDE omettent et par destrece, — » A, del Boise, ^* A, si que; B, etc. einsint ou ensi.

408. — » A omet hurter, — * A, d'Entremonde, — ^ A^età mains, — * B,à mains de deus trei d*arbaleste ou plus près^ en omettant et cil adès, etc.

volt souffrir les aventures, cil ne le porent plus soufrir % ainz furent desconfit; car il furent ' pesament armé, et lor anemi legierement ^ ; et les commencent à occirre.

409. Halas ! con dolorous jor ci ot à la crestienté ; que de toz ^ les six vins chevaliers, n'en eschamperent mie plus de dix que tuit ne fussent mort ou pris. Et cil qui en eschamperent s'en vindrent fiiiant à la Rousse , et se recoillirent avec lor genz qui là dedenz estoient. Là fu morz Tierris de Tendremonde U conestables, Oris * de Flsle qui mult ère bons chevaliers et proisiez ', et Johans de Pompone *, Andruis d'Urboise, Johans de Choisi, Guis de Covlans', Charles de Fraisne, Vilains li frères Tierri le seneschal. De toz çaus qui là furent mort ou pris ne vos puet toz les noms raconter li livres. Une des graignors dolors et des graignors domages avint à cel jor, et des graignors pitiez

qui onques avenist à la crestienté de la terre* de Romenic^.

410. Li Commain et li Grieu et li Blac retomerent ariere, qui mult orent fait lor volenté en la terre, et mult gaignié de bons chevals et de bons haubers. Et ceste mésaventure si avint le jor devant la veille ^ madame Sainte Marie Chandelor. Et li remananz qui fu eschapez de la desconfiture, et cil qui estoient à la Rousse, si tost cum il fu nuiz, si gueq)irent la vile ; et s'en alerent tote nuit fuiant, et vindrent al maitin à la cité de Rodestoc.

41 1. Iceste dolorouse novele si vint à Henri le bal de Pempire *, si con il aloit à la procession à Nostre-Damme de Blaqueme, le jor de la feste madame Sainte Marie Chandelor. Sachiez que mult furent esfreé en Constantinoble, et cuiderent por voir qu'il aussent la terre perdue. Lors prist conseil Henris li bals de l'empire que il gamiroit

408 * A omet plus soufrir, — « F ajoute durement trayeiHii et lassé, — ' A, e/ (kreni

pesament armé, et cil legierement lor anemi,

409. — • A, que toi, — * A, de Tendre, Olis, — ' A, prosie\, — * A, Sompone, — » A, d'Es^ chovlans; BCDE, Corval ou Cortval; F, Tomai, — • B, domaches qui oHnt à celui jour à la crestienté et à la terre. — ' C, ainsfu une des grigneurs dolours et des plus grans damages et

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