‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 162 sur 309 · DÉTRESSE DES CROISÉS · texte numérisé non relu

DÉTRESSE DES CROISÉS

la fit miner et abattre. Après il chevaucha vers la cité du Churlot^ qui s'était rendue à lui ; et il la fit ruiner et abattre^ et mener les gens en prison. Et à mesure qu^un château ou une cité se rendait à lui^ et quMi leur avait donné sûreté ^ il les faisait abattre ^ et mener les hommes et les femmes en prison; et aucune convention quUl leur eût faite il ne leur tenait.

419. Alors les 0>mains et les Blaques coururent devant les portes de Constantinople^ où Henri le régent de Pempire était avec autant de gens qu'il en pouvait avoir, bien triste et irrité parce qu'il ne pouvait avoir assez de gens pour défendre sa terre. Les Comains prirent ainsi les bestiaux de la terre, et hommes et femmes et enfants; et abattirent les cités et les châteaux, et firent si grande désolation que jamais nul homme n'ouït parler de si grande.

420. Ils vinrent alors à une cité à douze lieues de Constantinople, qui était appelée Nature; et Henri le frère de l'empereur l'avait donnée à Payen d'Orléans. En cette cité il y avait une très-grande foule de gens, car ceux du pays s'y étaient tous réfugiés; et ils l'assaillirent et la prirent de vive force. Il y eut là une si grande occision de gens, qu'il n y en avait pas eu de si grande en nulle ville où ils eussent été. Et sachez que tous les châteaux et toutes les cités qui s'étaient rendus à Johannis, et à qui il avait donné sûreté, étaient tous ruinés et détruits, et les gens menés en Blaquie, en telle manière que vous l'avez ouï.

421. Sachez qu'à cinq journées autour de Constantinople il ne resta rien à ravager, excepté seulement la cité de Visoi et celle de Salembrie, qui étaient garnies de Français. Et en celle de Visoi était Anseau de Cayeuxy bien avec cent vingt chevaliers; et en celle de Salembrie était Macaire de Sainte-Menehould avec cinquante; et Henri le firère de l'empereur Baudouin était demeuré en Constantinople avec le reste. Et sachez qu'ils étaient bien bas ; car en dehors de la ville de Constantinople ils n'avaient conservé que ces deux cités.

420. — I Ce paragraphe et celui qui suit sont omis dans B. — > A, celé si avoit tnult grant puepU de gem, et il s'en estaient tuit/ui cels del paîs.^* C omet et cui, etc. — « CDE ajoutent en prison ; F, les homes et les famés en estaient tuit mené en prison.

421, — * A, de ci Versoi, — ^ A^et cele^ ici et plus bas; le sens exige et en celé, — * CDEF, v^avoit remis.

422. Quant ce virent li Grieu qui erent en Tost avec Johannis (qui s'erent à lui rendu et revellé contre les Frans ; et il lor abatoit lor chastiaus et lor citez, et nul convent ne lor tenoit) *, si se tindrent à morz et à traïs. Et parlèrent ensemble, et distrent que fl^usi feroit-il d' Andrenople et del Dimot quant il reparieroit * ; et se il ces deux • abatoit, dont estoit Romenie perdue à tozjorz. Et pristrent lor messages privéement , si les envolèrent en Costantinoble al Vcraas.

423. Et liprioient que il criast merci à Henri le frère Tempereor Baudoin et as Veniciens, que il feissent pais * à als, et que il li doiiassent * Andrenople et le Dimot; et li Grieu se tomeroiem tuit 4 lui, et ensi porroient bien ' estre li Grieu et li Franc ensemble. Conseb en fu pris où i ot^ paroles de maintes manières ; mais la fins del conseil fu telx que al Vernas et à Tenpereris * sa famé, qui ère suer le roi Phelippe de France, fu otroïe * Andrenople et li Dimos, o totes lor apartenances, et il en feroit le servise à Tempereor et à Tempire '. Ensi fu la convenance faite et assovie *, et la pais faite des Grex et des Frans.

424. Johanis li rois de Blaquie et de Bougrie, qui ot sejomé longuement en Romenie *, et lou païs gasté trestote la quaresme et après la Pasque grant * pièce, si s'en retraist ariers vers Andrenople et vers le Dimot, et ot en pensé que il en feroit tôt autretel com il avoit fait des autres. Et quant li Grieu virent ce, qui estoient avec lui *, qu'il , tomeroit vers Andrenople *, si se comencierent • à embler de lui, et par nuit et par jor, vint, trente, quarante, cent •.

425. Et quant il vint là, si lor requist que il le laissassent alsi entrer dedenz, cum il avoient fait dedenz les autres. Et il li distrent que

423. — • F omet lor chastiaus, etc. — ' A, reparieroient, — * BF ajoutent cite\,

423. — • CDEF, ferme pais, — * B, etc., donroient, donnassent (ou doHast)^ le Vemes (ou àU'

vernat) au lieu de li douassent. — ^ A omet tien. — « A omet oit i ot. — * A, à Vernas et à l'empe^

reris; CDEF, U Vernas et Pempereis. — • D, pt en otroi; F, auraient, — ' G , /i Vtrnas mont-

tra ceste chose à Henri et aus Venissiiens; cil qiui virent que mieus valoitque li Vernas Peust que

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