VII. Discours de Geoffiroi le maréchal et du chapelain
532. A quoi bon allonger? Les troupes s'approchèrent entre elles en grand orgueil et grande colère. Or qu'il soit en leur aide le Seigneur pour qui les nôtres se mettent à l'abandon. Alors voilà Burile venant avec trente-trois mille hommes dont il a fait trente-six corps. Et ils portaient des lances vertes avec de longs fers de Bohême, et venaient en grand orgueil, comme gens qui ne prisaient pas notre empereur ni ses forces, mais qui pensaient mettre la mahi sur l'empereur et tous ceux qui étaient avec lui.
533. Et l'empereur fit chevaucher ses gens, et leur dit que chacun se comportât en prud'homme; car ils voyaient bien que le besoin en était venu. Alors il commanda qu'on tînt Bayard près de lui. Après cela il laça son heaume, et fit porter devant lui l'enseigne impériale. Et alors les corps s'approchèrent; et Pierre de Bracieux et Nicolas de
53i. — I C, «/ sachiés queà.-^^ C, wu>lt douchement, — > C, ft enpoisierent, — *F, H estoires dut Uen.
533. ^ I C, â/ convenir, — * C, Ions et tranchant de Habaige,
324 HISTOIRE DE l'eMPEREUR HENRI.
Mailli si furent ^ en Tavangarde avoec Jofiroi le marescal^ et li disent ke il poinderoient avant^ entre eis et Afilon le Braibant % et puis Guillaumes dou Parcoi, et Lyenars de Hyelemes; et li empereres garderoit les poigneours.
534. <c Por Diu^ segnour, dist Jofirois^ or gardés ke chil poindres (( soit si bien fuiliis^ et si à point * ke nous n^en soiesmes blasmé de (c nos anemis ne gabé. Et chil ki chi fera mauvais samblant doit bien « iestre banis de le glore de Nostre Segnour *• Por Diu, souviegne- « vous des preudomes anciiens ki devant nous ont esté, ki encore <c sont ramenteu es livres des estores '. Et bien saciés ke ki por Diu « morra en ceste besoigne, s'ame en ira toute florie en paradis; et c( chil ki vis en escapera, sera toz les jors de se vie honnerés et race manteus en bien apriès se mort.
535. « Se nos créons bien en Nostre S^neur, li cans sera nostres. « S'il ont plus grant gent * ke nous, ke nous caut *? Il ne valent riens. . « Chou lésa hui sienruhis keilnos troverent ier un poi travelliés *. Ore a dont, segneur, por Diu n^atendons mie tant ke il premièrement nos <c requièrent. Car tant sai-jou bien de guerre, ke ki requiert ses ane- « mis açprement et vistement au commencier *, plus en sont legier à <c desconfire et plus en sont espoenté. Et ki encore se faindra à cesce tui besoing, jà Dex de glore ne li doinst hounour *. »
536. A tant guerpissent * les palefrois, si sont es destriers monté; * et se d'ore en avant ne remaint en le gent Burille, hui mais ert li estours fels et crueus, si comme vous le pores oïr. A tant s'aprocent les batailles d'ambes-deus pars, et chevaucent en conroi *, et s'entrevienent de si près ke il s'entrevoient tout de plain. Li jours estoit si biaus comme vous avez oï, et li Blac firent lor trompes sonner ; et li capelains Phelippes, ki tint en se main le crois de nostre rédemption, lors commencha à sermonner, et dist :
533. — 1 C, <^ sont mis. — * C, entre lui et Nicolon de MailU et après Miles li Brabant.
534. — « CEF, à droit. — » C, ^/oire de paradis. — » C, «w « ystores des livres.
535. — » D, plus gent. — » C ajoute tant aronsplus grant hounour. — * C, mais pour çou que il nous ont hier et hui fort traveillés, à çou que nous somes plus pesantement armé que il ne sont.