DÉFAITE DES LOMBARDS
en retinrent. Il y eut une bien grande lutte pour prendre le pont. Là s'aidèrent bien Gosseau le Moine, Arnoul d'Armentières et Gautier d'Allues : ils ne s'arrêtèrent jamais, et vinrent devant la porte, et là leur coururent sus. Gautier abattit un Lombard devant la porte^ et conquit le cheval ; et Arnoul d' Armentières prit le Lombard sans nulle autre défense, et le fit garder comme prisonnier.
656. 11 serait ennuyeux de raconter combien chacun y gagna; mais je vous dis seulement qu'en vérité chacun s'y montra en prud'homme, et jamais gens si peu nombreux ne firent si bonne et si belle contenance. Alors leur vinrent deux corps de bataille de nos gens qui les secoururent ; et s'ils se fussent un peu plus hâtés de venir au pont, ils eussent bien retenu la plus grande partie des autres; mais ils ne savaient pas que nos gens fussent engagés avec les Lombards. Alors Conon arriva au pont, et il trouva que nos gens s'étaient tant battus avec les Lombards qu'ils leur avaient fait déguerpir la place.
657. Et après que Conon eut passé le pont, les Lombards s'enfuirent en leur forteresse, et leur laissèrent tentes et pavillons, et tout ce qu'ils avaient de harnais. Alors tout d'abord vinrent les nouvelles à l'empereur que le pont était pris, et il en eut si grande joie qu'à peine le put-il croire. « Sire, dit Pierre de Douai, hâtez-vous de suivre vite <c vos deux corps de bataille, car je ne voudrais en nulle façon que <c nos gens eussent le dessous avec les Lombards. »
658. Après le corps de bataille de Conon de Béthune, passa Anseau de Cayeux ;- et lorsque les Lombards les aperçurent, le plus agile pensa être le plus lent à rentrer au château. Alors il ne leur prend plus la moindre volonté de se battre avec les nôtres. Et notre empereur, qui était bien joyeux, vint au pont. Qui veut gagner là le peut faire, par exemple mulets et mules, palefrois et chevaux, vêtements et couvertures, or et argent et autres biens. A quoi bon ce discours ? Les Lombards eurent bien à cette affaire, par leur folie, un dommage de mille et cinq cents marcs d'argent fin.
657. — * C, paveillons tout en miplain et tout quanques il i avoit cPautres hamois,
658. — • C, «e quidajà iestre à tans rentré, — * C, liés et joians de ceste chose. — » C ajoute et par lor orgueL — * C ajoute et de plus.