‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 240 sur 309 · XXXII. Séjour de Tempereur àTAmiro · texte numérisé non relu

XXXII. Séjour de Tempereur àTAmiro

663. L'empereur s'en va à l'Amiro, lui et ses gens; et les Grecs vont à sa rencontre, comme gens qui désiraient merveilleusement qu'il vînt ; et ils apportent les bannières, et lui font des vivat. Nos gens se tiennent ainsi dans la ville sans faire tort de rien à personne, si bien que les Grecs disent qu'ils ont un bien bon changement de seigneur; et qu'à Dieu ne plaise que les Lombards aient jamais autorité sur eux ; car maintenant ils vont vivre en sûreté et en grand honneur, comme ils disent, pourvu que Dieu leur garde l'empereur.

664. Ils se tinrent ainsi tranquilles pendant longtemps, jusqu'à tant qu'il advint que les galères de Ravan de Négrepont s'assemblèrent autour d'une grande nef qu'ils eussent emmenée volontiers s'ils avaient pu. L'empereur ouït le bruit, et demanda qui c'était qui faisait un tel bruit dehors. Et on lui a conté que c'étaient des voleurs de vaisseaux qui assaillaient une grande nef. Quand l'empereur entend cette nouvelle, il s'élance et presse bien vivement ses gens de marcher; et dit qu'ils n'emmèneront pas la nef, s'il plaît à Dieu.

665. Alors les chevaliers s'arment, et entrent dans les barques dont il y avait assez sur la rive. Et il y avait aussi des Capelets qui aidèrent bien fort à nos gens., Ils allèrent secourir la grande nef, qui eût bien été entraînée, si les Capelets n'eussent été là, et si nos Français n'eussent songé à la secourir. Et pourtant la grande nef se défendait bien vaillamment ; mais ceux des vaisseaux leur jetaient de la chaux vive dans les yeux. A quoi bon ce discours ? Ils ont laissé la grande nef; mais ils emmenèrent une petite nacelle où il n'y avait rien.

666. Et ainsi qu'ils étaient là, alors voilà Henri de Blois qui venait de devers Salonique; et il était venu par eau. Et quand il voit l'em-

665. — ' D, trahie ; CEF, traie, — > F, 5tf li Chapelet ne fussent, et le grant secors que nostre gent ifist. Cette seconde mention des Capelets manque dans les autres manuscrits. — ^ C, chil qui estaient dedens la grant nef se deffendoient moût aigrement. — « CE, une cauc. — » CF ajoutent qui molt lor grevait durement* — « C ajoute si ne Ven enmenerent mie,

666 —^Cfes vous là venu»

il voit l'empereour, si li dist en s'orelle * : « Sire, mesire Ponces vous c( salue et vous mande ke il a bien fait vostre besoigne, et amaine vos « deniers et vostre marcheandise. Mais tant i a ke il a eu un poi de a destourbier ; car li mers a esté grosse, et li tempieste cacha vos vas- « siaus sor terre, et furent brisié. Et vous fait à savoir par moi ke vous « li envoies gens et chevaliers par lesquels il vous puist aconduire (c vostre avoir. » Et quant li empereres oï chou, si i envoia Ansiel de Kaeu et autres chevaliers, ki tant firent ke il amenèrent tôt Tavoîr de chî à * TAmiro. Et là le fist li empereres rechevoir, et paier * ses saudoiers.

667. Or a voient Cuenes de Biethune et Ansiaus de Kaeu devisé entre eus ke boin seroit ke il pevussent faire* par coi ' celé guerre fust apaisie. Si mandèrent au connestable ke il venist parler à eus; et il i vint. Et parlèrent ensamble tant ke li connestables s'amolia auques. Et si taillierent entre els une pais tel ke les doi parties s'en iroient * à Ravenyke *, et là en responderoient • communément. « Et se Guis « et Aubretins et Ravans • ne vuelent otriier celé pais, bien sacent, a dist li conestables, ke jà pour eus ne remanra '' ; et puis ke il vaur- « ront aler contre raison, jà puis, che dist, n'aront aide • de lui ne <c des siens. » ^

668. Dont ont entre eus une trive fianchie, tant ke ceste cose soit faite savoir à JofTroi et à Othon de le Roche, et as autres barons ki vinrent au parlement, si biel * ke li empereres les en mierchia molt. Et chi en dedens, manda Ravans * Guenon de Biethune et Ansiel de Kaeu, keil venissent à lui parler; et il i vinrent. Et Ravans issi à molt grant doute dou vaissiel ' ; mais il ne li convenist pas ^ douter. Ke vous diroie-jou ? Assés parlèrent ensamble , mais che fu pour noient; car à tel pais comme il devisoient, ne li une partie ne li autre

666. — > C omet en ïorelle. — * C, Pavoir Vempcreour dnsquetà, ^* C^ et de ckel apoir Jbt paiier; F, et lejist paier à,

667. — » Défaire entre eus. — » C| seit le peussent/aire par hounwr que, — » C, s'en poiseut

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