Il ne tarda guère après qu'un haut baron de France, qui
goU; lacune dans E. — «F, wie partie de Vost se traveUoiU.,. et Vautre partie se travelloit, loi. — I By m iiNtf Ji«f7. — « F, el //// sans plus; CDE, et ochisent tou^fors quatre ki, — «CDB omettent /omitfit/; A, en alaient, en omettant li of. — < A omet qui avoit non^
non Renauz de Monmirail pria ^ tant^ par Tàïe le conte Loe}rs^ que il fu envolez en Surie en messaje en une des nés de Testoire; et si jura sor sains de son poing ' destre^ et il et tuit li chevalier qui avec lui alerent, que dedenz la quinzaine que il seroient arivé en Surie, et auroient * fait lor message, que il repaireroient arriéres en l'ost. Par ceste convenance se départi de Tost; et avec lui Hervis * del Castel ses niés, Guillaumes li visdames de Chartres, Gefrois de Belmont, Johans de Froeville, Pierres* ses frères, et maint altre. Etlisairement que il firent • ne furent mie bien tenu; que il ne repairierent "^ pas en Tost.
io3. Lors revint une novelle en Tost qui fu mult * volentiers oïe : que li estoires de Flandres, dont vos avez oï arriéres , ère arivez à Marseille. Et Johans de Neele chastelains de Bruges qui ère chevetaines de cel ost, et Tierris qui fu filz le conte Phelippe de Flandres, et Nicholes de Mailli, mandèrent le conte de Flandres lor seignor que il ivemoient * à Marseille, et que il lor mandast sa volenté; que il feroient ce que il lor manderoit '. Et il lor manda, par le conseil del duc de Venise et des autres barons, que il meussent à Pissue de marz, et venissent encontre lui au port de Mouçon * en Romanie. Halas ! il Patendirent ' si malvaisement, que onques covent ne lor tindrënt; ainz s'en alerent en Surie, où il savoient • que il ne feroient nul esploit'.
104. Or poez savoir, seignor, que se Diex ne amast ceste ost, qu'ele ne peust mie tenir ensemble, à ce que tant de gent li queroient mal.
io5. Lors parlèrent li. baron ensemble, si distrent qu'il envoieroient à Rome à Papostoile, porce que il lor savoit mal gré de la prise de Jadres ; et eslistrent messages deus chevaliers et deus clcrs, tebc qu'il savoient qui bon fussent à cest message. Des deus clers, £u
loa — t CDE> vint et pria. — a CDE, sa maitu — » B, et tantost comme U auroient. — ♦ AB, Hen» ris* — *CDE , de Frecevile, Pierres de Forevile. F omet Pierres, etc., jusques et y compris Johans de Neele (g io3). — .«.CDE, ki furent Juré. - » A, repaierent ; C, retournèrent.
DE LA FLOTTE DE FLANDRE. 5g
avait nom Renaud de Montmirail , pria tant par l'aide du comte Louis^ qu'il fut envoyé en Syrie en message sur une des nefs de la flotte ; et il jura sur reliques de sa main droite , lui et tous les chevaliers qui allèrent avec lui^ que dans la quinzaine où ils seraient arrivés en Syrie et auraient fait leur message , ils reviendraient arrière à l'armée. A cette condition il quitta Tannée, et avec lui Hervée du Chastel son neveu, Guillaume le vidame de Chartres, Geoffiroi de Beaumont , Jean de Frouville, Pierre son frère, et maints autres. Et les serments qu'ils firent ne furent pas bien tenus ; car ils ne revinrent pas à Tannée.
io3. Alors vint en Tarmée une nouvelle qui fut bien volontiers ouïe, c'est que la flotte de Flandre, dont il a été parlé plus haut, était arrivée à Marseille. Et Jean de Nêle, châtelain de Bruges, qui. était chef de cette armée, et Thierri qui était fils du comte Philippe de plandre, et Nicolas de Mailly, mandèrent au comte de Flandre, leur seigneur, qu'ils hivernaient à Marseille, et qu'il leur mandât sa volonté ; qu'ils feraient ce qu'il leur manderait. Et il leur manda par le conseil du doge de Venise et des autres barons qu'ils partissent à la fin de mars, et vinssent à sa rencontre au port de Moton en Romanie. Hélas ! ils agirent bien mauvaisement, car jamais ils ne leur tinrent parole; mais ils s'en allèrent en Syrie, où ils savaient qu^ils ne feraient rien d'utile.
XXII. Les croisés obtiennent rabsolution du pape pour la prise de Jadres.
104. Or, vous pouvez savoir, seigneurs, que si Dieu n'eût aimé cette armée, elle n'eût pu tenir ensemble , alors que tant de gens lui voulaient mal.
io5. Alors les barons parlèrent ensemble, et dirent qu'ils enverraient à Rome vers le pape , parce qu'il leur savait mauvais gré de la prise de Jadres ; et ils élurent pour messagers deux chevaliers et deux clercs, tels qu'ils les savaient devoir être bons à ce message.
io3. — « A omet mult, — » BCE, renoient; D, estaient ; F, estaient ânV^. — > CDE omettent ce que, etc. — « B, Muison ; ODE, Michon \ G, Mosson. — » BCDE , lefisent, — B savaient bien et euls et les autres gens. — "* A, rien nul esploit, F ometoft il savaient^ ttc.
6o CONQUÊTE DE CONSTANTINOPLE.
li uns-* Neveles li evesques de Soisons, et maistre Johans de Noion, qui ère chanceliers le conte Baudoin de Flandres ; et des chevaliers, fu li uns Johans de Friaise et Roberz de Bove. Et cil jurèrent sor sains loialment que il feroient le message en bone foi % et que il repaireroient à Post.
io6. Mult le tindrent bien li troi, et li quarz malvaisement ; et ce fil* Roberz de Bove. Car il fist le message al pis qu'il pot, et s'en parjura, et s'en ala en Surie après les autres. Et li autre troi le firent mult bien, et distrent lor message ensi con mandèrent li baron ', et distrent à Papostoile : « Li baron merci vos crient ' de la prise de a Jadres ; que il le fistrent comme cil qui mielz ne pooient faire, por « la defaute * de cels qui estoient aie aus autres porz , et que autrece ment ne pooient tenir Post • ensemble. Et sor ce mandent à vos « comme à lor bon père, que vos à lor commandoiz vostre comande- « ment • que il sont prest de faire. »
107. Et li apostoiles dist aus messages qu'il savoit biçn que, par la defaute des autres, lor couvint grant meschief à faire; si en ot grant pitié *. Et lors manda • as barons et as pèlerins salut, et qu'il les asolt • comme ses filz, et lor commandoit et prioit que il tenissent l'ost ensemble; car il savoit bien que sans celé ost ne pooit li servises Dieu estre fais. Et dona plain pooir à Nevelon Tevesque de Soisons et à maistre Johan de Noion, de lier et de desUer les pèlerins * trosqu'adonc que li cardonax vendroit en l'ost.
108. Ensi fu jà del tens passé tant * que li quaresmes fu; et atornerent lor navile por movoir à la Pasque. Quant les nés furent chargies, l'endemain de la Pasque, si se logîerent li pèlerin fors de la vile •
io5. — » B omet li uns; CDE, à cel message des clersfu envoiiés ^esîius ou eslisj, en omettant telx quHt savaient qui bon fussent, ^^ CDE omttxtnt loialment tt en bone foi.
106. — *BCDE.omettent et cefu, — *A, ensi con mandirenty etc.; C ensi que li baron desous mandoient. " *By etc., que li baron merchi li crioient. ^ *CliE, por Post. — «Aomet Tos/. — «CDE, et sour chou il mant son commandement; B, et seur ce die, etc.
LE PAPE ABSOUT LES CROISÉS. ' 6l
Des deux clercs, l'un fut Nevdon Tévêque de Soissons , et l'autre maître Jean de Noyon, qui était chancelier du comte Baudouin de Flandre; et des chevaliers, l'un fut Jean de Friaize, et l'autre Robert de Boves. Et ils jurèrent sur reliques loyalement qu'ils feraient le message de bonne foi, et qu'ils reviendraient à l'armée»
io6. Trois tinrent très-bien leur serment, et le quatrième mauvaisement ; et ce fut Robert de Boves. Car il fit le message du pis qu'il put, et se parjura, et s'en alla en Syrie après les autres. Et les trois « autres agirent très-bien, et dirent leur message ainsi que le mandèrent les barons, et ils dirent au pape : « Les barons vous crient merci pour « la prise de Jadres ; car ils firent comme gens qui mieux ne pouce valent faire, par la faute de ceux qui étaient allés aux autres ports, « et parce qu'autrement ils ne pouvaient tenir l'armée ensemble. Et « sur ce, ils vous mandent comme à leur bon père, que vous leur « fassiez votre commandement qu'ils sont prêts à suivre. »
107. Et le pape dit aux messagers qu'il savait bien que s'il leur fallut commettre ce grand méfait, ce fut par la faute des autres; et il en eut grand'pitié. Et alors il manda aux barons et aux pèlerins .qu'il leur donnait le salut, et les absolvait comme ses fils, et leur recommandait avec prière qu'ils tinssent l'armée ensemble; car il savait bien que sans cette armée le service de Dieu ne pouvait se faire. Et il donna plein pouvoir à Nevelon l'évêque de Soissons et à maître Jean de Noyon, de lier et de délier les pèlerins jusqu'à ce que le cardinal vînt à l'armée.
XXin. Départ des croisés pour Corfou. Arrivée du jeune Alexis.
Prise de Duras.
108. Tant il y eut déjà du temps passé que l'on fut en carême; et ils préparèrent leurs vaisseaux pour partir à la Pâque. Quand les nefs furent chargées, le lendemain de la Pâque (7 avril i2o3), alors
107. — «A omet grant meschief; CDE omttxtnt si en ot grant pitié; F, que par la defavXe de cent qui alerent as autres porx savait il bien quHl lor convenait grant meschief f ère ; si en ot mont grant pitié. -^^DE^ et H apostoles dist as messages et manda par ans, — * A, tf/ ^ï les asol; CDE, as barons que il les asoloit. — *B omtt les pèlerins; CDEF, les pecheours,