‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 45 sur 309 · DÉFECTIONS DANS L^ ARMÉE · texte numérisé non relu

DÉFECTIONS DANS L^ ARMÉE

gues de Saint-Paul^ et ceux qui se tenaient à eux; et ils dirent qu'ils feraient cette convention ; car ils seraient honnis sMls la refusaient. Ainsi s^en allèrent-ils à Thôtel du doge^ et les messagers furent man* dés; et ils conclurent la convention telle que vous Pavez ouïe plus haut j par serments et par chartes scellées.

99. Et sur ce, le livre vous rapporte qu'ils ne furent que douze qui firent les serments du côté des Français ; et ils n'en pouvaient avoir plus. De ceux-là fut d'abord le marquis de Montferrat, le comte Baudouin de Flandre, le comte Louis de Blois et de Chartres, et le comte de Saint-Paul, et huit autres qui se tenaient à eux. Ainsi fut faite la convention, et les chartes baillées, et le terme pris où rhérider de G>nstantinople viendrait ; et ce fut à la quinzaine de Pâques après.

XXI. De ceux qui se séparèrent pour aller en Syrie, et de la flotte

du comte de Flandre.

100. Ainsi séjourna Tannée des Français à Jadres tout cet hiver (1202 à i2o3), contre le roi de Hongrie. Et sachez que les cœurs des gens ne furent pas en paix ; car l'un des partis travailla à ce que Palmée se séparât, et Tautre à ce qu^elle se tînt ensemble.

loi. Beaucoup d^entre les menues gens se sauvèrent sur les nefe des marchands. En une nef il s^en sauva bien cinq cents; et ils se noyèrent tous et furent perdus. Une autre compagnie se sauva par terre, et pensa s'en aller par TEsclavonie ; et les paysans de la terre les assaillirent et en occirent beaucoup; et les autres s'en revinrent fuyant arrière jusqu'à l'armée. Ainsi s'en allait l'armée en diminuant fortement chaque jour. En ce temps , un haut seigneur de l'armée qui était d'Allemagne, qui avait nom Garnier de Borlande, travailla tant qu'il s'en alla en une nef de marchands, et quitta l'armée; dont il reçut grand blâme.

Page 1