LE JEUNE ALEXIS MONTRÉ AU PEUPLE
« sage que vous revenez une autre fois^ ne soyez pas si hardi que de « revenir encore. » Ainsi partit le messager; et il s'en retourna en Constantinople à Tempereur Alexis.
XXX. Les croisés montrent le jeune Alexis au peuple de Constantinople.
Ils se préparent au combat.
145. Les barons parlèrent le lendemain ensemble et dirent qu'ils montreraient Alexis, le fils de l'empereur de Constantinople, au peuple de la cité. Alors ils firent arriver toutes les galères. Le doge de Venise et le marquis de Montferrat entrèrent dans l'une, et prirent avec eux Alexis le fils de l'empereur Isaac; et dans les autres galères entrèrent les chevaliers et les barons, ceux qui volilurent.
146. Ils s'en allèrent ainsi tout près des murs de Constantinople, et montrèrent l'enfant au peuple des Grecs, et dirent : « Voici votre « seigneur naturel ; et sachez que nous ne vînmes pas pour vous faire « mal, mais nous vînmes pour vous garder et vous défendre, si vous a faites ce que vous devez. Car celui à qui vous obéissez comme à « votre seigneur, vous tient à tort et à péché, contre Dieu et contre a raison. Et vous savez bien comme il a déloyalement agi envers son « seigneur et son frère; car il lui a crevé les yeux, et enlevé son em- « pire à tort et à péché. Or voici le véritable héritier; si vous vous « tenez à lui, vous ferez ce que vous devrez; et si vous n&le faites pas, « nous vous ferons du pis que nous pourrons. » Pas un de la terre ni de la cité ne laissa voir qu'il se tînt à lui, par crainte et par peur de l'empereur Alexis. Ils s'en revinrent ainsi au camp, et allèrent chacun à sa tente.
147. Le lendemain, quand ils eurent ouï la messe, ils s'assemblèrent en parlement; et le parlement se tint à cheval, au milieu des champs. Là vous eussiez pu voir maint beau destrier et maint bon chevalier dessus. Et le conseil était pour ordonner les corps de ba-
tort et, — • Cajoutc que sage e/. — ' A, etdelpaU; CDEF, nus de la chiti. — • A, tremor, fausse lecture causée par la confusion du c et du /. — * A, son héberge; B, son heberjage; CDE, sa héberge reposer.
147. — * K^ le champ. — » Aomct bon. — » BCDE, devise^, devisé. — * A, quel; D, queles; C, quems; B omet et quels. — & B, paroles; CD, besteus^ bestens; E, bestenkes.
i ot assez d'une part et d'autre •; mais la fins del conseil fii tels : que al conte Baudoin de Flandres fu otroïe Pavangarde, porce que il (a^^^^ . Jrr''^^^^^-^ avoit mult grant plenté de bones genz et d'archiers et d'^;bale§tiei:s,^
plus que nuls qui en Tost fust.
148.. Et après fu devisé que l'autre bataille feroit Henris ses frères, et Mahius de Walaincourt * et Balduins de Belveoir, et maint autre bon chevalier de lor terre et de lor païs qui avec els estoient *.
149. La tierce bataille fist licuens Hues de Saint Pol, Pierres d'Amiens ses niés, Eustaices de Canteleu, Ansiaus de Kaeu *, et maint bon chevalier de lor terre et de lor païs.
i5o. La quarte bataille fist li cuens Loeys de Blois et de Chartain, qui mult fu granz et riche et redotée ; que il i avoit mult grant plenté de bons chevaliers et de bone gent *.
1 5 1 . La quinte bataille fist Mahius de Mommorenci, et li Champenois *. Joffrois li mareschaus de Champaigné fu en celé. Ogiers de Saint-Cheron, Manessiers de Tlsle, Miles li Braibanz, Machaires de Sainte-Menehalt, Johans Foisnons, Guis de Capes, Clarembauz ses niez, Roberz de Ronçoi * : totes ces genz fisent la quinte bataille. Sachiez que il i ot maint bon chevalier *.
i52. La siste* bataille firent les genz de Borgoigne. En celi fu Odes li Champenois de Chanlite, Guillaumes * ses frères. Guis de Pesmes, Haimmes ses frères •, Othes de la Roche, Richars de Dompierre. Odes ses frères *, Guis de Covlans, et les gens de lor terre et de lor païs.
1 53. La setime battaille fist li marchis Bonifaces de Monferrat, qui mult fu granz. Là * furent li Lombart et li Toscain et li Aleman, et totes les genz qui furent dès le mont * de Moncenis ' trosque à Lion