‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 57 sur 309 · A seul donne qui furent · texte numérisé non relu

A seul donne qui furent

143. — 1 D, crerons bien; BCEF omettent et nos vous créons bien, — > B omet or dites, etc. 143. — 1 By etc. gen^ dou monde, — > A seul donne ne à quoL — * A omet en sa terre ne* « A. s^enna il, — & C ajoute que vous n'estes, — < AB, mort et descot^t.

MESSAGE DE l'eMPEREUR ALEXIS. 8l

devant tous les barons; et il y avait dans les lettres des paroles de bien des manières que le livre ne raconte pas; et après ces autres paroles qui y étaient^ il y en avait aussi de créance, pour que l'on crût celui qui les avait apportées, qui avait nom Nicolas Roux.

142. « Beau sire, font-ils, nous avons vu vos lettres, et elles nous « disent que nous vous croyions ; et nous vous croyons bien. Or dites « ce qu'il vous plaira. »

143. Et le messager était devant les barons debout, et il parla: « Seigneurs, fait-il, l'empereur Alexis vous mande qu'il sait bien que « vous êtes les meilleures gens qui soient sans couronne, et du meil- « leur pays qui soit. Et il s'émerveille beaucoup pourquoi et à propos « de quoi vous êtes venus en sa terre et en son royaume ; car vous « êtes chrétiens, et il est chrétien ; et il sait bien que vous êtes en mar- « che pour délivrer la sainte Terre d'outre-mer, et la sainte Croix et « le Sépulcre. Si vous êtes pauvres et disetteux, il vous donnera vo- « lontiers de ses vivres et de son avoir, pourvu que vous vidiez sa « terre. Il ne voudrait autrement vous faire mal, et pourtant il en a « le pouvoir ; car si vous étiez vingt fois autant de gens, vous ne pour- « riez vous en aller (s'il voulait vous faire mal) que vous ne fussiez « tout déconfits, d

144. Par l'accord et par le conseil des autres barons et du doge de Venise, se leva Conon de Béthune, qui était bon chevalier et sage, et bien éloquent; et il répondit au messager : « Beau sire, vous nous « avez dit que votre seigneur s'émerveille beaucoup pourquoi nos sei- « gneurs et nos barons sont entrés en son royaume et en sa terre. En « sa terre ils ne sont pas entrés, car il la tient à tort et à péché, contre « Dieu et contre raison; elle est à son neveu qui siège ici parmi nous « sur un trône, qui est fils de son frère l'empereur Isaac. Mais s'il

« voulait venir à la merci de son neveu, et lui rendait la couronne et * « l'empire, nous le prierions qu'il lui pardonnât, et lui donnât assez « pour qu'il pût vivre richement. Et si ce n'est pas pour un tel mes-

144* — • B, tf quetu de Bretaigne. — » A omet estoiL — » BF, bien parlait^. — * AB omettent ne en sa lerre, — » A, /e tint. — « CDEF, donnast sa pais, — ' B, cest mesage raporter à nous ne revenez ci; Q mesage i vene\\ F termine ainsi la phrase : et garde\ que pour ce messaje ne re- 9enex P^^t ^ ce n^est pour otroier que vous a¥e\ àt.

« soiez • si hardiz que vos plus i revegniez. » Ensi se parti 11 messages-; et s^enrala arière en Constantinoble àPempereor Alexi.

145. Li baron parlèrent ensemble Pendemain et distrent* qu'il mostreroient Alexi, le fil Tempereor de Costantinoble, al pueple de la cité. Et dont firent ariver * les galies totes. Li dux de Venise et li marchas de Monferat entrèrent en une ', et mistrent avec alx Alexi, le fil Tempereor Sursac; et es autres galies entrèrent li chevalier et 11 baron qui volt *.

146. Ensi s'en alerent rez à rès des murs de Costantinople, et mostrerent al pueple des Grés le valet, et distrent : « Véez ici vostre sel- «c gnor naturel; et sachiez nos ne venimes mie * por vos mal faire, alnz « venimes por vos garder et por vos deffendre, se vos faites ce que vos « devez. Car cil cui vos obéissiez cum à seignor *, vos tient à tort et à tt pechié, contre Dieu • et contre raison. Et bien savez con il a des- « loiaument ovré vers son seignor et vers son frère ; que il * li a les els a traiz, et tolu son empire à tort et • à pechié. Et véez ci le droit oir; « se vos vos tenez à lui, vos feroiz " ce que vos devroiz ; et se vos nel <c faites, nos vos ferons le pis que nos porrons. » Onques nus de la terre ne de la cité ' ne fist semblant que il se tenist à lui, por la cremor • et por la dotance de Tempereor Alexi. Ensi s'en revindrent en Tost ariere, et alerent chascuns à sa héberge *.

147. L'endemain, quant il orent la messe oïe, s'asemblerent à parlement; et fu li parlemenz à cheval en mi les champs*. Là peussiez veoir maint bel destrer et maint bon * chevalier desus. Et fu li conseils des batailles deviser ', quantes et quels * il en auroient. Bestance •

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