‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 64 sur 309 · POSITIONS DES CROISÉS · texte numérisé non relu

POSITIONS DES CROISÉS

Pun après Tautre^ ainsi qu^ils avaient été ordonnés. Et ils vont devant la ville; et nul de la cité ne sortit contre eux. Et ce fut une bien grande merveille; car pour un quUls étaient en Tannée, ils étaient deux cents dans la ville.

164. Alors le conseil des barons fut qu^ils se logeraient entre le palais de Blaqueme et le château de Boémond, qui était une abbaye close de murs. Et alors furent tendus les tentes et les pavillons; et ce fut bien tme fière chose à regarder : car de Constantinople, qui tenait trois lieues de front par devers la terre, toute l'armée ne put assiéger que Tune des portes. Et les Vénitiens étaient sur la mer, dans les nefs et dans les vaisseaux; et ils dressèrent les échelles, et les mangoneaux et les pierriers, et disposèrent Tassaut très-bien. Et les barons préparèrent aussi le leur par-devers la terre, avec des pierriers et des mangoneaux.

i65. Et sachez qu'ils n'étaient pas en paix; car il n'était heure de nuit ni de jour qu'un des corps de bataille ne fût armé par-devant la porte pour veiller aux engins et aux sorties. Et malgré tout cela les Grecs ne laissaient pas que d'en faire assez par cette porte et par d'autres, en sorte qu'ils les tenaient de si court, que six ou sept fois par jour il fallait s'armer dans tout le camp; et on n'avait pas le pouvoir d'aller chercher des vivres à quatre portées d'arbalète loin du camp. Et ils avaient bien peu de vivres, sinon de la farine et de la salaison ; et de cela ils avaient un peu, mais de chair fraîche rien, s'ils n'en avaient des chevaux qu'on leur tuait. Et sachez qu'ils n'avaient pas communément de vivres dans toute l'armée pour trois semaines. Et ils étaient bien périlleusement ; car jamais par si peu de gens ne furent assiégés tant de gens en nulle ville.

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