‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 71 sur 309 · ISAAC RÉTABLI SUR LE TRÔNE. I · texte numérisé non relu

ISAAC RÉTABLI SUR LE TRÔNE. I

XXXVIII. Alexis abandonne G)nstantinople ; son frère Isaac est rétabli sur le trône ; les croisés lui envoient un message.

182. Or écoutez les miracles de Notre-Seigneur, comme ils sont beaux partout là où il lui plaît! Cette nuit même^ Tempereur Alexis de Constantinople prit de son trésor ce qu'il en put emporter, et emmena avec lui de ses gens ceux qui s'en voulurent aller; et il s'enfuit, et laissa la cité. Et ceux de la cité demeurèrent bien ébahis; et ils allèrent à la prison où était l'empereur Isaac, qui avait les yeux arrachés. Ils le vêtirent impérialement; et le portèrent au haut palais de Blaqueme, et l'assirent sur le haut trône, et lui firent obéissance comme à leur seigneur. Alors ils prirent des messagers par le conseil de Tempereur Isaac, et les envoyèrent au camp ; et mandèrent au fils de Tempereur et aux barons que l'empereur Alexis s'était enftii;^ et qu'ils avaient rétabli conmie empereur l'empereur Isaac.

1 83. Quand l'enfant le sut, il manda le marquis Boniface de Montferrat, et le marquis manda les barons par tout le camp. Et quand ils furent assemblés au pavillon du fils de l'empereur Isaac, alors il leur conte cette nouvelle; et quand ils l'ouïrent, de la joie qu'ils eurent il ne faut point parler; car jamais plus grande joie ne fut au monde. Et Notre-Seigneur fut bien pieusement loué par eux tous de ce que en si peu de temps il les avait secourus, et de si bas qu'ils étaient les avait mis si haut. Et pour cela peut-on bien dire : « Celui que Dieu veut « aider, nul homme ne lui peut nuire. »

1 84. Alors il commença à faire jour, et le camp commença à s'armer ; et ils s'armèrent tous dans le camp, parce qu'ils ne croyaient pas beaucoup les Grecs. Et les messagers commencent à sortir deux ou trois ensemble, et ils racontent les mêmes nouvelles. Le conseil des barons et des comtes fut tel, et celui du doge aussi, qu'ils enverraient

18I. — I A, f/ dirent; B, il cirent ce» — » A seul omet qu^U orent, — * CDE ajoutent réclamés et. — ^Atle secouru^; CDE, petit cTeure les avait secourus ; B omet de ce que, etc. jusqu'à al desore, — * CDE, et mis au deseure (ou si au desus mis) de chou k'il estaient al desous, — < A wuUs; F, mauves.

184. — 1 A, a aisir. I, II.; BDE, tin et dat; Q dai ensanle ou troi; F, dui et dui, et III. et III. — * A, ewKtitreut.

lo6 CONQUÊTE DE CONSTANTINOPLE.

res i estoit; et se ce estoit voirs que on lor a voit dit, que on requerroit ' le père que 11 asseurast altelx convenances con 11 filz avoit faites, ou il ne lairoient mie entrer le fil en la vile *. Eslit furent 11 message : si en fu 11 uns Mahius de Monmorenci, et GefBrois 11 mareschaus de Champaigne fu li autres, et dui Vénitien de par le duc de Venise.

i85. Ensi furent 11 message conduit trosqu^à la porte, et on lor ovri la porte *, et descendirent à pie. Et 11 Grifôn orent mis d'Englois et de Danois ' à totes les haches à la porte, très ci que al palais de Blaqueme. Einsint les amenèrent dès ci au haut palais '; là troverent l'empereor Sursac (si richement Vestu que por noient demandast-on home plus richement vestu) *, et Tempereriz sa famé dejoste lui ", qui ère mult bêle dame, suer le roi de Ongrie. Des autres hauz homes et des haltes dames i avoit tant que on n'i pooit son pie tomer, si riche* ment acesmées * que eles ne pooient plus. Et tuit cil qui avoient esté le jor' devant contre lui, estoient cel jor tôt à sa volenté.

1 86. Li message vindrent devant l'empereor Sursac ; Temperere et tuit li autre les honorèrent mult. Et distrent li message que il voloient parler à lui privéement de par son fil et de par les barons de Post. Et il se dreça, si s'en entra en une chambre, et n'enmenaavec lui que Pempereris, et son chancelier % et son druguemant, et les quatre messages. Par Pacort as autres messages, mostra' Joffirois de Ville Hardoin 11 mareschaus de Champaigne la parole, et dist ' à l'empereor Sursac:

187. <c Sire, tu vois le servise que nos avons fait à ton fil, et con (c bien nos li avons sa convenance tenue. Ne il ne puet çaiens entrer « trosque adonc qu'il ara fait nostre créant desconvenz qu'il nos ha ^;

184. ~ * A, requcroit; CDË, et tuandefent à Pempereour Sursac; F, il poloient qu^on requesist. — * F ajoute que vos diroieje?

i85. — » CDEF omettent la portée — « D ajoute grant plenté, ^ » A omet einsint, etc. — * B, etc. omettent que por, elCé — * A seul donne dejoste lui, — < B» etc. atoméesf F omet si

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