ALEXIS SE RETIRE SAN$ ATTAQUER. I
n^avaient plus de cheval. Et ils s« tinrent ainsi cois devant leurs palis* sades ; et ce fut avec bien grand sens ; car sUls fussent allés en plaine les attaquer^ les autres avaient si grande quantité de gens, que nous tous eussions été noyés parmi eux.
179. Il semblaft que toute la plaine fût couverte de troupes; et ils venaient au petit pas^ tous en ordre. Cela semblait bien chose périlleuse ; car les nôtres n^avaient que six corps de bataille^ et les Grecs en avaient bien quarante ; et il n^y en avait pas qui ne fût plus grand qu^un des nôtres. Mais les nôtres étaient ordonnés en telle manière qu'on ne pouvait venir à eux, sinon par devant. Et l'empereur Alexis chevaucha tant qu'il fut assez près pour qu'on tirât les uns sur les autres. Et quand le doge de Venise ouït cela, il fit retirer ses gens et quitter les tours qu'ils avaient conquises, et dit qu'il voulait vivre ou mourir avec les pèlerins. Il s'en vint ainsi devers le camp, et descendit lui-même tout le premier à terre, avec ce qu'il put amener de ses gens dehors.
180. Ainsi furent pendant longtemps les troupes des pèlerins et des Grecs vis-à-vis; car les Grecs n'osèrent pas venir se jeter sur leurs lignes, et ceux-ci ne voulurent pas s'éloigner de leurs palissades. Et quand l'empereur Alexis vit cela, il commença à retirer ses gens ; et quand il eut rallié ses gens, il s'en retourna en arrière. Et quand l'armée des pèlerins vit cela, elle commença à chevaucher au petit pas vers lui ; et les troupes des Grecs commencent à se mettre en route ; et elles se retirèrent en arrière à un palais qui était appelé Philopas.
181. Et sachez que jamais Dieu ne tira nulles gens de plus grand péril qu'il fit ceux de l'armée ce jour-là ; et sachez que nul ne fut si hardi qui n'en eût grande joie. Ainsi demeura la bataille en ce jour; car il ne se fit rien de plus, ainsi qu'il plut à Dieu. L'empereur Alexis s'en retourna en la ville, et ceux de l'armée allèf ent à leurs tentes : ils se désarmèrent, car ils étaient bien las et fatigués; et ils mangèrent peu et burent peu, car ils avaient peu de vivres.
néeiment ou ordenées. — » CDEF, et commencha arrier à aler; B omet ces mot». — < A, Àrphelipos; BF, li Pheiippos; CD, li Philippos; E, U Phelippes; G, le Phelippot,
181. — « CDE, et si vous di bien kHl tCi ot si hardi; B, ne n'avoit home en tonte Vost, — > A seul donne celjor; F, à eelefoi\, — > A seul donne si con, etc. — * A, ^en rentra; B, iVn rtftoma ariere; CDE, fen râla; F, i'm ala arriéres, — » A, qui; CD, car il.
182. Or oiez les miracles Nostre Seignor, com èles sont bêles* tôt partot là où li plaist! Celé nuit domaignement ', l'emperieres Alexis de Costantinoble ' prist de son trésor ce qu'il en pot porter, et mena de ses gens avec lui * qui aler s'en voldrent; si s'enfui et laissa la cité. Et cil de la vile remestrent mult esbahi ; et traistrent à la prison où Temperiere Sprsac estoit, qui avoit les îalz traiz. Si le vestent emperialment '; si l'emportèrent el hait palais de Blacqueme, et Tasistrent en la halte chaiere, et li obéirent come lor seignor. Et dont pristrent messages par le conseil l'empereor Sursac •, et envolèrent à l'ost; et mandèrent le fil l'empereor Sursac et les barons ^ que l'empereres Alexis s'en ère fuiz, et si avoient relevé à empereor l'empereor Sursac.
1 83. Quant li valez le sot, si manda le marchis Boniface de Monferat, et li marchis manda les barons par l'ost. Et quant il furent assamblé al paveillon le fil l'empereor Sursac, si lor conte ceste novele; et quant il Toirent *, de la joie qu'il orent * ne convient mie à parler; que onques plus granz joie ne fu faite el monde. Et mult fu Nostre Sire • loez pitousement par as toz de ce que en si petit de terme les ot secoruz *, et de si bas con il estoient les ot mis al desore *. Et por ce puet-on bien dire : « Qui Diex vielt aidier, nuls • hom ne li puet « nuire. »
184. Lors comença à ajomer, et Touz se comenqa à armer; si s^armerent tuit par l'ost, porce que il ne créoient mie bien les Grex. Et messaige comencent à issir dui ou troi * ensemble, et content ces no-vêles meismes. Li consels as barons et as contes fu tels, et cil al duc de Venise, que il envoieroient * messaiges laienz savoir coment li afai-
182. — ' B, grani; C, quelles les miracles Nostre Seigneur sont grandes; DE, comsne les miracles Nostre Seigneur sont gran\, — » B, meismes; F, proprement; CDE omettent domoàgmement. On trouve plus loin demainement {222) et domaines (228). — ^ CDEF, ki ConstantinoMe tenoit, — * CDE ajoutent cou kHl en pot mener, — ^B^si le vestirent et apareilUerent, en ometunt emperialementf dont le copiste aura fait apareillierent. — • A seul donne par le conseil, etc. — ' D, en Vost as barons et aufill Vempereour dire.