‹ Conquête de ConstantinopleChapitre 115 sur 326 · BAUDOUIN MARCHE CONTRE BONIFACE · texte numérisé non relu

BAUDOUIN MARCHE CONTRE BONIFACE

son de ses gens, et y laissa pour chef Renier de Mons, qui était bien preux et vaillant. Et les nouvelles lui étaient venues que le marquis avait pris le Dimot, et qu'il était dedans, et qu'il avait conquis une grande partie de la terre d'alentour, et assiégé ses gens dans Andrinople. L'empereur Baudouin fut fort irrité quand la nouvelle lui fut venue et se promit bien qu'il irait faire lever le siège d'Andrinople, et ferait tout le mal qu'il pourrait au marquis. Ah, Dieu ! quel dommage devait causer cette discorde-, car, si Dieu n'y eût mis ordre, la chrétienté eût été détruite.

290. Ainsi s'en revint l'empereur Baudouin dans ses journées. Et il leur était advenu devant Salonique une bien grande mésaventure; car beaucoup de ses gens étaient tombés malades. Il en restait assez dans les châteaux où l'empereur passait, qui ne pouvaient plus venir; et on en apportait assez en litières qui venaient en grand malaise; et il y en eut beaucoup de morts à la Serre. Alors mourut à la Serre maître Jean de Noyon, qui était chancelier de l'empereur Baudouin; et il était bien bon clerc et bien sage, et avait bien réconforté l'armée par la parole de Dieu, qu'il savait très bien dire. Et sachez que les prud'hommes de l'armée en furent bien déconfortés.

291. Il ne tarda guère après qu'il leur advint une bien grande mésaventure; car Pierre d'Amiens, qui était un riche et haut homme, et bon chevalier et preux, mourut; et ce fut un grand deuil pour le comte Hugues de Saint-Paul, dont il était cousin germain; et cela pesa fort à tous ceux de l'armée. Ensuite mourut alors Girard de Mancicourt, qui était un chevalier bien prisé; et Gilles d'Aunoi, et beaucoup de bonnes gens. En cette voie demeurèrent quarante chevaliers, dont l'armée fut bien affaiblie.

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