BONIFACE REÇU DANS SON ROYAUME
saisi; et celui-ci lui garantit qu'il le garderait en sa main jusqu'à ce qu'il sût par un messager sûr ou par lettres patentes, que le marquis était saisi de Salonique ; et alors il rendrait le Dimot à l'empereur ou à son mandataire. La paix de l'empereur et du marquis fut faite ainsi que vous l'avez ouï. Et on en eut une bien grande joie dans l'armée; car c'était chose d'où grand dommage pouvait advenir.
LXVII. Le royaume de Salonique est rendu à Boniface; partage des terres
entre les croisés.
3oo. Le marquis prit alors congé, et s'en alla vers Salonique avec ses gens et avec sa femme; et avec lui chevauchèrent les messagers de l'empereur; et à mesure qu'il venait de château en château, ils lui étaient rendus de par l'empereur, et toute la seigneurie aussi. Et il vint à Salonique; et ceux qui la gardaient la rendirent de par l'empereur. Et le chef que l'empereur y avait laissé, qui s'appelait Renier de Mons, était mort; il était bien prud'homme, et ce fut grand dommage que sa mort.
Soi. Alors la terre et le pays commencèrent à se rendre au marquis, et en grande partie à venir à son commandement, excepté un Grec, grand personnage, qui était appelé Léosgur. Et celui-là ne voulut pas venir à son commandement; car il était saisi de Corinthe et de Naples, deux cités qui sont sur la mer, des plus fortes sous le ciel. Et il ne voulut pas venir à la merci du marquis; mais il commença à lui faire la guerre, et une grande partie des Grecs se tinrent à lui. Il y avait encore un autre Grec qui était appelé Michalis, et était venu de Constantinople avec le marquis, qui croyait être très bien venu de lui; mais il le quitta sans qu'il en sût mot, et s'en alla à une cité qu'on appelait l'Arthe; et prit la fille d'un riche Grec qui tenait la terre de par l'empereur, et se saisit de la terre, et commença à faire la guerre au marquis.
3oi. — 1 A, si.— - A. Lasgar; B. Largur ; CDE. Lasgur; F, Lascre. Dans d'autres passages, on trouve Largus. H Argus, H Argurs. Largut, Sergus; le ve'ritable nom est Léon Sgure. — s Napoli de Romanie. — -4AB omettent Jes Grieux. — s BCEF. l'Arche; D, l'Arthe. Ce nom est resté en blanc dans A et G.
180 CONQUKTE DE CONSTANTINOPLE.
302. Et la terre de Costantinohle trosque Salonique ère1 en si bone pais-, que li chemin erent" si seur que il i pooient bien aler qui aler i voloient;i; et si avoit d'une cité à autre bien doze jornées granz. Et fu jà tant del tens passé, que il ère à l'issue de septembre. Et l'empereres Baudoins fu en Constantinoble, et la terre fuenpaizetà sa volenté. Lors furent dui mult bon chevalier mort en Constantinoble, Eustaices de Canteleu et Hainmeris de Vileroy, dont granz domages fu à lor amis.
303. Lors comença l'en les terres à départir; li Venisien orent la lor part, et l'oz des pèlerins l'autre. Et quant chascuns sot assener ' à sa terre, la convoitise del monde, qui tant aura mal fait-, nés laissa estre en paix ; ainz comença chascuns à faire mal en sa terre, li uns plus et li autre mains; et li Grieu les comencierent à haïr et à porter malvais cuer.
304. Lors dona l'emperere Baudoins au conte Loeys la duchée de Nique, qui ère une des plus haltes honors ' de la terre de Rofnenie, et séoit d'autre part del Braiz, devers la Turquie. Ettote la terre- d'autre part del Braz n'ere mie venue à la merci l'empereor, ainz ère contre lui. Lors après dona la duchée de Finepople à Renier de Trit.
305. Et lors envoia li cuens Loeys de ses homes por sa terre conquerre, bien six vins chevaliers; de cels si fu chevetaines Pierres de Braiecuel et Paiens d'Orliens. Et cil s'en partirent à la feste Toz sainz de Costantinoble, et passèrent le Braz Saint-George à navie; et vindrent à l'Espigal, une cité qui sor mer siet, et ère poplée de Latins. Et lors comencierent la guerre contre1 les Grex.
3o6. Encel termine, si avint que l'empereres Morchuflés, qui avoit les oels traiz (cil qui avoit murtri son seignor l'empereor Alexi, le fil
02.— 1 CRE, ki iert; F, gui estoit. — 2 A, li chemins ère. — 3 CDEF ajoutent et seurement.
1 \. assever. -!D. t.mt mal a/ait.