FINEPOPLE RUINÉ PAR JOHANNIS
de gens; et ils pensèrent que jamais les Francs n'auraient la force. Une grande partie des gens, qui étaient Popelicans, s'en allèrent à Johannis et se rendirent à lui, et lui dirent : « Sire, chevauche devant « Finepople ou envoie ton armée; nous te rendrons toute la ville. »
400. Quand Renier de Trit qui était en la ville le sut, il craignit qu'ils ne le livrassent à Johannis. Il sortit donc avec autant de gens qu'il en avait, et partit au point du jour, et vint par un des faubourgs de la ville où demeuraient les Popelicans, qui s'étaient rendus à Johannis; et il mit le feu au faubourg, et en brûla une grande partie. Et il s'en alla au château d'Estanemac, qui était à trois lieues de là et était garni de ses gens, et il entra dedans (juin 1 2o5). Et depuis il y fut longtemps enfermé, bien treize mois, en grand mésaise et en grande pauvreté; et il mangea ses chevaux par détresse. Et il était à neuf journées ioin de Constantinople, en sorte qu'ils ne pouvaient ouïr nouvelles les uns des autres.
401 . Johannis envoya alors son armée devant Finepople; et il n'y resta pas longtemps quand ceux de la ville se rendirent à lui, et il leur garantit la vie. Et quand il leur eut garanti la vie, il fit occire tout d'abord l'archevêque de la ville, et fit écorcher tout vifs les hauts hommes, et tels autres brûler et à tels autres couper la tête; et tout le reste il le fit emmener enchaîné. Et il fit ruiner toute la ville et les tours et les murs, et brûler et ruiner les hauts palais et les riches maisons. Ainsi fut détruite la noble cité de Finepople, qui était une des trois meilleures de l'empire de Constantinople.
X C 1 1 1. Le régent garnit ses places.
402. Nous n'en dirons pas plus maintenant de Finepople et de Renier de Trit, qui est enfermé au château d'Estanemac; et nous reviendrons à Henri le frère de l'empereur Baudouin, qui a séjourné à Pamphile jusqu'à l'entrée de l'hiver. Et alors il prit conseil à ses
401. — 1 A omet et tels i ot ardoir ; CDE omettent eseorcliier to-{ vi\. et tels i ot. — - C. en kaitivison. — 3 A omet de l'empire.
.402. — 1 B. si dirons de, ce qui fausse le sens. — - A. en chastel, probablement au lieu de eu chastel.
fu telx, que il garnirait une cité que on apele la Rousse, qui ère en un mult plentereus leu3, enmi la terre4. Et de celé garnison fu chevetaines Tierris de Los qui ère seneschaus, et Tyeris de Tendremonde qui ère conestables. Et lor charja bien Henris li bals de l'empire sept vins chevaliers, et grant part de serjanz à cheval; et comanda que il tenissent la guerre contre les Grex et maintenissent5 la marche.
403. Et il s'en a la al remanant de sa gent1 trosque à la cité de Visoi, et la garni; et mist chevetaine Anselde Kaeu, et li charja bien six vins chevaliers, et de serjanz à cheval grant partie. Et une autre cité, qui Archadiople'2 ert apelée, garnirent li Venicien. Et la cité de Naples ot rendue li frères l'empereor Baudoin al Vernas, qui avoit la seror al roi de France à famé''', et ère uns Grieus qui se tenoit à als; et nuls des Grieus ne se tenoit à als que cil4. Et cil de ces citez tindrent'' la guerre contre les Griex, et si firent mainte chevauchie; et on en fist mainte envers als. Henris se traist en Costantinoble al remainant de sa gent.
404. Et Johannis li rois de Blaquie et de Bougrie ne s'oblia1 mie, qui mult fu riches et poestéis d'avoir; ainz' porchaça grant gent de Commains et de Blas. Et quant vint à trois semaines après Noël, si les envoia en la terre de Romenie, por aidier cels d'Andrenople et cels del Dimot; et quant cil furent plus creu, si s'esbaudirent11 et chevauchierent plus seurement.
405. Tierris de Tendremonde, quichevetaines ère1 et conestables, fist une chevauchie al quart jor devant la feste sainte Marie Chandelor; et chevaucha tote nuit bien à six vins chevaliers, et la Rousse laissa garnie à pou de gent. Et quant vint à Tenjornée, si vint à un casai où Commain et Blac estoient herbergié; et les2 sopristrent, si
402. — 3 A omet leu ; C, pais. — '• C, et en très tonne terre. — 5 ADE omettent le verbe ; F omet en outre la marche; C. el gardaisent la marche et la frontière.
403. — 1 A omet de sa gent. — - C, etc.. Cardiople. — :l Théodore Branas ou le Vernas avait épousé Agnès, sœur de Philippe-Auguste. — -'• CDE omettent et nuls. etc. — '< A. se tindrent