DELIVRANCE DE RENIER DE TRIT
semble en cette troupe; et ils pensaient que les autres n'oseraient pas rester dans le pays au milieu de leurs ennemis.
Cl. Renier de Trit secouru et délivré.
435. Alors tinrent conseil Henri le régent de l'empire, et les barons qui étaient avec lui; et leur conseil fut tel qu'ils chevaucheraient en avant. Ils chevauchèrent pendant deux jours, et logèrent en une très belle vallée, près d'un château qu'on appelle Moniac. Et ce château leur fut rendu, et ils y séjournèrent pendant cinq jours, et dirent qu'ils iraient secourir Renier de Trit, qui était assiégé dans l'Estanemac, et avait bien été enfermé treize mois dedans. Henri le régent de l'empire resta ainsi au camp, et une grande partie de ses gens; le reste alla secourir Renier de Trit à l'Estanemac.
436. Et sachez qu'ils y allèrent bien périlleusement ceux qui y allèrent, car on a peu vu de si périlleuse délivrance; et ils chevauchèrent trois jours à travers la terre de leurs ennemis. En cette délivrance alla Conon de Béthune, et Geolïroi de Ville-Hardouin le maréchal de Romanie et de Champagne, et Macaire de Sainte-Menehould, et Milon le Brebant, et Pierre de Bracieux, et Payen d'Orléans, et Anseau de Cayeux, et Thierri de Loos, et Guillaume du Perchoi, et un corps de Vénitiens dont André Valère était chef. Et ils chevauchèrent ainsi jusqu'au château d'Estanemac, et approchèrent tant qu'ils virent l'Estanemac (juillet 1206).
437. Renier de Trit était aux palissades des murs, et il aperçut l'avant-garde que faisait Geoffroi le maréchal, et les autres corps qui venaient après bien en ordre; et alors il ne sut quelles gens c'étaient. Et ce ne fut pas merveille s'il douta, car il y avait grand temps qu'il n'avait ouï de leurs nouvelles; et il pensa que ce pouvaient être les Grecs qui les venaient assiéger.
438. Geoffroi le maréchal de Romanie et de Champagne prit des
il lor faloit passer le plus ; DE omettent trois jors; G. il alerent 111 jours. — * A. rescolse.— s CD ajoutent qui a non. — « CDE, lecastiel, au lieu de l'Estanemac; D ajoute Reniers de Trit estait; F, einsint ehevaucliierent jusjues à l'Kstameniac où Renier Je Crit estait.
437. —i A omet ère. — - BCE, batailles; D. bretesches; F. .7 islre; G, sur les murs. — y C ajoute passé.
Turcoples et arbalestiers à cheval ' , si les envoia avant por savoir le convine del chastel; que il ne savoient se il estoient mort ou vif, que grant tens avoit que il n'en avoient oï noveles. Et quant cil vindrent devant le chastel, R-eniers de Trit et sa mesnie - les conurent : bien le poez'1 savoir que il orent grant joie. Lors s'en issirent et alerent contre lor amis, si firent grant joie'1 li un as autres \
439. Et lors se herbergierent li baron en une mult bone vile qui estoit al pié del chastel, et qui tenoit adès assiégé le chastel. Lors distrent li baron1 que il avoient maintes foiz oï dire que l'empereres Baudoins ère morz en la prison Johannis'2, mais il nel créoient mie; et Reniers de Trit dist que por voir ère morz3, et il le crurent'1. Mult i ot de cels qui en furent dolent; se il le peussent amender!
440. Et ensi jurent la nuit1 en la vile; et al maitin s'en partirent, et guerpirent l'Estanemac. Et chevauchierent par deus jorz; et al tierz jor vindrent à l'ost où Henris, li frères l'empereor, les atendoit sozle chastel de Moniac, qui siet sor le flum d'Arte, où il estoit herbergiez3. Mult fu granz joie à4 cels de l'ost de Renier de Trit qui ère rescous de prison, et à5 bien fu atorné à cels qui l'en amenèrent; car il i alerent mult perilleusement".
14 1 . Lors pristrent conseil li baron que il iroient en Costantinoble, et que il coroneroient Henri le frère l'empereor Baudoin; et laissierent ou païs1 le Yernas à toz les Grez de la terre, et atot quarante chevaliers que Henris li bals de l'empire li lassa. Et ensi s'en ala
[.38. — ' CDEF omettent à cheval. — - CDE, ses gens. — :1 B. connurent bien et bieitpoe^. — '• C omet lors s'en issirent. etc. — S A. li uns à l'autre.
. — 1 C, làfu demandé et recordé. — - A seul donne Johannis. — ;1 Baudouin était mort en effet, mais on en douta longtemps. — s F. et bien en fussent certein, et il le crurent adonc.
1 |o. — 1 A omet la nuit. — 1 A. sot; F, p.ir II! jors, et .111 quart jor vindrent en l'ost où li