‹ Conquête de ConstantinopleChapitre 169 sur 326 · NOUVEAUX RAVAGES DE JOHANNIS · texte numérisé non relu

NOUVEAUX RAVAGES DE JOHANNIS

s'en alla Henri le régent de l'empire, et les autres barons, en Constantinople; et ils chevauchèrent dans leurs journées tant qu'ils vinrent en Constantinople, où ils furent volontiers vus. Alors ils couronnèrent empereur Henri, le frère de l'empereur Baudouin, le dimanche (20 août) après la fête de Notre-Dame d'août, avec grande joie et grand honneur, en l'église Sainte-Sophie; et ce fut en l'an de l'incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ mil deux cent et six.

442 . Et comme l'empereur venait d'être couronné en Constantinople, ainsi que vous avez ouï, et que le Vernas était resté en la terre d'Andrinople et du Dimot, Johannis roi de Blaquie et de Bogrie, quand il le sut, amassa tout ce qu'il put de gens. Et le Vernas n'avait pas relevé au Dimot ce que Johannis en avait abattu avec ses pierriers et ses mangoneaux, et il l'avait pauvrement garni. Et Johannis chevaucha vers le Dimot, et le prit et l'abattit, et ruina les murs jusqu'à terre; et il court par tout le pays, et prend hommes et femmes, et enfants et bestiaux -, et il fit grande destruction. Alors ceux d'Andrinople mandèrent à l'empereur Henri qu'il les secourût-, car le Dimot était perdu en telle manière.

443 . Alors l'empereur Henri appela tout ce qu'il put avoir de gens, et sortit de Constantinople, et chevaucha vers Andrinople dans ses journées, avec ses troupes en bon ordre. Et Johannis le roi de Blaquie, qui était en la terre, quand il ouït qu'il venait, se retira en arrière vers son pays. Et l'empereur Henri chevaucha tant qu'il vint à Andrinople, et se logea dehors dans la prairie.

444. Et alors vinrent les Grecs du pays, et ils lui dirent que Johannis, le roi de Blaquie, emmenait les hommes et les femmes et les bestiaux, et qu'il avait détruit le Dimot et tout le pays d'alentour, et' qu'il était encore à une journée de là. Et le conseil de l'empereur fut tel qu'il irait le combattre, s'il l'attendait, pour secourir les captifs et les captives qu'il emmenait. Et il chevaucha après lui (et l'autre s'en

+43. — 1 F. et quant li mes liot conté, il chevaucha, en omettant lors semoust, etc.— -A omet à toutes, etc. — 3 CDE ajoutent ^Mr ses jornées.

444. — • CDE omettent et les proies ; B, les famés et les en/an; et les autres proies. — - A , ichi; BF. prèscCiieCi C. près de ci ; E. priés d'enki. — 3 A, scroit. — 4 CD, rescoure.

et ensi le sui-' par quatre jorz. Lors vint à une cité que on apeloit Veroi6.

445. Cum cil de la cité virent l'ost de l'empereor Henri venir, si s'enfuirent es montagnes1 et guerpirent la cité. Et Fempereres vint à tote s'ost, et se loja devant la vile, et la trova garnie de blez et de viandes et d'autres biens. Ensi sejorna iqui par deus jours , et fist ses genz corre par le païs entor ; et gaaingnierent assez proies de - bues et de vaches et de burîes, et autres bestes à3 mult grant plenté. Lors se parti de celé cité à toz ses gaaiens; et chevaucha à une altre cité, loing d'iqui à une jornée, que on apele Blisme'1. Et ensi cum li autre Gré avoient laissie l'autre cité, ravoient cil laissie "J cesti ; et il la trova garnie de toz biens, et se herberja devant.

cm.

446. Lors lor vint une novele que, à une valée à trois lieues de Fost, estoient li chaitif et les chaitives queJohannis enmenoit, atotlor proies et à toz lor chars '. Lorsatornal'empereres Henris que liGrieu d'Andrenople et cil del Dimot les iroient querre, et leur chargeroitdeus batailles de chevaliers. Ensi cum il fu devisé, si fu fait à Fendemain 3. De Funebataile fu chevetaines Eustaices, li frères Fempereor Henri de Costantinoble, et de l'autre Machaires de Sainte Manehalt.

447. Etchevauchierent, entr'aus et les Grieus, trosqueen la valée que on lor ot enseignie; et troverent la gent ensi cum Fen lor ot dit. Et la gens Johannis assembla à la gent Fempereor Henri ; si i ot navrez etmorz homes1 et chevaus de l'une part et de l'autre; mais par la vertu- de Dieu, orent li Franc la force; et tornerent' les chaitis'1, et enmenerent devant als arierre.

448. Et sachiez que celé rescouse ne fu mie petite; que bien i ot

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