I. ASCARIS LÈVE LE SIÈGE D EQUISE. jX
Saint-Georges, et était venu en Equise, où Pierre de Bracieux était et Payen d'Orléans, et l'assiégeait par mer, et Théodore Lascaris par terre. Et les gens de la terre d'Equise étaient révoltés contre Pierre de Bracieux, et ceux de Marmora aussi, qui étaient à lui ; et ils lui avaient fait grand dommage, et tué de ses hommes assez.
477. Et quand cette nouvelle vint en Constantinople, ils furent bien effrayés. Alors l'empereur Henri tint conseil avec ses hommes et ses barons et les Vénitiens ensemble; et ils dirent que s'ils ne secouraient Pierre de Bracieux et Payen d'Orléans, qu'ils étaient morts et qu'ils avaient perdu la terre. Ils armèrent donc bien vite quatorze galères, et les garnirent des plus hautes gens des Vénitiens et de tous les barons de l'empereur.
478. En l'une entra Gonon de Béthune et ses gens-, et en l'autre Geoffroi de Ville-Hardouin le maréchal et ses gens ; et en la troisième Macaire de Sainte-Menehould et ses gens; en la quatrième Milon le Brebant; et en la cinquième Anseau de Cayeux; et en la sixième Thierri de Loos, qui était sénéchal de Romanie; et en la septième Guillaume du Perchoi; et en la huitième Eustache le frère de l'empereur. Et ainsi l'empereur Henri mit par toutes ses galères ses meilleures gens. Quand elles partirent du port de Constantinople, toutes les gens qui les virent dirent bien que jamais galères ne furent mieux armées ni de meilleures gens. Et ainsi fut retardée à cette fois la marche sur Andrinople.
479. Et ceux des galères s'en allèrent en aval du Bras, droit vers Equise. Je ne sais comment le sut Esturion, l'amiral des galères de Théodore Lascaris : il partit d'Equise et s'en alla, et s'enfuit en aval du Bras. Et les autres le poursuivirent deux jours et deux nuits jusque hors de Bouche d'Avie, pendant quarante milles. Et quand ils virent qu'ils ne le pourraient atteindre, ils tournèrent en arrière et revinrent en Equise, et trouvèrent Pierre de Bracieux et Payen d'Orléans; et Théodore Lascaris avait délogé de devant, et était retourné en sa terre.
Perche. — -'< A. les. — s CDE ajoutent Relies estoient tien alournées ne. — '"■ B, etc.. respitie;. 4-79' — * A-, ne sa. — 2 A. galles et Toldres. — 3 c ajoute contrerai le Bras. — » A, ne por oient atendre ; B, etc.. ne les poroient atainJre. — S CDiï omettent arrière et revindrent. — ! A seul donne et Païen d'Orliens.
rue7 Equise com vos oez; et cil desgalies s'en tornerent arriéres en Costantinoble, et ratornerent lor oirre vers Andrenople.
480. Toldres li Ascres envoia le plus de sa gent ' en la terre de Nichomie. Et la gens Tierri de Los, qui avoient fermé le mostier Sainte Sofie, et estoient'2 dedenz, mandèrent lor seignor et l'empereur3 que il les secorust; que se il n'avoient4 secors, il ne se poroient tenir, et ensorquetot si n'avoient point de viande. Par fine destrece convint l'empereor Henri, et sa gent, que il laissast"' la voie d'aler à Andrenople, et que il pasast le Braz Saint George devers la Turquie, à tant de gent cum il pot avoir, por1'1 secorre Nichomie.
481. Et quant la gens Toldre l'Ascre l'oïrent que il venoit, si revuidierent1 la terre, si se traistrent arrière vers Niqué-la-Grant. Et quant l'empereres le sot, si prist son conseil3; et fu li consels tels que Tyerris de Los, li seneschaus de Romenie, remanroit à Nichomie à toz ses chevaliers et à toz ses serjanz por garder la terre, et Machaires de Sainte Manehalt al Caracas, et Guillaumes del Perchoi en Esquise3, et cil desfendroient la terre endroit als.
482. Lors s'en râla l'empereres Henris en Constantinoble al remainant de sa gent, et ot empris' de rechief de movoir'2 por râler vers3 Andrenople. Et endementiers qu'il atorna son oirre, Tierris de Los li seneschaus, qui ereà Nichomie'1, et Guillaumes del Perchoi, à totes lor genz'', alerent forer un jor. Et la genz Toldre l'Ascre le sorent; si les sorpristrent et lor corurent sus. Si furent mult grant gent, et cil8 furent pou-, si comença li estors et la mellée : ne demora mie longuement que7 li pou ne porent endurer le trop.
483. Mult le fist bien Tyerris de Los et sa gens; et fu abatuz deus
17'). — 7 C. etc.. rescousse.
4S0. — 1 ABF ajoutent à toute sa force. — 2 AF, et cil qui estoient. — 8F omet et l'empereor; B, leur seigneur Henri; C, lor signour l'empereour Henri. — * A. n'auroient. — t A, laissa;
CHEF, laissassent et ensuite passassent. — G A omet/w.
PREMIÈRE DÉLIVRANCE DE NICOMIE. 28g
Ainsi que vous l'avez ouï fut secourue Equise; et ceux des galères s'en retournèrent en Constantinople, et se remirent à préparer leur marche vers Andrinople.
CXII. L'empereur délivre deux fois Nicomie assiégée par Théodore Lascaris.
4^0. Théodore Lascaris envoya la plupart de ses gens en la terre de Nicomie. Et les gens deThierride Lo'os, qui avaient fortifié l'église de Sainte-Sophie, et qui étaient dedans, mandèrent à leur seigneur et à l'empereur qu'il les secourût; car s'ils n'avaient du secours, ils ne pourraient tenir, et surtout ils n'avaient pas de vivres. Par pure détresse il fallut que l'empereur Henri, avec ses gens, laissât la voie d'Andrinople, et qu'il passât le Bras de Saint-Georges devers la Turquie, avec autant de gens qu'il en put avoir, pour secourir Nicomie.
481 . Et quand les gens de Théodore Lascaris ouïrent qu'il venait, ils vidèrent la terre, et se retirèrent en arrière vers Niké la Grande. Et quand l'empereur le sut, il tint conseil; et le conseil fut tel que Thierride Loos, le sénéchal deRomanie, demeurerait à Nicomie avec ses chevaliers et ses sergents pour garder la terre, et Macaire de Sainte-Menehould au Caracas, et Guillaume du Perchoi en Equise; et qu'ils défendraient la terre en leur endroit.
482. Alorsl'empereur Henri s'en retourna en Constantinople avec le reste de ses gens, et entreprit derechef de partir pour aller vers Andrinople. Et pendant qu'il préparait son départ, Thierri de Loos le sénéchal, qui était à Nicomie, et Guillaume du Perchoi, avec leurs gens, allèrent un jour fourrager. Etlesgensde Théodore Lascaris le surent; ils les surprirent et leur coururent sus. Et ils étaient beaucoup de monde, et les nôtres peu; ainsi commencèrent le combat et la mêlée : avant qu'il se passât longtemps, le petit nombre ne put endurer le grand.
483. Thierri de Loos se montra fort bien, et ses gens aussi ; et il
481. — 1 A. revmdoient. — - B. etc., prist conseil à ses barons. — 3 A. Esquilli.
482. — 'B, entreprist; CE, et repris! gent ; D, remprist. — - A, d'aler movoir. — 3 C , aler secourre. — 4 CDE omettent li seneschaus, etc. — s CDEF omettent à totes lor gens. — c CD, et no gens; F, li Franc. — 7 CDEF, car en donnant la melle'e pour sujet à demora.
2(jO CONQUETE DE CONSTANTINOPLE.
foiz, et par force le remontèrent sa gens1. Et Guillaumes del Perchoi lu abatuz et remontez, et fu rescous1-. Mais ne porentcele fole:1 souffrirai lurent desconfitli Franc'1. Làfu prisTyerris de Los, et navrez parmi le vis, et en aventure de mort; là fu pris li plus'' de sagent avec lui, que pou en eschapa. Et Guillaumes del Perchoi en eschapa sor un roncin, navrez en la main. Et ensi se recuillirent el mostier Sainte- Sophie cil qui en eschaperent de la desconfiture.
4K4. Cil qui ceste hystoire1 traita ne sot- s'il fu à tort ou à droit, mais il en oï un chevalier blâmer ;!, qui avoit à nom Ansols de Rémi, qui ère hom liges Tyerri de Los le seneschal, et chevetaines de sa gent, et le guerpi 4.
4.85; Et lors pristrent un message cil qui furent1 à Nichomie'' au mostier Sainte-Sophye retorné (Guillaumes del Perchoi et Ansols de Rémi), et l'en envoierent bâtant en Constantinoble à l'empereor Henri ; et li mandèrent qu'ensi ère avenu, que pris ère li seneschaus et sa gens, et il estoient assis au mostier Sainte Sofie à Nichomie3, et n'avoient mie viande à plus de cinqjors; et seustde voir que se il nessecoroit4, que il estoient mort et pris. L'empcreres, autresi cum5 à cri'1, passe le Braz Saint George, il et sa gens, qui ainz ainz7, qui mielz mielz, por secoure celsde Nichomie. Et ensi fu remese la voie8 d'Andrenople à celé foiz9.
48G. Et quant Tempereresot passé le Braz Saint-George, si ordena ses batailles, et chevaucha par ses jornées tant que il vint à Nichomie. Quant lagensToldre l'Ascreet si frère l'oïrent', qui tenoient l'ost, si se traistrent arrière, et passèrent la montaigne d'autre part devers Nique. Et l'empcreres se loja d'autre part Nichomie-, en une mult bêle praerie sor un Hum, par devers la montaigne. Et fist tendre ses très et ses paveillons3, et fist corre sa gent par le païs (quar ilsere-
4.83. — ' B omet el fu al\itu;. etc. — ; - CI)fi omettent et fit rescous. — ;' B, ne sepot celé ehose ; CE, et ne porent cel ester : l> remplace et par mais; A omet l'un et l'autre. — 4 CDE ajoutent TierriS Je Los et (imitâmes Jeu Percoi; li ajoute de plus et sa gent après 1 terris Je Los. — :i A omet li plus.
i n 1 . — 1 CDE, ceste œvre. — - A. ne ssul. — ' F, cil qui c.'sie estotre treita il oublia un chevalier. — 1 A seul donne et le guerpi.'