ENTREVUE DE HENRI ET DE BONIFACE
Blaques du pays s'y étaient assemblés, et combattirent contre eux, et leur firent bien grand dommage et d'hommes et de chevaux. Et ils furent bien près d'être déconfits, et de toute nécessité les chevaliers durent se mettre à pied. Et toutefois par l'aide de Dieu ils s'en revinrent au camp; mais ils avaient reçu grand dommage.
494. Et le lendemain, l'empereur Henri et l'armée des Français partirent de là; et ils chevauchèrent dans leurs journées tant qu'ils revinrent à la cité d'Andrinople. Et ils y mirent la provision qu'ils amenaient de blés et d'autres vivres; et l'empereur séjourna bien quinze jours dans la prairie hors de la ville.
CXV. Hommage lige de Boniface à l'empereur, et de Geoffroi de Yille-Hardouin à Boniface.
495. En ce temps, Boniface le marquis de Montferrat, qui était à la Serre, qu'il avait refermée, fit des chevauchées jusqu'à Messinople, et la terre se rendit à son commandement. Alors il prit des messagers, et les envoya à l'empereur Henri, et lui manda qu'il lui parlerait volontiers sur le fleuve qui coule sous la Quipesale. Et ils n'avaient jamais eu moyen de parler ensemble, jusqu'à ce que la terre fut conquise; car il y avait tant de leurs ennemis entre eux que l'un ne pouvait venir à l'autre. Et quand l'empereur et son conseil ouïrent que le marquis Boniface était à Messinople, ils en furent bien joveux. Et l'empereur lui manda par le retour des messagers qu'il irait lui parler au jour qu'il lui avait indiqué.
496. L'empereur s'en alla ainsi de ce côté, et laissa Conon de Béthune pour garder la terre à Andrinople avec cent chevaliers. Et ils vinrent là où le jour était pris, en une très belle prairie près de la cité de la Quipesale; et l'empereur vint d'un côté et le marquis de l'autre, et ils se rencontrèrent avec bien grande joie ; et ce n'était pas merveille, car ils ne s'étaient pas vus depuis longtemps. Et le marquis
CF. Quipesale; D, l'Eskipesale ;EG. Kipesale. Cette ville est située près du fleuve Marizza. l'ancien Hebrus. — * A, il ne pooient venir as autres; F, qu'il ni pooient avenir en mile menire. — 5 A. il t. — 6 F omet al jor, etc.