‹ Conquête de ConstantinopleChapitre 3 sur 326 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

leur du Livre des vassaux du comté de Champagne. Depuis la publication de son ouvrage, ce jeune savant a découvert une liste des vassaux de la châtellenie de Troyes, dressée vers i ifj, et sur laquelle figure un Geoffroi de Ville-Hardouin. Si ce personnage était notre historien, il y aurait lieu de reculer sa naissance jusqu'à l'an i iSo , et de reporter un peu en arriére celle de son frère aine.

Quoi qu'il en soit, Vannée i i5n est une limite extrême qu'aucun de ses biographes n'a été tenté de franchir; et la raison en est facile à concevoir. Quiconque lira la suite de ses récits, et le verra tour à tour chargé de missions lointaines ou prenant une part active à tous les combats, sera naturellement amené à croire qu'il était encore à la force de l'âge, et capable de supporter les fatigues de la guerre. D'un autre côté , la confiance qu'il inspirait à ses compagnons d'armes, soji influence dans les conseils, son habileté comme négociateur, montrent asse- qu'il devait être en pleine maturité, en sorte que c'est se maintenir dans la vraisemblance que de placer la naissance de Geoffroi de l 'ille-Hardouin entre les années i iSo et 1 164.

Après avoir exposé ce qui est possible ou probable, j'en reviens à ce qui est certain et incontestable. Je rappelle que Geoffroi de Ville-Hardouin, en admettant qu'il ne faille pas le reconnaître dans le vassal inscrit en 1 if-2 sur la liste de la châtellenie de Troyes, était du moins majeur en 1 185 , et âgé de trente-cinq ans quand il se croisa, en 1 igg , au tournoi d' Ecry-sur- Aisne. Il n'était donc pas de ceux qui avaient pu céder sans réflexion à la voix d'un prédicateur éloquent. Arrivés à cet âge, les hommes d'un cœur ferme et d'un esprit éclairé ne fout rien à la légère , et n'obéissent pas à la foi sans consulter la raison. Ou comprend mal l'histoire en général, et les croisades en particulier, quand on se figure des générations entières agissant à l'aveugle et se plaçant connue en dehors du sens commun. Sans doute ce n'étaient pas les calculs d'une politique réfléchie qui conseillaient et préparaient ces lointaines expé-

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