‹ Conquête de ConstantinopleChapitre 70 sur 326 · SORTIES DES GRECS · texte numérisé non relu

SORTIES DES GRECS

tout le camp de bonnes palissades et de bonnes pièces de bois et de bonnes barrières; et ils en furent ainsi beaucoup plus forts et plus sûrs. Les Grecs leur faisaient si souvent des sorties qu'ils ne les laissaient pas reposer; et ceux du camp les repoussaient arrière bien rudement; et toutes les fois qu'ils sortaient, les Grecs y perdaient.

r6y. Un jour les Bourguignons faisaient le guet, et les Grecs leur firent une sortie; et une partie de leurs meilleures gens sortit hors des murs. Et ceux du camp leur coururent sus , et les repoussèrent dedans bien rudement; et ils les menèrent si près de la porte qu'on leur jetait sur eux des pierres de grand poids. Là fut pris un des meilleurs Grecs de la ville, qui eut nom Constantin Lascaris; et Gautier de Neuilly le prit tout monté sur son cheval. Et là Guillaume de Champlitte eut le bras brisé d'une pierre; et ce fut grand dommage, car il était bien preux et bien vaillant.

168. Tous les coups et tous les blessés et tous les morts, je ne vous les puis redire; mais avant que le combat finit, vint un chevalier de la suite de Henri, le frère du comte Baudouin de Flandre et de Hainaut, qui avait nom Eustache du Marchais; et il n'était armé que d'une veste rembourrée et d'un chapeau de fer, son écu à son cou; et il se montra si bien en les repoussant, qu'il en remporta grand honneur. Il y avait peu de jours qu'on ne fît des sorties, mais je ne puis vous les raconter toutes. On tenait les nôtres de si près qu'ils ne pouvaient dormir, ni se reposer, ni manger, sinon armés.

1 bq. Les Grecs firent une autre sortie par une porte au-dessus , où ils perdirent encore assez. Mais là fut tué un chevalier qui avait nom Guillaume du Gi; et là Mathieu de Walincourt se montra très bien, et perdit son cheval qui lui fut tué au pont de la porte; et beaucoup qui furent à cette mêlée se montrèrent très bien. A cette porte audessus du palais de Blaquerne, par où ils sortaient plus souvent, Pierre de Bracieux se fit plus d'honneur que personne, parce qu'il était logé plus près et qu'il y vint plus souvent.

no. — ,; B. que l'en ne le veist aus assaillies. — " BCDE omettent ne reposser ; F ajoute ne boivre. 161). — ' A. defors; CE ajoutent amont; B, amont là ; F, une autre parle qui estoit en mont. — SB, delgi; tt>E,d'Ogi; F. d'Ongi. — 3 Bomet qui lifumors. — 4 CDE omettent qui lifu mors jusqu'à celé porte; F n'a pas celte lacune. — S BCDF. soventfors ou hors. — 6 C. venait à lavani . B omet et plus sovent i arint.

q6 CONQUETE DE CONSTANTINOPLE.

i 70. Ensi lor dura cil périls et cil travaus près de dix jorz, tant que un joesdi maitin fu lor assaus atornez, et les eschieles; et li Venisien rorent le lor appareillié1 par mer. Ensi fu devisez li assaus que les trois batailles des sept garderoient l'ost par defors-, et les quatre iroient à l'asaut. Li marchis Bonifaces de Monferat garda l'ost par devers les chans, et la bataille des Borgoignons, et la bataille des Champenois15, et Mahius de Monmorenci. Et li cuens Baudoins de Flandres et de Hennaut ala assaillir, et la soe gens, et Henris ses frères '' ; et li cuens Loeys de Blois et de Chartein , et li cuens Hues de Saint Pol, et cil qui à els se tenoient, alerent à l'asaut5.

171. Et drecierent à une barbecane deus eschieles enprès la mer ; et li murs fu mult garniz d'Englois et de Danois1 , et li assauz forz et bons - et durs. Et par vive force montèrent des3 chevaliers sor les eschieles et dui serjant'1, et conquistrent le mur sor als; et montèrent sor le mur bien quinze', et se combatoient main à main as haches et as espées. Et cil dedenz se refforcierent'1 mulr, si les metent fors mult laidement, si que il en retindrent deus7. Et cil qui furent retenu de la nostre gent, si furent mené8 devant Tempereor Alexi-, s'en fu mult liez. Ensi remest li assauz devers les François-, et en i ot assez de bleciez et de quassez; s'en furent mult irié li baron9.

172. Et li dux de Venise ne se fu mieobliés1-, ainz ot ses nés et ses vissiers et ses vaissiaus ordenez d'un front, et cil fronz duroit bien trois arbalestrées; et comencent - la rive à aprochier qui desoz les murs et desoz les tors*estoit;;. Lors veissiez mangoniaus giter des nés et des vissiers, et quarriaus d'arbalestre traire, et ces ars traire1

170. — 1 CE. les lor ataurnées: I). les leur atournés ; F, le leur atourné ; B. furent arouté. — 2 B, que des sept batailles qui y estaient, démarraient les trois qui garderaient l'ost par dehors. — :> B. les batailles des Bergoingnons et des François; DE, la bataille des Bourghegnons et la bataille des Champenois; A. .'.! bataille des Champenois et des Borgoignons i C. /;' bataille des Bour geignons et des Chanpeignoi^. I-a leçon de DE vaut mieux : les Champenois formaient un corps à part (§ i5ii. — 4 B omet et Henris ses frères. — SB omet alerent à l'asaut.

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