‹ Conquête de ConstantinopleChapitre 73 sur 326 · ALEXIS PRESENTE LA BATAILLE · texte numérisé non relu

ALEXIS PRESENTE LA BATAILLE

cinq tours, et qu'ils sussent en vérité qu'on ne les pouvait reperdre. Les barons sont si joyeux qu'ils ne peuvent croire que ce soit vrai; et les Vénitiens commencent à envoyer au camp en bateaux chevaux et palefrois d'entre ceux qu'ils avaient gagnés dans la ville.

1 76. Et quand l'empereur Alexis vit qu'ils étaient ainsi entrés dans la ville, il commença à envoyer ses gens contre eux en si grande quantité qu'ils virent bien qu'ils ne leur pourraient résister. Ils mirent donc le feu entre eux et les Grecs; et le vent venait de devers nos gens; et le feu commença à devenir si grand que les Grecs ne pouvaient voir nos gens. Ainsi se retirèrent-ils à leurs tours qu'ils avaient saisies et conquises.

XXXVII. L'empereur Alexis présente la bataille, et se retire sans attaquer.

1 77. Alors l'empereur Alexis de Constantinople sortit avec toutes ses forces de la cité, par d'autres portes qui étaient bien à une lieue loin du camp; et il commença à sortir tant de gens qu'il semblait que ce fut le monde entier. Alors il fait ordonner ses corps de bataille dans la plaine, et ils chevauchent vers le camp; et quand nos Français les voient, ils courent aux armes de toutes parts. Ce jour-là, Henri le frère du comte Baudouin de Flandre et de Hainaut faisait le guet pour les engins devant la porte de Blaquerne, avec Mathieu de Walincourt et Baudouin de Beauvoir, et leurs gens qui se tenaient à eux. En face d'eux, l'empereur Alexis avait préparé des gens en grand nombre pour sortir par trois portes, pendant que lui se jetterait dans le camp d'un autre côté.

1 78. Et alors sortirent les six corps de bataille qui furent ordonnés, et ils se rangèrent par devant leurs palissades; et leurs sergents et leurs écuyers à pied par derrière les croupes des chevaux, et les archers et les arbalétriers par devant eux; et ils firent un corps de bataille de leurs chevaliers à pied, dont ils avaient bien deux cents qui

177. — 1 CHEF, par une autre porte. — - CDEE. demie lieue. — 8 C, nos gens. — *B. le guet. — ■ A omet as engins, etc. — '> A. Helvoier.— ? A, cou il se feraient; CD, et Use ferraient; V.por ferir , B,qui s'atornoient pour issir hors par trois portes, et seferroient.

178. — • C. set. — - CDEF, sor les cropes; V> omet par derrière, clc.

lor lices; et fu mult granz sens-, que se il alassent à la campaigne assembler à els, cil avoient si grant foison de gent, que tuit fuissiens 3 noie entr'aus.

i 79. Il sembloit que tote la campaigne fust couverte de batailles-, et venoient le petit pas tuit ordené. Bien sembloit perillose chose-, que cil n'avoient que six batailes, et li Grieu en avoient bien quarante; et ' il n'i avoit celi qui ne fust graindreque une des nos -'. Mais li nostre estoient ordené en tel manere que on ne pooit à els venir, se par devant non. Et tant chevaucha l'enperiere Alexis qu'il fu si près que on traioit :i des uns '< aus autres. Et quant ce oï il dux de Venise, si fist ses gens retraire et guerpir les tors que il avoient conquises, et dist que li voloit vivre ou morir avec les pèlerins. Ensi s'en vint devers l'ost, et descendi il meismes toz premiers 5 à la terre, et ce que il i en pot traire de la soe gent fors 6.

1 No. Ensi furent longuement les batailles des pèlerins et des Grius vis-à-vis; que li Gré ne s'osèrent venir ferir ' en lor estai, et cil ne volrent eslongnier les lices. Et quant l'empereres Alexis vit ce, si comença ses genz à retraire; et quant il ot ses gens râliez ~, si s'en retorna ariere 3. Et quant ce vit li hos des pèlerins, si comença à chevaucher le petit pas vers lui ; et les batailles des Grés comencent à aler en voie ; et se traistrent ariers à un palais qui ère apelez li Philippos 4.

181. Et sachiez queonques Diex ne traist de plus grant péril nule gent con il fist cels de l'ost cel jor; et sachiez qu'il n'i ot si hardi ' qui n'aust grant joie. Ensi se remest celé bataille cel jor - ; que plus n'i ot fait, si con Diex le volt :i. L'empereres Alexis s'en retorna s en la vile, et cil de l'ost alerent à lor herberges : si se désarmèrent, que'erent mult las et travaillié; et poi mangierent et poi burent, car poi avoient de viande.

17S. — '■> B. eussent este; CDEF, fuissent ; A, feissiens.

170. - 1 A. soixante que. — - A. des lor. — '■> CDE, on pooil bien traire; F. bien parent- — 4 BCDE, des unes batailles. — •'» A seul donne to\ premiers. — (> F, et ee .ju'il rot mètre hors de sa gent, il mist.

180. — 1 CDE. ne les osaient asalir ou venir assaillir. — - B. etc.. à toutes ses batailles orde-

Page 1