‹ Conquête des Gaules analyse raisonnée des Commentaires de Jules CésarChapitre 25 sur 40 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

camp romain que ceux envoyés par les Éduens et les Séquanes.

C’est entre le faubourg de Luxeuil et Meurecourt que se donna la bataille. On y exhume tous les jours des ossements humains, témoignage muet de cette grande et mémorable défaite des Germains.

Les restes de leur armée prirent la fuite et gagnèrent sans s’arrêter le Rhin, qui était à 75 kilomètres environ du champ de bataille.

César les poursuivit avec ses légions. 11 était à la tête de la cavalerie lorsqu’il eut le bonheur de délivrer lui-même son envoyé Procillus. S’il ne mentionne aucun obstacle provenant de chemins étroits et de montagnes, c’est que l’ennemi, au lieu de s’en retourner du côté où il était venu , suivit la route antique signalée pour la première fois par M. E. Clerc, de Besançon, laquelle passait par Baudoncourt, Lantenot, Châlons-Villars, Belfort, Altkirch et Saint-Louis.

On comprend, depuis la découverte de cette voie, que sous Julien les Germains aient pu se rendre de Basilia (Bâle) à Langres seulement en quatre jours de marche.

César se trouvait alors près du Rhin, sur les terres que les Séquanes avaient concédées à Arioviste; aussi dit-il qu’il ramena son armée en Séquanie.

Ses six légions durent se porter sur Montbéliard, d’où quatre d’enfre elles allèrent fonder près du Doubs le camp de Baume-les-Dames et celui d’Orchamps, devenu l’ancienne station de Crustina.

Quant au campement des deux autres, et à défaut de données historiques positives, nous suivrons la tradition qui a existé de tout temps à Luxeuil, à savoir qu’après la poursuite des Germains Labiénus vint occuper l’enceinte dans laquelle César s’était retranché avant la bataille, et qu’on lui doit même la découverte des eaux thermales qui ont fait la réputation de la contrée. Nous serions d’autant moins surpris de l’exactitude de cette tradition que Luxovium a toujours été

sous le régime impérial un point stratégique fortifié pour arrêter les Germains.

César était allé en Italie pour y tenir les états. C’est à peu près ce qu’il dira à la fin de chaque campagne, sans indiquer la ville où se réunissait cette assemblée. Nous trouvons dans Suétone (1) que c’était à Ravenne, antique cité fondée par les Thessaliens et conquise deux cent trente-quatre ans avant Jésus-Christ par Rome, qui en avait fait la capitale de la Cisalpine.

( 1 ) In Cœsaris vit.

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