‹ Conquête des Gaules analyse raisonnée des Commentaires de Jules CésarChapitre 4 sur 40 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

les Helvii (de Viviers), après eux les Rutènes provinciaux, dont la ville principale était Albi ; ensuite les Tolosates (de Toulouse); à l’ouest étaient les Aquitains de Lectoure, d’Àuch et de Conserans; au midi, la Province avait pour limites la Méditerranée et les Ibères, qui en étaient séparés par une ligne tirée de Port-Vendres ( Portas Veneris) à Conserans.

César avait désiré joindre la Transalpine à son gouvernement de la haute Italie, prévoyant qu’elle lui donnerait sujet de faire la guerre et de créer une armée brave, aguerrie et dévouée à sa personne. 11 ne projetait pas encore de détruire la constitution de son pays, bien qu’elle fût viciée depuis que le sénat subissait le joug des factions. 11 enviait seulement la gloire des premiers généraux de la république et voulait les égaler par ses hauts faits, noble ambition que justifieront dix années de rudes travaux et de conquêtes. Pompée vit bientôt qu’il aurait un rival ; de là ses menées près du sénat pour faire rejeter toutes les demandes de César, ne prévoyant pas que par sa haineuse opposition il mettait en jeu sa propre fortune, celle de Rome et du monde entier.

Les entreprises des Helvetii (Helvétiens ou Helvètes) vinrent heureusement servir le proconsul et contribuer à l’exécution de ses projets. La Gaule ultérieure, dit-il, est divisée en trois parties, composées de l’Aquitaine, de la Celtique et de la Belgique. L’Aquitaine s’étend de la Garonne aux Pyrénées et de la partie de l’Océan qui baigne l’Espagne à la frontière de la Province romaine.

La Celtique est entre le Rhône, la Garonne, l’Océan, la Seine et la Marne. Ces deux derniers cours d’eau la séparent des Belges. Elle s’étend à l’ouest jusqu’au Rhin , ayant pour limites septentrionales celles des Lingons et des Séquanes (peuples de Langres et de la Franche-Comté).

Les Belges, qui commencent aux frontières des Celtes, s’avancent jusqu’à l’embouchure, du Rhin et regardent le nord et l’orient.

Les Helvétiens sont bornés d’un côté par ce fleuve, qui les sépare de la Germanie; d’un autre par le mont Jura, placé entre eux et les Séquanes : qui est inter Sequanos et Helvetios ; et enfin parle lac Léman (de Genève) et le Rhône, qui coule entre l’Helvétie et la Province romaine : tertia lacu Lemano et flumine Rhodano qui Provinciam nostrarn ab Helvetiis dividit.

Cette description est positive , et il nous importe surtout d’établir que les Helvétiens possédaient la portion de territoire comprise entre le Jura, le lac de Genève et le Rhône, c’est-à-dire les plaines qui s’étendent du côté de Gex, de Coppet, et courent, en se rétrécissant, jusqu’au Pas-de-la- Cluse, maintenant le Fort-de-l’Écluse.

Le Rhône séparait dans ces contrées les Helvètes des

Allobroges : Helvetiorum inter fines et Allobrogum

Rhodanus finit. Ceux-ci faisaient depuis peu de temps partie de la Province, nom que les Romains donnaient à tous les pays conquis qu’ils annexaient à leur république. Ceci s’accorde avec ce que vient de dire l’historien : que la Gaule celtique indépendante ne commençait qu’au Rhône.

Genève était, vers le nord, le dernier oppidum des Allobroges. Le pont de cette ville touchait au territoire des Helvètes : Extremum oppidum Allobrogum est proximum-

que Helvetiorum finibus Geneva ex eo oppido pons ad

Helvetios pertinet. Ces détails géographiques serviront à l’intelligence de ce qui va suivre.

Les Helvètes, trop à l’étroit sur leurs terres, avaient depuis plusieurs années conçu le projet d’aller s’établir dans la Gaule. L’ambitieux Orgétorix, l’un de leurs principaux citoyens, les entretenait dans cette idée, espérant arriver à la royauté. Ayant eu mission de rechercher l’alliance des nations voisines : adeas res conficiendas Orgétorix diligitur, il passa en Séquanie et persuada à Casticus, fils de Calamantalède, qui avait régné sur ce pays, de succéder à son père. 11 alla nouer les mêmes intrigues chez les Ëduens, près de lJum-

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