‹ Conquête des Gaules analyse raisonnée des Commentaires de Jules CésarChapitre 8 sur 40 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Les Ségusiaves, peuples du Lyonnais, avaient pour ville principale Feurs ( Forum Seyusianorwn). Leur port, sur la Saône, était Lugdunum , où ils tenaient leurs navires. Quelques-uns leur donnent des terres sur la rive gauche , peutêtre d’après ce passage de Strabon : « Le Rhône , après être descendu des montagnes de la Germanie , coule entre les terres des Ségusiaves et des A llobroges , puis devant Lyon après s’être joint à la Saône : KaTtXDw» cl tîç Ta 7r£Cta TÎjç yîipaç TÎjî ’AXXoëpîviov xai 2 ey o<ti * v “ v 0 U|x 6 <xXXic T« "Apxpi xaT& AouySouvov TtoXtv t5v SEyouiaviSv. »

Ce texte est implicitement corroboré par cet autre du même auteur, disant que la Saône, qui prend sa source dans les Alpes, sépare les Séquanes des Éduens et des Lingons :

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xal Ai^xaufouî. 11 est évident que si à la suite des Éduens il n’a pas cité les Ségusiaves , c’est que de son temps la Saône coulait à travers les terres de ces derniers. 11 n’en était pas de même à l’époque de la conquête , puisque César dit que le Rhône sépare les Séquanes de la Province romaine, c’està-dire des Allobroges : quum Sequanos a Provincia nostra Rhodanus divideret.

Les Séquanes ou leurs clients s’étendaient donc au midi jusqu’au Rhône, et touchaient vers l’ouest à la Saône. Alors César ne dut pas camper sur la rive gauche de cette rivière, qui n’appartenait pas aux Ségusiaves, bien que ce soit de ce côté qu’il attaquera les Helvètes. Nous pensons que, après être entré à Lugdunum, il s’établit à 5 kilomètres à l’ouest de cette ville, sur le territoire accidenté des communes d’Écully, de Tassin et de Craponne, où existent les restes du seul camp romain qui se voie chez les Ségusiaves et que l’on doit attribuer à ce passage de César, puisque ni lui ni ses lieutenants n’y ont jamais séjourné à aucune autre époque.

Il apprit bientôt que les Helvéticns avaient franchi la route difficile du Jura, traversé les terres des Séquanes, d’où

ils étaient passés sur celles des Éduens dont ils ravageaient les campagnes : Helvelii jnm per angustias et fines Sequanorum transduxerant , et in Æduorum fines pervenerant , eorumque agros populabantur .

Les Éduens , voyant qu'il leur était impossible de se défendre, envoient des messagers à César pour lui demander assistance et lui exposer que, ayant toujours été alliés du peuple romain, ils voyaient avec peine que leurs champs étaient ravagés, leurs enfants emmenés en esclavage, et leurs oppida attaqués à la vue d’une armée romaine: Ædui cum se suague ab his defendere non possent, legatos ad Cœsarem mittunt, rogatum auxilium. Itaseomni tempore de populo romano meritos esse, ut pene, in conspectu exercitus nostri , agri vastari , liber i eorum in servitudinem abduci, oppida expugnari non debuerint.

Arrivent après eux les A mbarri , amis et de même sang que les Éduens. Ils disent que leurs champs sont ravagés, et que, dans le triste état où ils sont réduits, ils peuvent à peine défendre leurs oppida : Eodem tempore quo Ædui, Ambarri quoque, necessarii et consanguines Æduorum, Cœsarem certiorem faciunt sese, depopulatis agris , non facile ab oppidis vim hostium prohibere.

A leur tour, les Allobroges, ayant leurs bourgades et leurs maisons au delà du Rhône, viennent se réfugier auprès de César et lui exposent qu’il ne leur reste plus rien que le sol : Item Allobroges , qui trans Rhodanum vicos possessionesque habebant, fuga se ad Cœsarem recipiunt, et demonstrant sibi prœter agri solum nihil esse reliqui.

César, touché de ce qu’il apprenait, ne crut pas devoir attendre pour y remédier que la ruine de ses alliés fût consommée et que l’ennemi fût arrivé chez les Santons : in Santones Helvetii pervenerint.

Nous n’avons que la combinaison de ces deux derniers textes pour comprendre la marche des Helvétiens depuis

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