MISSIONS OFFICIELLES A
Les organisateurs de cette triple invasion avaient supposé, peut-être, que la mission Plat aurait obtenu la soumission du Foutah; la colonne Audéoud survenant à ce moment pour recueillir Tacquiescement de l'Almamy, l'occupation était effective, le retour à la côte eût été Tapothéose de la conquête du Foutah- Djalon, sans coup férir.
Avec de tels moyens il était facile en effet d'obtenir ce résultat, j'avais expliqué maintes fois dans mes notes la marche à suivre, connaissant le Foutah, pour gagner la confiance de ses habitants et obtenir le droit d'occuper le pays. Il ne faut pas se reposer aveuglément dans la confiance que le sabre sufïît à tout; il ne produit ses grands effets que lorsque la bataille a été précédée d'une action diplomatique instruite. Il suffisait, pour dominer le Foutah comme on se le proposait^, d'' envoyer la colonne Audéoud dans le Labé et y de ià, d'annoncer à VAlmamy que le Labé et le Tymbi étaient désormais indépendants de son autorité. Ces deux provinces ensemble représentent plus des deux tiers de la puissance du Foutah ; leur défection eût entraîné immédiatement la défection des petites provinces, Timbo serait resté seul, impuissant, à notre discrétion.
Non seulement c'est la marche qu'il fallait suivre, mais c'est celle que j'ai suivie avec un plein succès ainsi que les événements ici rapportés vont le montrer*
Les Chefs du Labé et de Tymbi auraient accepté
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avec emprcttsement une telle proposition, ils étaient las (le la tyrannie des Alniamys; j'avais éveillé en eux Tespoir de la délivrance, ils avaient hâte de se déclarer, de jouir de l'indépendance, ils me suppliaient d'en fixer bientôt le moment.
Tout cela était facile à savoir; si Ton ne voulait pas le tenir de 1 initiative privée, il sulFisait de prendre la peine de s'en informer; tous les ofTiciers que j'ai rencontrés étaient cai)ablcs aussi bien et mieux que moi d'établir dans ce but les relations nécessaires, il fallait s'en rapporter à leur initiative et ne pas les encombrer d'instructions à priori.
La première difliculté est que les peines les plus sévères empêchent les habitants de donner le moindre renseignement au voyageur. Blanc ou Noir, assez naïf pour leur en demander; si c'est un Noir qui cherche son chemin, on s'empare de lui et il est désormais captif; si c'est un Blanc, on ne lui répond rien ou l'on cherche à le tromper, ce que les indigènes font avec adresse. Si, par surprise ou pour un cadeau, par bonté d'âme ou pour tout autre cause, le Foulah s'est laissé aller à dire le nom d'un village, à désigner un sentier, à renseigner le passant sur quoi que ce soit, bientôt arrive de Timbo l'ordre de lui donner cinquante ou cent coups de cordes, ou de Tamener prisonnier à Timbo, ce qui est pour lui le commencement de maux sans fins.
Ce sont là des difficultés fort ordinaires, on en conviendra, et d'autant plus faciles à surmonter dans le cas présent querinitiative privée avait pris la peine