ACTE II, SCÈNE VI
Va , je ne prétends pas te retirer ma foi ; Va, je ne rougis point d'une ardeur insensée: Cet amour fut long-temps mon unique pensée.
Que dis-je ? En ce moment où, pour mieux m accabler, Par un sinistre adieu tu viens de me troubler, A t'excuser encor ma faiblesse m'oblige:
Ta confiance, ingrat, n'est plus ce que j'exige; Loin de ces tristes lieux tu peux porter tes pas ; Je ne veux que la mort, ne l'obtiendrai* je pas ?
HOGBB.
Où suis» je ? malheureux !
CONSTANCE
Quoi! ta fureur balance?
Je ne me connais plus... Ah! par pitié... Constance...
CONSTANCE
Affranchis- moi, cruel, du poids de mes ennuis; Cesse de m'accabler.
ROGER
Sais-tu bien qui je suis?
Sais-tu que du destin victime infortunée , Par lui , dès le berceau , ma vie est condamnée ? Que cet hymen funeste attiferait sur toi Le fardeau des malheurs qurn accablent que moi? Déjà ma raison fuk, j'ai peine à me connaître; D'un transport renaissant jt ne suis plus le «maître . Sèche tes pleurs, Constance... Hélas! ignores-tu Qu'un seul de tes soupirs peut m'ôter ma vertu ?
a8 CONRADIN ET FRÉDÉRIC.