ACTE IV, SCÈNE III. 5i
Deux guerriers le suivaient , accablés de douleur. « Retournez, leur dît-il, vers mon libérateur; « Dites-lui qu'à ses vœux mon cœur ne peut souscrire; « Je confie à ses soins et Naple et mon empire : • Mes sujets malheureux réclament son secours; « Contre un tyran cruel qu'il les serve toujours. » A ces mots il s'éloigne.
CHARLES
O trahison! ô rage!
Eh bien! qu'avez-vous fait pour venger mon outrage?
Seigneur, quelques amis secondant mes efforts Ont saisi Go n radin prêt à fuir de ces bords.
CHARLES
Et Roger ?
DAMBOISE.
Vers le port, sire, on la vu se rendre.
CHARLES
A tant de perfidie aurais-je dû m'attendre?
Roger !... dans quel moment !... et quel est son espoir ? D'où, naît ce zèle ardent plus saint que le devoir? Croit-il, par ses exploits, colorer son offense ? D'un glaive inexorable armons notre vengeance. D'Amboise, écoutez-moi: le temps est précieux; Annoncez à Roger qu'à l'instant, en ces lieux, Son roi veut lui parler; il faut que j eclaircisse Le coupable dessein dont il est le complice.
DAMBOISE.
Sire, j'obéirai; mais, dans votre courroux, Craignez de lui fournir des armes contre vous.
'5a CONRADIN ET FREDERIC.
Modérez vos transporta : pUis calme et plus tranquille De lire dans son ame il vous sera facile.
Croyez -en mes xonseils.
G fe A ALCS.
Et comment renfermer Cette horreur qu'il m'inspire et qu'il va ranimer ? Ah ! goûtons le plaisir de confondre lè traître. Allons, de ma fureur je sens que je suis maître.
o'àHBOlSE.
Seigneur, je l'aperçois; il marche vers ces lieux.
CHARLES
Je vais donc pénétrer oe mystère odieux.
D'Ambotse , laissez-nous.
( D'dmBoise sort,)