ACTE I, SCÈNE III
Mais, seigneur, quels bienfaits attendez-vous de lui? Ne vous y trompez pas ; s'il venait à connaître Dans quel auguste rang le destin vous fit naître; S'il savait que Roger, issu du sang des rois, Peut, après Conradin, lui disputer ses droits, Vous le verriez bientôt, terrible en sa vengeance, Vous punir du forfait dune illustre naissance. Le nom de Frédéric est un arrêt de mort; Et, s'il faut vous prédire un plus funeste sort, Songez que la princesse , à l'autel entraînée , Bientôt par d'autres nœuds peut se voir enchaînée. Du bonheur d'un rival seriez-vous le témoin ?
ROGER
Ami, quittons ces lieux, mon cœur en a besoin; Le neveu de Conrad , vainqueur d'un long orage, Ne rendra point le port témoin de son naufrage. Tu m'as fait éprouver, par ce présage affreux, Que le crime est facile à l'amour malheureux !
OSVALD,
On s'avance vers nous , seigneur ; c'est la princesse.
ROGER
Pourrai^je lui cacher la douleur qui me presse ? Ami, de mon retour cours instruire le roi, Et reviens m'arracher au trouble où tu me voi.