‹ Conradin et FrédéricChapitre 8 sur 58 · ROGER, CONSTANCE, BLANCHE · texte numérisé non relu

ROGER, CONSTANCE, BLANCHE

CONSTANCE

Seigneur, à votre voix la victoire est docile ;

Votre seule présence a conquis la Sicile :

N.i pies revoit Roger, et le revoit vainqueur.

Oh ! combien son retour a consolé mon cœur !

Vous savez les dangers qui menacent mon père.

Elancé tout-à-coup des champs de la Bavière,

Le jeune Conradin , démentant son trépas,

A déjà du pontife envahi les états.

Naple est sans défenseurs , et le peuple en alarmes

N'oppose que des vœux aux progrès de ses armes.

Vous êtes son espoir; oui, votre heureux secours

De ce torrent funeste arrêtera le cours.

Hélas! à Conradin j aime à rendre justice;

Seigneur, ne pensez pas que mon cœur le haïsse.

Proscrit dès le berceau, privé presque à-la-fois

Et d'un ami fidèle et du bandeau des rois,

Ses malheurs bien souvent ont fait couler mes larmes.

Mais d'un père, avant tout, je ressens les alarmes;

11 tient ses droits de Rome , et vous devez penser Que mon père à ses droits ne veut pas renoncer. Seigneur, c est pour lui seul que ma voix vous implore.

ROGER

Princesse, votre choix et me touche et m'honore. En vain, jusqu'à ce jour, au milieu des combats, Vous m'avez vu chercher un glorieux trépas.

Sous les murs de Palerme, aux champs de la Syrie 4 La fortune jalouse a trompé mon envie.

Mourir pour vous sauver est un dernier espoir, Qu'après tant de rigueur je n'ose concevoir.

Puisse le ciel m'entendre et finir ma misère î

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