‹ Conradin et Frédéric, tragédie en cinq actesChapitre 35 sur 61 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

A la voix du remords mon cœur se soit fermé.

Non , non, de quelque espoir que je fusse animé, Quelque prix que ce jour eût promis à ma flamme,

Tu régnais , Conradin , dans le fond de mon ame.

Je voulais fuir; pour toi j’allais quitter ces bords.... Ciel, que n’ai-je écouté de trop justes remords!

Dans un affreux délire, à mon devoir parjure,

J’ai tout trahi, l’honneur, l’amitié, la nature;

De ces indignes fers c’est moi qui t’ai chargé;

Mais d’un perfide ami tu vas être vengé.

Je ne mérite plus ni pitié, ni clémence;

Et mon sang répandu doit laver ton offense. Attends... Je vais... ( il veut tirer son épée. )

CONHADIN.

Arrête, ingrat, reconnais-moi.

Quel serait mon espoir en me vengeant de toi?

Si tu fus égaré, le repentir t’excuse;

Mon destin a tout fait, et c’est lui que j’accuse.

ROGER

Non, non, tu dois punir ton barbare vainqueur.

CONRAOtH.

Lève-toi, Frédéric, ta place est sur mon cœur.

ROGE R

Conradin!.. et c’est toi que ma fureur accable!

Tu prétends m’excuser, et me rends plus coupable; Mais il est un vengeur qu’on n’appaise jamais. Ecoute : les soupçons veillent dans ce palais;

Ouvert sur tous tes pas, l’œil de la défiance Découvrirait bientôt ton rang et ta naissance;

11 faut quitter ces lieux. Cette nuit, sur les mers,

Nous fuyous.

COS RADÜTi

Quoi! tu veux?..

Partager tes revers.

CORK A D lit.

Après tous mes malheurs, la fuite est inutile.

ROGER

Don Pèdre d’Arragon t’offre encore un asyle.

CQNRiOIll,

Qu’en dois-je attendre? hélas!

ROGER

Son cœur est généreux ;

Et Dieu veille toujours sur les rois malheureux. Réponds, tu me promets...

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