CHARLES, D’AMBOISE , ROGER, CONRADIN
OSVALD, PRISONNIERS, CARDES.
CHARLES
Approche, heureux vainqueur, viens partager ma joie : La révolte est calmée, et ses fiers bataillons De leur sang à grands flots inondent nos sillons. Mais il faut l’avouer, sans toi,* sans ton courage,
Le nombre à la valeur ravissait l’avantage;
Roger seul à ma cause assure le succès ;
Et Naples pour toujours est soumise aux Français. Cependant la victoire est incomplète encore :
Le sort m’a dérobé le rival que j’abhorre;
Quelle retraite, amis, le cache à tous les yeux P . d’au BOISE.
Des prisonniers, seigneur, amenés en ces lieux Ont protégé sa fuite, et leurs aveux peut-être...
Il est vrai.
rocer, a part.
De mon trouble à peine je suis maître.
Charles, aux prisonniers.
Approchez; je veux bien admettre devant moi Quelques sujets ingrats qui m’ont manqué de foi.
4a CONRADIN ET FRÉDÉRIC.
Je ferai plus; je puis écouter la clémence.
Le sang déjà versé suffit à ma vengeance.
Délivré sans retour d’un superbe ennemi.
Je vois mon péuple libre et mon trône affermi;
Mais l’autel outragé veut une autre victime.
Pour jamais, sous vos pas, il faut fermer l’abyme; Vous le pouvez. Songez qu’aujourd’hui dans vos mains De tous vos compagnons je remets les destins.
Votre chef, en fuyant, m’en a livré dix mille.
Qu’un de vous devant moi dévoile son asyle;
Il n’a qua dire un mot, et leurs fers sont brisés.
O ciel !
roger, "bas a Conradin.
Que vas-tu faire? '
Eh quoi ! vous vous taisez?
le prisonnibr, qui a remarqué le mouvement de ■ Conradin.
Notre silence parle, et vous devez l’entendre.
Quel aveu criminel pouvez-vous donc attendre ?
Ah! seigneur, si pour nous résolu de mourir,
Le prince à vos regards venait se découvrir,
Chacun de ses amis, honteux de lui survivre,
Ne pouvant le sauver, voudrait au moins le suivre. Jugez, après cela, du succès de vos vœux.
CHARLES
Ainsi vous refusez un pardon généreux!
Tremblez, ne pensez pas que ma faiblesse admire Cette fausse vertu qu’un fol honneur inspire.