ACTE IV , SCÈNE IL
De son aspect bientôt offensera mes yeux.
Le superbe Clément, fugitif et sans suite,
Aux murs de Bénévent avait caché sa fuite.
Il s avance vers Naple, au bruit de nos exploits: Quand le danger n’est plus, vient-il dicter des lois? Quel supplice, grand Dieu! d’endurer cet outrage;
De rendre à son orgueil un flétrissant hommage !
De la triple couronne aujourd’hui décoré,
Je l’ai vu mon sujet, dans la foule ignoré.
Que veut-il?... Je ne sais, depuis l’heure cruelle Qui m’a de ses desseins confirmé la nouvelle ,
A de vagues terreurs mes sens se sont ouverts;
Je crains jusqu’aux captifs dont j’ai brisé les fers.
Ah! chassons loin de moi cette idée importune:
Que craindre désormais des coups de la fortune?
La seule nouveauté rend les peuples ingrats;
Ep ris de cette idole, ils volent aux combats.
A d’obscurs révoltés si ma bonté pardonne, Pourquoi le Ciel ♦engeur, qui protège mon trône, Ne m’a-t-il pas livré mon plus grand ennemi?
On verrait si je sais me venger à-demi.
Mais il fuit , à mes coups il se dérobe encore.