‹ Conradin et Frédéric, tragédie en cinq actesChapitre 55 sur 61 · ACTE V, SCÈNE IL Veux-tu donc sur tes pas le traîner au supplice · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IL Veux-tu donc sur tes pas le traîner au supplice

CONR iDIH.

Ah ! si ton cœur jamais a connu la justice.

Arrête, épargne-moi l’horreur de son trépas; N’immole que moi seul, je t’en conjure, hélas!

CHARLES

Votre sort est commun; je frappe ou je pardonne. CONRADIN.

Et qu’a-t-il fait? cruel! tu lui dois ta couronne;

Sans lui tu périssais, sans lui j étais vainqueur.

CHARLES

Décidez-vous enfin.

O nature! ô douleur!

Sur mes propres dangers tu m’as vu sans alarmes ; Le péril d’un ami m’arrache seul des larmes.

Vois-les couler, barbare, et te laisse attendrir.

Va, je peux, à ce prix, cesser de te haïr.

CHARLES

Ne délibérez plus, ou c’est fait de sa vie.

Eh bien ! je vais remplir ton exécrable envie.

O mânes de mon père, ô mes nobles aïeux!

Vous qui , sur votre fils, ouvrez toujours les yeux, Vous lisez dans mon cœur, vous excusez sans doute Le sacrifice affreux que l’amitié me coûte!

Me voilà prêt enfin; tu viens de l'emporter; Conradin désormais ne doit plus hésiter.

tt

Délivre Frédéric, je vais te satisfaire;

Donne.

(il s'approche d'une table , et se prépare a signer l'acte d'abdication qui lui est remis par Charles , lorsqu'il est arrêté par l'arrivée de d’Amboise .)

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