‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 109 sur 301 · PARTIE m. — CONSCIENCfi DU DEVOIR. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE m. — CONSCIENCfi DU DEVOIR. — LIVRE I

là division de nos devoirs en trois classes ! devoirs envèfs Dieu ; devoirs envers les autres êtres finis ; devoirs envers nous-mêmes.

Nous avons des devoirs envers Dieu, devoirs d'adoration et de reconnaissance. — Nous avons des devoirs envers les autres êtres finis, devoirs d'assistance,. Cei devoirs sont de deux sortes : devoirs de ne pas leur nuire et devoirs de leur être utiles. Droz \ d'après Samuel Clarke, reconnaît l'existence des uns et des autres envers toutes les espèces de ci'éatures inertes, sensibles et raisonnables. « Le disciple fidèle de cette « morale bienfaisante, dit-il, traite un arbre comme ce un être destiné à croîti-e, à porter des fleurs, à don- « ner de Tômbre et des fruits, à se multiplier. Il prend « soin, dans l'occasion, de redresser sa tige, de le rênes: dre plus utile, plus beau, de confier à la terre les « germes qui le reproduiront. Il traite Fanimal comme c< un être aimant et sensible. Il se garde de le frapper « sans nécessité*, veille à sa conservation et s'înter- « dit d'en exiger des services pour lesquels ne Ta pas « formé sa nature '. Enfin, avec un homme il se con- <K duit comme avec un être moral. Il ne le soumet « point à des volontés arbitraires. Il agit sur lui par

* PhUoiopfUe morale.

* « L'œil de Dieu, & qui rien n'échappe, a aussi un regard de père pour « le pauvre passereau qui palpite sous votre main. » (Lamennais.)

■ Bentham, blâmant avec raison les combats de coqs et de taureaux, et autres amusements cruels, disait : « Il viendra un temps où l'humanité « étendra son manteau sur tout ce qui respire. On a commencé à s*atten- « drir sur le sort des esclaves ; on finira par adoucir le sort des animaux « qui servent à nos besoins. » {Principes du Code pénal, IV* partie, chap. XVI.)

La loi du 2 juillet 1850 (appelée loi Grammont en l'honneur du nom de son auteur) a commencé à réaliser cette prévision.

a des moyens conformes à la raison , et s^occupe non a seulement de son existence physique, mais encore « de son intelligence, qu'il doit éclairer, et de son cac< ractère, qu'il doit ennoblir. » — Outre les devoirs envers Dieu et envers autrui, nous avons encore des devoirs envers nous-mêmes, devoirs réfléchis, comme disent certains moralistes ^ Ce sont les devoirs de nous conserver et de nous perfectionner.

L'accomplissement de ces trois classes de devoirs est nécessaire à Tordre général. — N'écoutons pas les sophistes qui, sous prétexte de simplifier la formule, n'imposent à l'homme que des devoirs envers luimême. En vain ils prétendraient que, si chaque homme est autorisé à employer toutes ses forces pour tendre à la satisfaction de ses désirs, l'équilibre produit par le contre-poids des forces opposées ^ l'une à l'autre, donnera la direction, c'est-à-dire la conservation, le perfectionnement et le bouheur de tous. — Cet espoir n'est qu^un rêve. L'équilibre espéré serait possible, si toutes les forces étaient égales. Mais il ne l'est pas, parce que toutes les forces sont inégales. Des êtres infiniment petits se pressent autour d'autres êtres qui occupent une place considérable. La femme, l'enfant, l'homme malade sont à côté de l'homme robuste; Tidiot à côté du penseur doué de génie. Que parle-t-on d'équilibre? Il n'y aura qu'un état de guerre universelle. Ya-t-il en sortir une direction; un moyen de conservation, de perfectionnement, de bonheur?

* Voy, Tissot, Ethique,

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