‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 119 sur 301 · PARTIE m. — CONSCIENGB DU DEVOIR. — UVRE h iS · texte numérisé non relu

PARTIE m. — CONSCIENGB DU DEVOIR. — UVRE h iS

qui non seulement obligent le débiteur à souffrir la réclamation légitime d'un créancier, mais qui obligent le créancier à faire cette réclamation.

Vous m'avez prêté 1,000 francs, vous les réclames» je vous les rends; vous êtes mon père, vous

m'imposez une punition, je l'accepte Je subis

le devoir passif, le devoir que tout le monde appelle ainsi.

Mais vous, créancier de ces devoirs contre moi, vous êtes débiteur d'autres devoirs envers autrui, envers vous-même, envers Dieu. C'est pour y satisraire que vous me demandez 1 ,000 francs, ou que, père

désolé, vous frappez ou maudissez Exercer ainsi

votre droit contre moi, ce n'est rien autre chose qu'exercer un devoir actif envers Dieu, envers autrui, envers vous-même.

Dans le devoir passif, la dette apparaît au premier plan. — Dans le devoir actif, elle apparaît au second plan.

194. Qu'on ne nous accuse pas, en préférant au mot droit le mot devoir actif, de faire des subtilités

inutiles L'homme qui se persuaderait que tous les

actes de sa vie sont des devoirs, réfléchirait plus sérieusement qu'on ne le fait d'ordinaire avant de les commettre. — Âhrens fait observer que le législateur lui-même perfectionnerait son œuvre , s'il analysait de cette manière l'essence du droit.

Il regrette que, dans les* lois positives, on néglige trop c( de considérer sous cet aspect les prétentions juc( ridiques. On méconnaît par là, dit-il, un côté très c< important du droit, la réciprocité de l'obligation et

« de la prétention : mépris qui peut avoir de funestes « résultats pour la vie sociale ' . )>

N'est-ce pas cette même théorie qui vient d'inspirer un professeur de la faculté des lettres de Caen^, lorsqu'il représente Thumanité passant par trois âges successifs, dont ie dernier réalisera l'absorption du droit dans le devoir? Voici l'aualyse que nous trouvons de cet enseignement dans la Revue des Cours publics ^ :

c< L'humanité est, à l'origine , conduite au but où c( Dieu l'appelle par ses instincts et ses passions. « C'est son premier âge.

« Elle passe de cette servitude, dont elle s^affranchit a peu à peu, mais non sans de violentes agitations, au ce régime à demi libre du droit, qui se substitue à c( l'instinct passionné et continue son œuvre. C'est c( son second âge.

a Elle finit par s'élever de cette demi-liberté à la a liberté pleine et entière, à la liberté virile, ayant a conscience d'elle-même. Elle n'a plus alors d'autre c< guide^ d'autre conseil que le devoir. C'est son troic< sième et dernier âge.

c( Ce que nous faisons, tous tant que nous sommes, c< d'abord par passion, ensuite en vertu d'un droit, ef- « forçons-nous de nous élever à cette hauteur morale Ci où nous ne le ferons que pour accomplir un devoir.

« L'instinct s'émousse, le droit change, le devoir

1 Ahrens, Cours de droit naturel, partie générale, chap. ii, S 3.

> M. Charma.

s Numéro du 30 septembre 1855.

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