‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 118 sur 301 · PARTIE III. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE III. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE I

VOIP de tuer le bandit, de poursuivre le débiteur, d'ensemencer le champ, de réparer la maison, pourra être plus ou mcfins étendu suivant les circonstances. Mais il existera, à moins qu'il ne soit dominé par un devoir supérieur. — Je n'ai pas le devoir de tuer le bandit ; mais j'ai le devoir de me conserver en tuant le bandit, dans l'intérêt d'autrui et dans le mien, et suivant la volonté de Dieu. Je n'ai pas le devoir de ruiner mon emprunteur; mais j'ai le devoir, en le ruinant s'il le faut, d'employer la somme qu'il me doit à nourrir ma femme et mes enfants, à payer mes propres créanciers. Je n'ai pas le devoir de jeter des graines dans le champ pour les jeter, ni de remuer des pierres pour les remuer ; mais j'ai le devoir de faire servir ma maison à abriter, mon champ à nourrir mes semblables et moi. — Que le capital qui m'est confié s'appelle puissance du citoyen, du père ou du mari, qu'il s'appelle créance, champ ou maison, ma paresse n'est pas innocente si je le^ gaspille sans raison justificative. Je dis : Sans raison justificative. En effet, dans tel ou tel cas, je pourrai être louable de me laisser tuer par le bandit, par exemple, en me dévouant pour un homme plus utile que moi ; riche, je pourrai faire sagement d'être généreux envers mon débiteur honnête et pauvre; citoyen, j'abandonnerai, asns être blâmé, la culture de mon champ pour courir défendre mon pays à la frontière. Pourquoi? Parce qu'alors un devoir supérieur viendra dominer un devoir inférieur .... Mais en l'absence de ce devoir supérieur, la raison me donnera l'ordre, et non pas seulement l'autorisation, de me rendre

laS CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.

apte à remplir l'ensemble de mes devoirs en conservant ma vie et en administrant sagement ma fortmie. — Essayez d'invoquer un prétendu droit, sans le rattacher à un devoir ! Vous invoquez un plaisir^ un moyen de bien-être. Votre sensibilité seule fait la demande. La raison se tait au lieu de l'appuyer. D n'est pas jusqu'^à l'action de se promener qui, considérée dans son but sérieux et non comme fantaisie, ne suppose le devoir de conserver, avec la vie et la santé, les forces que Dieu nous a données pour un usage déterminé !

192. Cette théorie n'est pas nouvelle. C'était celle des anciens auteurs de droit naturel. Parmi les modernes, Burlamaqui la reproduit' : aComme tout droit,

ce dit-il , suppose nécessairement un devoir de la part a des autres, tout droit est fondé sur un devoir réci- « ptoque. Le droit que l'honmie a de se procurer ce a qui est nécessaire à sa conservation , est fondé sur « le devoir de se conserver, sous peine de douleur et « de mort . L'homme a le droit d'acquérir, parce que «( sans acquisition il ne peut se nourrir, et que sans a nourriture il ne peut se conserver.... Si je n'étais c< pas obligé rigoureusement de conserver ma vie, je a n'aurais pas le droit de la défendre à main armée <x contre un injuste agresseur. »

193. Le véritable langage à adopter serait celui-ci : n y a des devoirs purement passifs, qui obligent seulement le débiteur à souffrir la réclamation du créancier. Il y a des devoirs à la fois passifs et actifs,

* Prine^ du droit dei gens^ (partie IH, chap, ii, et part. I, chap. vn.

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